Archives pour la catégorie “Cités provençales”

L’horizon est frangé d’un mauve délicat
Sous le ciel transparent, lumineux, presque blanc.
Les ruines du château, sur leur tas de gravats,
Sont empourprées de feu par le soleil levant
Avant de recouvrer leur bien triste grisaille
De pierres corrodées par le temps qui délave…
Citadelle orangée où erre la gueusaille
Des ombres oubliées, lamentables épaves
D’un lointain Autrefois maintenant effacé.
Mais le jour qui éclôt les a fait disparaître,
Et la lumière crue d’un beau matin de mai
Dissout l’ombre effrayante, en y faisant renaître
Des scintillements d’or comme des fleurs nouvelles.
Mison la médiévale est encor endormie
Au creux de son lacis de rues et de venelles
Et le jour qui s’en vient l’a lavée de sa nuit.
Sur le haut du beffroi, deux jolies tourterelles
Dorment encor, serrées en un frou-frou de plumes.
Mais il faut s’éveiller : à grands coups d’étincelles,
Le soleil triomphant vient de chasser la lune.
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Poème illustré par un tableau de :
Florine
www.florine2007.rmc.fr
C’est un plateau brûlant de la Haute-Provence
Fleurant bon la lavande et le blé moissonné.
Le vent y est hurlant, et son souffle est immense
Qui courbe les épis et les fait onduler
En vagues d’or ocré jusqu’au temps des moissons.
C’est un pays ardent et qui vrombit d’odeurs
Autour de Valensole ; et tout y sent si bon
Qu’on en oublie bien vite l’atroce chaleur
Du grand mois d’août qui bout au-dessus des champs bleus.
La fragrance azurée affole les abeilles
Zonzonnant à l’envi ; et le soleil qui pleut
Inonde le pays de ses vagues vermeilles.
Valensole en balcon en est tout alangui,
Un peu saoul, enivré d’odeurs délicieuses ;
L’air est si parfumé qu’il en est étourdi
Et s’abandonne enfin à une sieste ombreuse.
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L’âme du vieux moulin va se remettre à battre
Et dames les souris vont de nouveau s’ébattre
Au pied des sacs de grain prêt à être moulu !
On va tout rénover : le toit si vermoulu
Qu’il était tout en biais ; et les murs effrités,
Les ailes disparues, le mécanisme usé…
Le moulin de Lambesc va être comme avant
Quand on aura glané suffisamment d’argent !
Mais il faut s’arrêter car on n’a plus de sous,
Et notre Association est sens dessus-dessous
A l’idée de devoir tout ralentir encore !
Quelqu’un n’aurait-il pas une poule aux oeufs d’or
A nous prêter six mois ? Le temps de terminer !
Faites donc un effort : on a presque gagné !
Deux trois billets par-là, quelques euros par-ci !
Il s’en faut de très peu pour qu’on ait tout fini…
Et d’ici quelque temps, là-haut sur la colline,
Tout le pays viendra juger la belle mine
Du moulin rénové à force de vouloir…
Et qu’on appellera le moulin de Bertoire ?
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On est si bien ce soir assis au clair de lune
Au pied du Castellas ; le ciel doré scintille
Au-dessus du village d’Aurons où s’allument
Des feux éclaboussés de rouges escarbilles.
La brise virevolte et il fait un peu frais,
Mais nous n’en avons cure ! Il faut être patients,
Accepter ces frissons pour attendre l’été,
Sacralisé en-bas par les feux de Saint-Jean.
Dans le ciel où clignotent déjà deux étoiles,
La lune bleue s’étale, énorme et toute ronde.
Le grand soleil de juin vient de mettre les voiles
Pour aller éclairer d’autres parties du monde,
Délaissant le Midi jusqu’à demain matin.
L’été est presque là, avec sa bonne odeur
Qui rôde autour de nous : romarin, sauge, thym
Et lavande sauvage… Il est plus de dix heures,
Les feux de la Saint-Jean cliquent dans le vallon
Pour fêter le solstice. Il est vraiment très tard !
Nous allons redescendre et rentrer à Aurons
Où gicle la folie de milliers de pétards.
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Poème illustré par un tableau de :
Guesmaz
Monstres dégingandés égratignant le ciel
Et buildings élancés oscillant dans le vent,
C’est une ville-pieuvre qui croît en détruisant
La campagne blessée à coups de tracto-pelles.
Elle est faite de traits verticaux et de tours
Raides dans leurs carcans opaques et lustrés
Et reflètant un ciel âpre et désespéré.
Tout n’est plus que béton à des mille alentour.
Elle a jailli un jour avalant la lumière,
Amas de blocs hideux et de gros parpaings gris
Qui penchent de guingois sur l’eau terne et pourrie
Où du fuel irisé empègue la rivière.
Mais parfois l’arc-en-ciel se déploie sur les rives
Et l’eau miroite au pied des grands vaisseaux d’acier.
Le port ressemble alors au monde enluminé
D’avant ce monde fou qui vogue à la dérive.
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A Pierrelatte, il est un lieu
Tel une jungle sous les cieux
De la Provence. Un monde clos
Aux airs trompeurs de pays chaud.
Y gisent les corps immobiles
De mastodontes-crocodiles,
Comme des rochers monstrueux ;
D’énormes sauriens écailleux
Qui pas une patte ne bougent
Dans la vague lumière rouge
D’une aube de début du monde
Sous une fausse lune ronde.
Ils sont ainsi plusieurs centaines,
Pitoyables croquemitaines
Parqués là pour être exposés
A la vaine curiosité
De gens tout heureux de frémir
Et contempler ainsi gésir
Ces reptiles issus des Ages.
Un effroyable et beau mirage,
Un spectacle du fond des temps
Et qui ramène aux jours d’antan
L’Humain pitoyable et fragile
Qui ne se sait que fait d’argile…
Soudain, étonnamment véloce,
Un monstre plonge dans la fosse
Bouillonnant comme un vrai maëlstrom :
Il fait hurler les petits d’Homme,
Puis ils applaudissent ravis
Et s’esbaudissent à grands cris…
*26270 Pierrelatte
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C’est une ville-charme et un peu surannée,
Dont l’accent est chantant et dont, toute l’année,
On vante la douceur. Mais sa grâce d’antan
S’y exprime surtout dès le premier printemps
Quand tout y est fleuri partout en abondance :
Balcons en fer forgé ; fontaines où l’eau danse
Et gicle en gazouillant ; calades biscornues
Aux vieux pavés disjoints. La moindre de ses rues
Ruisselle de bouquets et d’odeurs printanières
Qui ravissent les sens ; et la Mairie espère
Obtenir du Jury sa quatrième fleur
Tant chacun dans la vill(e) s’emploie avec ardeur
A fleurir ardemment les plus lépreux des murs :
Il n’est pas une brèche et pas une fissure
Où ne pousse un buisson de fleurs multicolores.
Il faudrait inventer au moins cinq fleurons d’Or
Pour la jolie cité dont la seule bataille
Est le plaisir des yeux. Qui sait ? Vaille que vaille,
Peut-être le village sera-t-il en Provence
Le plus joli de tous ! Peut-être même en France !
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Poème illustré par un tableau de :
Camille Pissaro
(1830-1904)
C’était un beau pichet qui avait bien cent ans :
Un pichet de Moustiers* fait d’antique faïence
Et presqu’une oeuvre d’art, comme on faisait antan.
Magali le tenait de sa grand’mère Hermance
Qui avait autrefois une faïencerie
Au centre de la ville. Elle en était très fière,
S’en servant aux beaux jours lorsque quelques amis
Ou ses frères et soeurs s’en venaient prendre un verre.
Las ! Un jour malheureux la pauvrette ébrécha
D’un geste maladroit la bordure du pot.
Pas grand’chose, vraiment : un tout petit éclat,
L’événement pourtant lui laissa le coeur gros,
Mais ceci n’était rien : le pichet le prit mal !
Désormais imparfait, il se crut outragé
Car il avait de lui une image idéale
Un brin démesurée ; il allait se venger !
Or donc à chaque fois que Magali voulut
Se servir de son pot, il se mit à baver
En inondant la nappe. Un jour elle reçut
Un jet en plein visage ! Elle en avait assez !
Mais le pire de tout ce fut quand le gredin,
Perdant toute mesure, crachota sur les pieds
Du maire du village, invité en voisin :
Il fit mine de rien mais partit ulcéré !
Magali réfléchit, puis ce fut décidé :
Pour qu’il ne puisse plus bouleverser les fêtes,
Et bien qu’il dût souffrir de sa sévérité,
Le pichet facétieux fut mis à la retraite !
Depuis il fait le beau derrière une vitrine.
Un exemple parfait pour l’art des faïenciers !
Et pour qu’il ait vraiment parfaite bonne mine,
On l’a fait pivoter pour cacher son secret :
Le fleuron de Moustiers est un peu esquinté !
*Les faïences de Moustiers (Alpes de Haute-Provence) sont renommées depuis le XVII° siècle
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Huit avions dans le ciel qui piquent en diamant
- Ainsi qu’il faut le dire en Aéronautique !
Une flèche hurlante, un V acrobatique
Labourant les nuées d’un long sillon d’argent.
Salon* est fière d’eux, elle qui est le nid
De ces vastes oiseaux à la fine envergure.
Ils esquissent là-haut de sublimes figures
Dessinant sur le ciel des schémas inouïs.
Mais comment font-ils donc pour ne pas se toucher ?
Et cet affreux boucan… Comme un coup de tonnerre
Eclatant tout à coup dans l’azur pur et clair !
On a le coeur qui bat rien qu’en voyant filer
Ces pilotes parfaits parfaitement rodés !
De grands oiseaux de proie, effilés, dont les ailes
Laissent un long sillage imprimé sur le ciel :
Surhommes survolant le pays Salonnais…
* La PAF est à Salon depuis 1937
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C’est en soixante-huit que l’empereur Néron
Apprit incidemment qu’un de ses intendants
Etait un bon chrétien. Torpès* était son nom.
Le monstre, n’écoutant que son fond malfaisant,
Le fit décapiter ; puis fit placer son corps
Dans le fond d’une barque, avec pour seuls compères
Un vieux coq et un chien, afin qu’ils le dévorent !
Mais ils n’en firent rien… Cahotant sur la mer
Douce comme une amie, poussée par le courant,
La barque s’échoua avec son pieux fardeau.
C’était le dix-sept mai, un beau jour de printemps ;
Et pour les gens du cru, ce fut un beau cadeau
Car ils étaient chrétiens. En hommage à Torpès,
Ils bâtirent sitôt une jolie chapelle.
Le chien nommé Grimaud, le coeur tout en liesse,
Fut bien vite adopté par une jouvencelle.
Mais le coq se méfiait : d’un esprit plus chagrin,
Se croyant en danger et craignant pour sa vie
Il vola tout pataud jusqu’à un champ de lin !
Avez-vous bien compris ? Le « coq au lin », pardi !
C’est du moins ce que content les Cogolinois…
Une très belle histoire et un fort beau pays !
Et si les historiens n’y ajoutent point foi,
Peu nous importe, au fond ! Le conte est si joli…
* d’où le nom actuel de Saint-Tropez
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Poème illustré par une gravure de :
Gustave Doré
(1832-1883)
C’est en l’an 400 – d’après ce qu’on en dit -
Que lors d’une tempête, en crue, la Nartuby
Déborda de son lit ; puis laissa derrière elle
Un horrible fléau, une offrande cruelle
Pour les gens du pays : un immonde dragon
Aimant la chair humaine, et surtout les tendrons
Se risquant à sortir trop loin de leur village.
On se résolut donc, comme le veut l’usage,
A déléguer au Drac deux pauvres malheureux…
Avalés sur le champ. Ce n’était pas sérieux,
Car il n’était pas monstre à entendre raison !
Tous de se rencogner alors dans leur maison
Et de prier le Ciel… C’est ainsi qu’Hermentaire,
Passant non loin des lieux, entendit leur prière ;
Il brandit donc sa croix pour immobiliser
Ce suppôt des Enfers qui en fut statufié,
Collé tout ridicule à l’énorme rocher
Qui était son repaire ! Et pendant des années,
On le vit dépérir jusqu’à ce qu’il n’en reste
Que de grands os blanchis. Un sort vraiment funeste,
Mais parfaitement juste ! Et tous les paysans,
Acclamant leur prélat, nommèrent « Draguignan »
Leur village sauvé pour eux, les Dracénois !
C’est du moins ce que conte un récit d’autrefois…
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Poème illustré par un tableau de :
Man Ray
(1890-1976)
Honoré le pêcheur vivait au Lavandou.
Honoré ? Il l’était ! Car notre pescadou
Etait le géniteur de quatre jolies filles :
Madelon, Magali, Marguerite et Camille.
Camille était bizarre : elle adorait nager
En ces temps où la mer suggérait le danger !
Sujette émerveillée d’une étrange passion,
Elle aimait plus que tout l’univers des poissons.
Mais ce qu’on ignorait, c’était que la donzelle
Cachait farouchement un don exceptionnel :
Quand elle était sous l’eau, elle y pouvait rester
Tout comme les tritons, sans devoir respirer !
Pratiqué chaque jour et quel que soit le temps,
Ce rite paraissait tout de même inquiétant…
Et quand cette manie tourna à l’obsession,
Honoré le pêcheur, se posant des questions,
Ordonna à ses soeurs de la mieux surveiller :
Il leur fallut deux jours pour trouver son secret…
Et à lui un instant pour enjoindre à sa fille
D’en faire profiter sa nombreuse famille :
Camille irait nager aux tréfonds des grands fonds
Pour rabattre vers lui ces énormes poissons
Nombreux comme, dit-on, grains de sable à l’Anglade :
La fortune assurée contre une promenade !
Sous les yeux sidérés de toute la tribu,
Elle se rebiffa, outrée et fort émue :
« Père, je suis marrie de vous désobéir ;
Mais jamais, mes amis, ne pourrai les occire ! »
Et puis elle plongea définitivement
Au sein de cette mer aimée passionnément :
La Méditerranée devenue son royaume
Qui lui fit oublier l’indignité des Hommes.
Elle y vit désormais comme une vraie poissonne,
Ne devant rendre compte à rien ni à personne.
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P0ème illustré par un tableau de :
Vincent Honnoré
www.honnoré-peintre.com
S’appuyant lourdement sur l’éperon rocheux
Qui lui prête son flanc, non loin du Calavon, ,
Une cité perchée qu’on appelle Saignon :
Un village charmant, mais en moins vaniteux
Que ses voisins fameux sis dans le Luberon !
Et cependant Saignon vaut vraiment le détour,
Mais comme un vrai seigneur faisant fi des atours
Trop clinquants et trop snobs attirant les légions
De touristes hantant la région tout l’été !
Saignon a trois châteaux – comme Cadet Rousselle -
Des venelles tortues, une énorme chapelle,
Et une vue splendide avec Apt à ses pieds,
Le mont Ventoux au loin … Panorama splendide
Sous une voûte bleue lavée par le mistral ;
Une jolie cité sous son ciel provençal,
Méritant moults honneurs, mais qui se veut candide…
Poème offert au village de Saignon :
» Madame,
je vous remercie en tant que maire pour ce poème sur Saignon qui démontre que vous
avez compris beaucoup de choses sur ce village qui se veut discret et qui ne
recherche pas à en mettre plein la vue. Je partage entièrement ce que vous avez
écrit. L’avez-vous vu le soir? pour ma part, il ressemble à une petite crèche
provençale grandeur nature. Pour cela, j’ai tout fait pour qu’il y ait le moins
de pollution lumineuse et surtout la nuit on ne voit plus ces antennes ou ces
paraboles qui gâchent la beauté de ce lieu, malheureusement dans ce domaine je
ne peux intervenir. Merci encore. Amicalement. Jacques AZZURO «
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Au coeur de Mollégès, non loin du vieux lavoir,
Un grand cheval dressé. Douze tonnes de pierre
Sculptée en muscles durs. Cheval dont la matière
Correspond tout à fait à ce qu’on y veut voir :
Une masse solide, épaisse et obstinée
Arrachant ses sabots au marécage humide
Engluant le maquis sous le grand ciel livide.
Le symbole parfait des vieux chevaux de trait
Permettant aux humains de tirer du néant
Les paluds nauséeux des bords de la Durance ;
Les fidèles amis des hommes de Provence
Extirpant leurs jardins de ce bourbier puant.
Un cheval de labour d’une curieuse espèce ;
Une vaste statue, lourde et presqu’incarnée
Dans ces muscles de pierre. Un cheval encensé
Pour sa fidélité, sa rude robustesse :
Tel est l’animal-roi régnant sur Mollégès.
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Poème illustré par une photo de :
Serge Pertuis
Il aime la Provence et n’en veut pas partir ;
Ferait n’importe quoi, aimerait mieux mourir
Plutôt que de laisser sa terre bien-aimée !
Ses racines sont là, et c’est là qu’il est né
Il y a vingt-cinq ans dans la grand’rue de Murs.
Ces nappes de soleil inondant les vieux murs
Et ces pavés luisant sous l’intense lumière
De l’été triomphant… Il ne peut pas se faire
A l’idée de quitter son si joli village
Et se sent tout gonflé d’impuissance et de rage…
Et comment pourrait-on faire entendre raison
A un vrai Provençal face à sa mutation ?
Sur la route de Sault, de chez lui, il peut voir
Au loin le Luberon, tout cuivré par le soir
Eteignant sa lumière en extrême douceur.
Oh ! Ces soleils couchants qui étreignent son coeur
A force de beauté ! La falaise de Lioux,
La combe vers Venasque et les grands rochers roux…
Ses longues promenades, le chant des cigales
Dans le concert strident de l’été provençal…
On dit que son ancêtre était le bon Crillon,
Un allié d’Henri IV et son gai compagnon.
Légende exagérée ? Il ne sait, mais il sent
Que c’est ici que bout et sa vie, et son sang…
Il sait que ce serait renier son enfance
Que d’ainsi déserter bien loin de sa Provence.
Il ne partira pas ! Et il s’en va opter
Pour ce que certains nomment la médiocrité…
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