L’automne frauduleux

La mer s’est étalée sur la plage tranquille
Car octobre est fini. Seuls quelques Marseillais
Allongés sur le sable, oublieux de la ville,
Profitent du soleil dont le feu anémié

A perdu sa vigueur au fil des jours plus courts.
Mais ils se sentent bien sous sa douceur sereine,
Espérant un sursis de plus en plus pérenne,
Un automne idéal qui durerait toujours.

Chuintant tout doucement, la mer se veut gentille.
Elle va, elle vient en tout petits rouleaux,
Et ce qui par moments ressemble à des sanglots
N’est dû qu’aux ricochets sur le sable qui brille,

Pointillé de mica sous le ciel toujours bleu…
Il fait tiède, il fait beau sur la plage à Marseille
Depuis plusieurs semaines, et chacun s’émerveille
De se croire au printemps. Automne frauduleux

Qui dérobe à l’Hiver avec persévérance
Une fraction du temps qui lui fut imparti !
Et il est maintenant vraiment mal réparti
Puisqu’au Sauze* là-haut la neige est en errance :

On se demande tous si l’on pourra skier !
Mais profitons du temps, doux comme en un beau rêve.
Oublions ces grincheux qui ronchonnent sans trêve.
L’hiver se fait flouer ? Sachons en profiter…

* « Ma » Station de ski dans les Alpes de Haute-Provence. Ma deuxième « maison ». Depuis des dizaines d’années…

A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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