L’habit d’Arlequin

Un poème inspiré par une idée de mon ami Denis S.

C’est sûr ! L’heure a sonné, il faut aller dormir ;
Retirer pour toujours l’incroyable costume
Qu’on appelle la Vie, cousu de souvenirs,
D’anecdotes, de joie, de peine et d’amertume.

C’est un curieux habit, fait de mille morceaux
Maintenant bien usés – unis, multicolores –
Dont Arnaud s’est lassé. Il va faire le saut.
Peut-être pourrait-il s’en travestir encore,

Mais il a tout vécu. Il est vraiment trop las
Pour y surajouter des pièces bien plus neuves.
Recoudre le costume ? Il n’existe ici-bas
Pas un seul procédé ni une seule épreuve

Qui puissent réparer les multiples erreurs
Faites en assemblant ces pièces disparates.
L’on ne revient jamais sur l’heur et le malheur
Qui composent la vie des pauvres automates

Que nous sommes toujours, vêtus de cet habit.
Et même s’il est fait des pièces innombrables
D’un costume arlequin, ce vêtement nous suit,
Collé à notre peau par un Sort intraitable…

La vie d’Arnaud ressemble à un frac d’Arlequin,
Fait de bouts de tissu, colorés ou très sombres.
Il est triste pour lui que le Destin taquin
Les ai cousus ensemble en les surfilant d’ombre…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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