La curée

Comment aurait-il pu, un jour, imaginer
Un tel événement ? Assis sur un rocher,
André est hébété et pleure doucement
Les soixante brebis gisant ensanglantées

Sur l’estive fleurie où hier elles paissaient.
Car elle est revenue, la Bête que craignaient
Ses ancêtres lointains, les bergers d’autres temps !
Ce loup couard et faux qui subrepticement

S’en vient à la curée dès que tombe la nuit.
Mais Andre s’est levé pour chercher son fusil.
Il va prendre l’affût, devenant hors-la-loi
En tuant le tueur terré au fond des bois…

Il a passé deux jours à creuser un grand trou,
A rester aux aguets pour attendre les loups
Rampant dans les taillis. Il a tiré dessus
Et les a enterrés. Tout ça, bouche cousue !

Personne ne saura, pas même sa compagne !
Car il veut retrouver la paisible montagne
Où paissent ses moutons non loin de Barcelo.
André le doux berger est un desperado

Qui recommencera pour garder son troupeau !

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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