Un hiver martégal

Depuis combien de temps n’avions-nous donc pas vu
Martigues sous la neige ? Et la  mer encombrée
De glaçons qui flottaient : la Baltique à Turku ?
Ce n’était vraiment plus la Méditerranée !

Notre port réputé pour l’extrême douceur
De son climat si doux était transfiguré.
Il régnait sur la ville une étrange torpeur
Et les vieux Martégaux, émus et sidérés,

Criaient au cataclysme et à la fin des temps.
De grands pans de banquise au Sud, dans le Midi !
La glace sur l’eau noire éclatait en craquant,
Enserrant les pointus dans un magma tout gris.

Stalactites d’argent ourlant les ponts blanchis
Et chenal grumeleux comme du lait caillé :
Plus rien n’était pareil, on n’était plus ici,
Mais sur l’autre versant d’un monde halluciné.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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