L’optimiste

Nous sommes en janvier. Où est passé l’hiver ?
Il fait tellement beau qu’il se peut que la terre
Ignore cette année qu’existent les gelées,
La neige, le verglas : toutes joyeusetés

Que la rude saison aime nous concocter !
Mais il semblerait bien qu’on nous ait oubliés…
La Nature divague d’erreur en erreur,
Tellement perturbée qu’il n’y a pas deux heures

Un oiseau farfelu et un brin insouciant
S’est mis à entonner une trille de printemps !
Un mirage emplumé, un joli mésangeau
Qui s’essayait au chant, perché sur un rameau

Pointillé de bourgeons tout aussi optimistes ;
Car je pourrais ici amorcer une liste
De signes printaniers, tous bien trop en avance.
Petit écervelé, tu n’as pas une chance !

Retourne te cacher, nous sommes en hiver !
Même si le Midi semble se mettre au vert,
Il peut soudain geler et tu prends de grands risques !
Il reste trois longs mois ! Regarde donc le disque

Du soleil hivernal, si net, si gros, si rouge :
C’est le signe absolu qu’il faut que tu te bouges
Pour aller te cacher dans un trou bien douillet.
L’hiver est encor là, le froid est aux aguets…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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