Rien n’est jamais perdu…

Il était une fois un tout petit oiseau
Ne connaissant du temps que le froid et la bise
Du plus triste printemps qu’on ait vu dans Allauch*
Depuis la nuit des temps. Une longue pluie grise

Ne cessait de tomber depuis son éclosion.
Comme il croyait vraiment qu’ainsi allait le monde,
Il n’en souffrait pas trop, n’ayant point d’illusions.
Mais ce n’est pas ainsi que progresse la ronde

Des saisons dans l’année : il fallait que revînt,
Même en ces temps pourris, une saison normale.
Le soleil devait vivre et c’est ce qu’il advint :
Un beau matin, bizarre, une curieuse balle

Apparut dans le ciel. L’oisillon effaré
Sentit que c’était chaud comme un cœur sous des plumes,
Puis un vert émeraude apparut dans les prés,
Ponctué ça et là de minuscules lunes

De toutes les couleurs. Tout un monde inconnu…
L’oisillon s’extasiait quand soudain une oiselle
Se mit à gazouiller. Le beau temps revenu,
Elle pouvait chanter, la vie était si belle !

Notre gentil puceau sentit son cœur bondir.
Un choc époustouflant perturba sa cervelle
Quand le printemps coquin se mit à l’envahir.
Il se tourna alors vers la charmante oiselle

Et tout surpris lui-même, il entonna le chant
Irradié de soleil qu’attendait la nature.
Lors Eros s’élança par les bois et les champs
Pour unir les oiseaux. Illustre signature…

* En Provence, on prononce Allo !

A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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