La méduse

Au creux de l’onde noire, une ombrelle nacrée
Se gonfle et se dégonfle au gré du courant chaud.
Un dôme iridescent, transparent et léger ;
Hémisphère diaphane ondoyant sous les eaux.

Dans son sillage traînent des filaments bleus,
Comme une chevelure étrange et sinueuse
Ondulant sous la mer ; flagelles vénéneux
D’une ombelle irisée, délicate et gracieuse !

Mais bientôt le courant la pousse vers la plage,
La posant sur le sable avec tact, en douceur ;
Et le temps insidieux se met vite à l’ouvrage,
Asséchant sa beauté d’un souffle destructeur.

Bientôt ne reste plus de la bulle moirée
Qu’une bouse malsaine, un petit tas bourbeux !
Elle était arc-en-ciel en Méditerranée
Et n’est plus maintenant qu’un immondice honteux.

 

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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