Les sangliers

 

Gaston Phoebus

Hier une harde d’argousins
Est venue pour un gueuleton.
Certainement un escadron
De baroudeurs dans mon jardin.

Pour bien me montrer leur dédain,
Ils ont laissé trois beaux étrons
Et des soies accrochées aux troncs.
Puis fouaillant de leur gros groin,

Ils ont ravagé la pelouse
Tout en patouillant dans leur bouse.
Malgré le portail bien fermé

Les sacripants passe-murailles
Tout guillerets sont donc entrés,
Tout heureux de faire ripaille.

Ils étaient toute une famille
De pères, mères, marcassins
Qui ont labouré le terrain
Comme des charrues en folie.

C’est pour trouver sous les truffiers
De précieuses pépites noires
Qu’ils ont creusé des entonnoirs
Dans l’humus gras et embaumé.

Et les gros et bruyants compères,
Esbaubis, gais, tout pleins d’entrain,
En ravageant mon beau jardin
Se sont changés en bulldozers.

 Pour Gisèle

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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