Réveil

J’avais les yeux fermés : c’était encor l’hiver !
Quand je les ai rouverts, le printemps s’affairait
A couvrir le maquis d’un pointillé de vert,
Et les rameaux noircis de délicats bouquets.

Un amandier en fleurs sur la colline bleue
S’y découpait léger comme barbe à papa :
Premier arbre à fleurir et symbole joyeux
D’un printemps renaissant et dont les premiers pas

Vacillaient maladroits en terre provençale !
Les branches dénudées, encor toutes raidies,
S’étaient ennuagées de fragiles pétales
Doucement agités par un vent-friselis.

Voici donc terminés pour cette année le gel,
Et le froid et la neige ! Hier encor la pluie
Sous la grisaille glauque et pesante du ciel
Rayurait le Midi de son fin réseau gris !

On dirait que la sève est prête à bouillonner,
Que même les piquets vont se mettre à fleurir !
Le printemps paresseux s’est enfin éveillé
Et l’hiver en déroute est en train de mourir.

 

A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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