Le collier

Poème illustré par un tableau de :

Johannes Vermeer
(1632-1675)

La belle Magali tenait de sa grand’mère
Un collier torsadé fait de l’or le plus fin :
Joli cercle posant sur son cou de satin
Un délicat réseau de grâce et de lumière.

On lui avait bien dit de ne plus le porter
Car à Marseille – hélas ! vadrouillent des voyous
En quête de forfaits. Et le moindre bijou,
Chaîne, boucle, collier… risque d’être arraché.

Elle n’écouta pas ce conseil avisé !
Alors qu’elle croisait un gamin à scooter,
Il vola son collier en la flanquant par terre,
La laissant sur le cul, furieuse et humiliée.

Le bijou ancestral se retrouva alors
Dans une poche usée, parmi moultes rognures,
Avec de vieux mouchoirs et d’immondes pelures :
La descente aux Enfers pour un joyau en or !

Or c’était un objet aux pouvoirs étonnants,
Un collier féérique, un collier enchanté
Toujours prêt à châtier tout fauteur de méfaits ;
Le gamin malfaisant en fut vite au courant !

Quand il mit dans son jean ses cinq doigts tâtonnants,
Il se mit à hurler, à baver, à trembler
En sentant dans sa poche un machin qui grouillait :
Le joyau fabuleux devenu un serpent !

Il fit une syncope… et le serpent-collier
Retourna aussitôt chez sa belle maîtresse
Qui l’accueillit ravie et avec allégresse
Car s’il était magiq(ue), c’était elle la fée…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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