Le moineau effronté

La Dame* et le Bébé qui dominent la ville
Sont pour le moins surpris : sur l’une des deux mains
Du tout petit enfant, un oiselet coquin
S’est posé sans vergogne, inconscient et tranquille,

Ne réalisant pas que cet acte est peut-être
Un peu impertinent car ces doigts sont sacrés
Pour moult Marseillais. Le petit indiscret
Cherche à voir de très haut l’arbre qui l’a vu naître,

Mais il est très déçu : la ville est trop immense
Et bien trop biscornue pour ses yeux de moineau.
Le nid est invisible au coeur d’un vieux bouleau
Planté depuis cent ans pour une belle Hortense…

Mais l’Enfant est gentil : du creux de sa menotte
Potelée de bébé un rayon a jailli
Jusqu’au nid bien caché dans le Parc Borelly.
Pas plus saisie que ça, la charmante linotte

S’est sitôt envolée pour retrouver les siens.
Qui a dit qu’à Marseille il ne se passait rien ?

*Notre-Dame de la Garde

A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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1 réponse à Le moineau effronté

  1. Bien sûr ! Merci…

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