Passage

Poème illustré par une aquarelle de :

Roger Gobron
(1899-1985)

Passer du gris au noir : il faut s’y résigner
Pour glisser lentement de l’automne à l’hiver.
Quelles tristes saisons ! Et qu’il est loin l’été,
Cet été à venir et cet été d’hier…

Les nuits sont infinies ; l’horizon est voilé
Et souvent le brouillard rend les lignes au loin
Indécises et floues. Tout est comme estompé.
Qu’il est morne ce temps où le ciel est conjoint

A la terre embrumée par une bande grise !
Virant de l’ocre au noir, les couleurs sont éteintes.
Tout est démesuré, le vent n’est plus que bise
Et les futurs beaux jours semblent être hors d’atteinte.

La Provence assoupie qui cherche son soleil
A perdu ses couleurs éclatantes et drues.
Un ciel opaque et gris est posé sur Marseille
Encor plus défraîchie quand le beau temps n’est plus.

Il lui faut de la vie, une intense lumière
Qui la pare et la baigne de vives couleurs.
Le printemps et l’été sont ses cache-misère.
Oh ! Revienne le temps qui rallonge les heures…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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