Les meules

Poème illustré par un tableau de :

Jean-Michel Farmy
www.jeanmichelfarmy.com

Savez-vous que le foin qui fleurit dans la Crau
Est un nanan goûteux pour les veaux italiens ?
Le meilleur foin du monde, le plus précieux des biens
Pour cette plaine usée qui partait à vau-l’eau.

Car c’était un désert, une terre stérile
Où ne poussaient alors que quelques moutons gris
Mâchouillant tristement les herbes du Midi.
Une lande très sèche et un peu inutile.

Maintenant l’on y voit de gros cylindres blonds
Qu’on appelle des « meules ». Elles n’ont rien à voir
Avec celles d’antan en forme d’entonnoirs
Qui jalonnaient parfois le creux bleu des vallons.

C’est une herbe fleurie, riche et drue comme l’eau
Qu’on a subtilisée au flot de la Durance
Pour changer en jardin ces landes de Provence
Où il ne poussait rien, que du sable en grumeaux.

C’est pourquoi des camions tout chargés d’herbe folle
Dévalent vers Milan et la plaine du Pô.
Les moutons sont plus gras. Le vent qui caracole
Ne reconnaît plus rien de sa si chère Crau.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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