Attila

Le jardin d’Eulalie est tellement fleuri
Qu’elle en est toute fière. Et toutes ses amies
De la féliciter d’avoir la main si verte !
Sa porte hospitalière est d’ailleurs grande ouverte

A tous les villageois voulant le visiter.
Un endroit merveilleux visité par les fées
Dès avril, parfois mars ; où toutes les essences
Explosent en couleurs avec magnificence !

Mercredi Eulalie a reçu la visite
De son amie Anna, avec une petite
Qui l’appelait Mamoune : un tout-petit enfant
Aux cheveux blonds bouclés, aux grands yeux innocents.

Eulalie a offert une tasse de thé
Et les dames se sont mises à papoter
Pendant que la fillette errait dans le jardin…
Puis elle est revenue, un trésor plein les mains :

Une énorme brassée de fleurs, mais les plus belles !
Un bouquet gigantesque et tout aussi grand qu’elle
Qu’elle serrait très fort sur son ventre dodu.
Une razzia totale, un saccage absolu !

Eulalie crut mourir : son jardin ressemblait
Au square communal qui était tout pelé !
Cachant son émotion et sa déconfiture,
Pour se remettre un brin et fair(e) bonne figure,

Elle mit un grand coup de gnôle dans son thé !
Puis la tête à l’envers et le coeur retourné,
Elle fit des bouquets des fruits de la rapine,
Les offrant gentiment à toutes ses voisines…

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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