Sac au dos

 

Il était vraiment très très tôt.
Nous sommes partis sac au dos
Pour baguenauder nez au vent
Sur les versants du Garlaban.

Le temps était bénin et doux :
Pas la furie du grand mois d’août
Qui vous dévore en quelques heures,
Mais la joliesse et la douceur

D’un encor printemps presqu’été.
Ca sentait bon, on avançait
En faisant craquer sur la pente
Des plantes sèches odorantes.

Ca montait et ça descendait,
L’on se sentait dans les mollets
Une bienheureuse fatigue.
Parfois l’on mangeait quelques figues

Ou une poignée de pruneaux.
On était bien, il faisait beau …
A midi l’on s’est arrêté
Sous un grand pin empanaché

D’ombre et d’épines déjà sèches.
Quelques bouchées de tomme fraîche,
Sur du pain encor tendre et frais
Et quelques fruits couleur d’été,

Puis la sieste au creux d’un sillon.
On était bien, il faisait bon …
Et c’est alors, grande merveille !
Qu’émoustillée par le soleil

Une cigale a entonné
Son tout premier chant de l’été.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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