Le cafoutche

Heureux celui qui a un cafoutche* chez lui
Car il peut se targuer d’avoir beaucoup de chance !
C’est ce que, dans le Nord, on nomme cagibi,
Ou réduit… ou placard… Partout ailleurs en France

On pourrait s’en passer. Oui ! mais pas à Marseille
Où l’on y range tout ce qui pourrait traîner.
Tenez : j’y garde même un morceau du soleil
Perdu par l’astre-roi au mitan de juillet !

Mais ne le dites pas ! Je le ressortirai
Quand l’hiver reviendra investir notre ville !
Pour l’instant il y dort avec un tas d’objets
Tout de bric et de broc… Bric à brac qui s’empile

Dans ce désordre fou qu’on appelle un foutoir :
Vivres, malles, outils, meubles dépareillés,
Bouteilles de bon vin… Un énorme bazar
Dont on dit chaque jour qu’il faudrait le ranger !

C’est un cafoutche, quoi ! la pièce préférée
De moults Marseillais. Un vrai capharnaüm
Pour y mettre au rencart ce qu’on ne peut caser !
Savez-vous que le mien sent le cuir et les pommes ?

*Ce mot est passé dans le vocabulaire courant partout en Provence

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans A la maison, La Provence au coeur, Marseille. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

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