La vieillesse

Un oiseau vif et enjoué
Enfermé au creux d’une cage :
Il peut chanter, ne peut voler,
Et ne doit plus qu’être très sage

Entre les barreaux qui l’enserrent.
Et le pire au fil des années,
C’est que cet étau se resserre :
Il va finir par le broyer.

Heureusement son chant est clair,
– C’est tout ce dont il est capable –
Son esprit vif comme naguère ;
Les jeunes le trouvent aimable

Et il ne doit pas trop se plaindre
De ses maux ni de ces outrages
Faits à son corps. Il pourrait craindre
Le sort d’autres vieux de son âge !

Même s’il se heurte aux barreaux,
Son intellect n’est pas touché.
Autour de lui de vieux oiseaux
Ne chantent plus et sont prostrés

Dans une infâme déchéance :
Plus d’âme, plus de corps, plus rien !
Lors il se dit qu’il a la chance
D’être encor quelqu’un de très bien !

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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