Solstice

clair_lune

Bien mornes ces soirées où le soleil flemmard
Va se coucher trop tôt. Ces nuits interminables
Emmitouflées de froid ! Où l’on se sent minable,
Où les rêves se muent en tristes cauchemars.

Bien trop long cet hiver, ces petits jours si courts
Dont quelqu’un semble avoir tamisé la lumière,
Où l’ombre peut régner une journée entière.
Ce temps enchifrené va-t-il durer toujours ?

Ces jours gris sont pesants… Mais moi ne t’ai-je pas
Pour me faire oublier cette étrange froidure
Qu’ici nous ressentons tout comme une imposture ?
Tant pis pour ce sol dur qui glisse sous nos pas,

Pour le soleil éteint, pour la longueur des nuits !
Le jardin est pouilleux, toutes ses fleurs sont mortes,
Dépecées par le vent : que le Diable l’emporte…
Mais tes bras sont bien chauds, et quand je m’y blottis

J’amnistie le mistral et ses longs crocs aigus.
L’entends-tu qui s’affaire à ébranler la porte ?
Mais il peut s’acharner… Après tout, peu m’importe
Qu’il pousse en s’énervant de longs cris suraigus.

L’essentiel pour nous deux, c’est d’être bien lovés
Dans les bras l’un de l’autre ; d’oublier la tristesse
De ce monde tout gris qui nous mine et nous stresse.
Le vent devenu fou pourrait bien soulever

La maison dans les airs que nous n’en saurions rien
Quand nous sommes ainsi enlacés l’un à l’autre.
Car c’est si bon, l’amour  ! Bienheureux qui s’y vautre
Avec délectation. Nous y sommes si bien…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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