La grêle

On n’avait jamais vu en plein mois de juillet
Le ciel virer à l’encre, en à peine deux heures :
Un phénomène étrange et qui nous a laissés
En proie au désarroi. Un sentiment de peur

Face à cette folie incontrôlée des cieux !
Puis d’un coup, d’un seul coup, tout là-haut s’est ouvert
Un déversoir géant de grêlons monstrueux,
Couvrant le sol trop sec d’une couche de sphères

Grosses comme des billes de verre gelé,
Jaillissant en fracas du fond de l’infini.
Malédiction lancée par les dieux de l’été
Qui ne supportaient plus notre existence impie ?

Toujours est-il qu’on en est restés sidérés :
Tout était ravagé par la pluie et la glace
Et l’on ne comptait plus les jardins saccagés,
Les serres éclatées… Partout le coup de grâce,

Le feuillage et les fleurs broyés, hachés menu ;
Un paysage blanc comme un jour enneigé ;
Des autos cabossées et qui ne roulaient plus :
Dix minutes de grêle et des vies détraquées !

Puis on s’est résignés ; on a pris une pelle
Pour déblayer les rues, comme au mois de janvier
Quand par hasard il neige. Et de gaies étincelles
Cliquetaient sur la glac(e) :  le soleil renaissait !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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