La légende de Cogolin

C’est en soixante-huit que l’empereur Néron
Apprit incidemment qu’un de ses intendants
Etait un bon chrétien. Torpès* était son nom.
Le monstre, n’écoutant que son fond malfaisant,

Le fit décapiter ; puis fit placer son corps
Dans le fond d’une barque, avec pour seuls compères
Un vieux coq et un chien, afin qu’ils le dévorent !
Mais ils n’en firent rien… Cahotant sur la mer

Douce comme une amie, poussée par le courant,
La barque s’échoua avec son pieux fardeau.
C’était le dix-sept mai, un beau jour de printemps ;
Et pour les gens du cru, ce fut un beau cadeau

Car ils étaient chrétiens. En hommage à Torpès,
Ils bâtirent sitôt une jolie chapelle.
Le chien nommé Grimaud, le coeur tout en liesse,
Fut bien vite adopté par une jouvencelle.

Mais le coq se méfiait : d’un esprit plus chagrin,
Se croyant en danger et craignant pour sa vie
Il vola tout pataud jusqu’à un champ de lin !
Avez-vous bien compris ? Le « coq au lin », pardi !

C’est du moins ce que content les Cogolinois…
Une très belle histoire et un fort beau pays !
Et si les historiens n’y ajoutent point foi,
Peu nous importe, au fond ! Le conte est si joli…

* d’où le nom actuel de Saint-Tropez

 

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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