Après le feu…

Poème illustré par un tableau de :

Christian Bligny
www.christian-bligny.overblog.com

I
Tout était bien trop sec car il n’avait pas plu
Depuis des jours, des mois… Même pas un orage !
Puis le vent s’est levé. Ce n’était guère plus
Qu’un bon coup de mistral ! Mais le feu a fait rage…

Une odeur âcre et forte est toujours en suspens
Au-dessus du village. Un voile de fumée
Ternit le ciel trop bleu ; des rafales de vent
Secouent encor les pins aux formes torturées.

Pas bien loin la forêt n’est plus que gris espars :
Les ombres des géants dénudés par les flammes.
Le feu est passé vite en laissant les fûts noirs
Dressés et dépouillés, ravagés jusqu’à l’âme.

Le mistral meurtrier ondoie, et il enroule
Une brume puante autour des troncs noircis.
La forêt alentour n’est plus rien qu’une foule
De fantômes dressés au-dessus du sol gris.

II
Plaquée sur le ciel sombre, une énorme pastille
Rouge roux, rouge feu, est collée et scintille :
C’est le soleil du soir qui va plonger bientôt
Derrière l’horizon. Il fait encor très chaud

Mais bien moins cependant qu’il y a quelques heures.
Il rôde autour de nous une terrible odeur
De brûlé : âcre, amère et qui pique les yeux.
Des larmes de chagrin, conséquence du  feu ?

Les pompiers sont partis, la pinède est fumante.
Il faut bien surveiller car des braises dormantes
Peuvent encor jaillir des flammèches sauvages :
Il y a peu de temps l’incendie faisait rage.

Je viens de ramasser sur le sol un tesson,
Simple morceau de verre aux jolis reflets blonds,
Tout gorgé de lumière et d’un possible feu.
Tiens ! Le ciel assombri est redevenu bleu …

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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