L’au revoir à Lucas

Il était vif et gai comme un air de printemps.
Un gentil trublion, un petit chien si tendre
Qu’il captait  votre cœur ; qu’on ne pouvait prétendre
Echapper à son charme et sa grâce, d’autant

Que c’était un charmeur et qu’il savait y faire !
Minuscule coquin qui n’arrêtait jamais
De gambader partout, il savait enflammer
La maison la plus calme avec un bruit d’enfer.

Il était vif et gai comme un chien-libellule,
Essayant d’attraper au ciel un papillon,
Une feuille d’automne, un insecte, un rayon,
Un rien qui voletait, sa balle ou une bulle…

Et puis, devenu vieux, il a désiré voir
Comment était construit l’arrière de la lune.
Il a donc profité d’une chance opportune
Pour monter tout là-haut, après un au revoir

A celle qu’il aimait, sa si chère maîtresse.
Il craint qu’elle ne pleure : ils s’entendaient si bien !
Mais là-haut c’est un rêve, au Paradis des chiens…
Puisse cette pensée adoucir sa tristesse !

Dans le bout de jardin où il aimait courir
Les roses tristement ont pleuré leurs pétales.*
Bien qu’on soit au printemps le soleil est bien pâle…
Comment, un jour si gai, a-t-il donc pu mourir ?*

**Ces vers sont de Denis, qui s’associe au chagrin de Francine.

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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