L’ensorceleur

Ce matin le printemps a frappé à ma porte,
Obligeant et galant, les bras chargés de fleurs ;
Un joli damoiseau de toutes les couleurs
Qu’escortait en chantant la joyeuse cohorte
De tous ceux qui aidaient le bel ensorceleur

A mieux ragaillardir sa mère la Nature.
Tout d’abord le soleil caparaçonné d’or
Et tous rayons sortis pour une investiture…
De quatre, cinq, six mois ? Un vieux Soleil encor
Faiblard et déficient, et un brin immature.

S’en venait avec lui une vaillante brise
Chargée de disperser les spores à tous vents,
Un peu surexcitée et volant droit devant
Pour investir Marseille. Une brise à surprises
Et prête à se muer en vent extravagant.

Et puis un flot d’oiseaux obscurcissant les nues,
Arrivant du grand Sud pour trouver la chaleur,
Tout prêts à se gaver d’une vie revenue
Sur leurs terres d’été. De jolis oiseaux-fleurs
Aux ailes en pétale(s), pépiant sans retenue.

Le printemps était gai, et ses éclats de rire
Nous ont revigorés en blackboulant l’hiver.
Le joyeux rebouteux tout harnaché de vert,
Le charmant guérisseur sachant si bien séduire,
Nous a mis aussitôt le cœur tout à l’envers.

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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