Trop chaud…

Les persiennes tirées en cabane, on s’allonge
Dans le salon bien clos où des ocelles d’ombre
Tachent le carrelage ; et peu à peu l’on sombre
Au creux d’un chaud sommeil  tout encombré de songes.

Dehors on souffre trop. La vie s’est arrêtée
Pendant une heure ou deux ; on revivra ce soir,
On est si bien ici où il fait presque noir !
Seuls s’obstinent encor de rares étrangers

Qui ont pourtant compris qu’il ne faut pas parler
Trop fort dans le Midi pendant la méridienne.
Ils marchent en silence, et leur ombre obsidienne
Est presqu’anéantie par le soleil, voilé

Par sa propre chaleur. On se laisse bercer
Par le chant des cigales gavées de soleil.
La chaleur du mois d’août accable et ensommeille
De Nice aux Pyrénées le Midi tout entier.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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