La complainte du Marseillais muté

Poème illustré par un tableau de :
Phil

Une affreuse nouvelle, une journée maussade…
Je vais m’évanouir, mon cœur bat la chamade :
Encor abasourdi, je suis tout hébété
Et j’accuse le coup. Je viens d’être muté !

Je dois déménager : je vais quitter ma ville
Et devoir renoncer au petit coin tranquille
Où je vivais tout doux, loin de tout embarras.
Sûr que d’ici deux jours, mon cœur me lâchera

Tant il martèle fort ! Mais je dois m’atteler
Au déménagement… Vieux trucs amoncelés
Depuis des décennies… Mon Dieu, que j’étais bien
Sous mon ciel toujours bleu, avec mon chat, mon chien !

Comment leur expliquer que nous allons partir ?
Notre petit Eden, c’était notre avenir…
Comment envisager une autre perspective ?
Cette ville qu’on dit souvent hyperactive,

Qui sait qu’elle détient quantité de quartiers
Où l’on peut vivre seul, tout aussi isolé
Qu’au fin-fond du maquis  ? C’est dans un vrai village
Que je menais ici une vie de vieux sage,

Un vrai village inclus au centre de Marseille :
Le quartier du Panier… Oh, toutes ces merveilles
Que je ne verrai plus ! Et notre cher accent,
Je ne l’entendrai plus ? Devrai-je vivre sans ?

Sans la mer, le Vieux Port et sans la Canebière ?
Et comment m’éveiller loin de la bonne Mère ?
Un foutu rond-de-cuir m’a condamné à mort
En m’exilant ainsi à Paris, dans le Nord !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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