Le fini-parti

Il fait encore nuit, il est presque cinq heures
Et à l’Est, vers Allauch, s’allume la lueur
Qui va embraser l’aube. Antonin entre en danse
Pour ce fichu moment où son travail commence.

Le camion-benne est prêt et les copains aussi,
Pour bosser tous en choeur jusqu’à midi et d(e)mi ;
Enfin… normalement ! Mais en se dépêchant,
On peut avoir fini et partir bien avant !

C’est à qui videra les boîtes le plus vite :
Une corvée bâclée où les hommes évitent
De jeter un regard sérieux sur les côtés
Pour devoir ramasser ne fût-ce qu’un papier.

Parce que trop rapide, un boulot salopé !
On ne se baisse pas, on laisse des déchets
Sur les trottoirs crasseux de la pauvre grand’ville.
Et l’on se moque bien de l’avis des édiles

Courroucés et furax qui fulminent sans trêve ;
Il suffit vite fait de promettre une grève…
Et puis il est dix heur(es) ! Antonin part en douce…
Une douche, un morceau à manger sur le pouce,

Une petite sieste et il est reparti
Pour un boulot au noir. Bien, le fini-parti…
Marseille est dégueulasse ? Il n’en a rien à faire
Car mieux vaut s’occuper de ses propres affaires !

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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