Phobie

Lui, c’est les araignées : Jean ne supporte pas
Ces petits monstres froids aux innombrables pattes !
Il est fou de terreur et il se carapate
Dès qu’il croit en voir une. Un incroyable émoi

De la part d’un garçon qui semble courageux !
Quand nous avons loué ce chalet en montagne,
Il ne soupçonnait pas qu’un contingent d’aragnes
Viendraient de tout l’Ubaye pour investir les lieux.

C’est du moins ce qu’il croit depuis qu’il y a vu
Une fort innocente et paisible bestiole
Suspendue à un fil accroché de traviole
Au plafond du salon. Un pauvre hurluberlu

De tout petit bestion, tout aussi apeuré
Que cet idiot d’humain qui, avec ses grands gestes,
Emettait des remous, des ondes si funestes
Que sa toile de soie pouvait se déchirer !

La bête a eu si peur qu’aussitôt des copains
L’ont rejointe au plafond pour voir l’énergumène ;
Et Jean terrorisé par un tel phénomène
S’est enfui en hurlant par les rues de Peipin* !

L’araignée a gagné, nous sommes tous partis,
La phobie de Jean lui brouillant tant la tête
Qu’on a pris avec lui la poudre d’escampette…
Mais il nous a promis de consulter un psy !

Peipin* : Village des Alpes de Haute Provence (04200)

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A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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