Archives pour la catégorie “Le soleil-lion”

Poème illustré par :

Dubois-Gérard
www.dubois-gerard.com

Il fait chaud, bien trop chaud ! Pour un peu l’on expire !
On ne voudrait que boire… en ne sachant trop quoi !
Quelque chose de frais, de même vraiment froid
Qui flatte votre goût, vous grise et vous chavire.

Mais soyez circonspect : l’alcool et la chaleur
Ne font pas bon ménag(e) ! Soyez donc raisonnable
Et n’improvisez pas un mélange improbable
Qui ajoute l’ivresse honteuse à la torpeur !

Prenez un gros citron tout gorgé de lumière
Et pressez en le jus sans perdre un seul instant :
Un jus acide et frais, vous cisaillant les dents,
Qui vous fait frissonner de sa saveur amère.

Ajoutez-y de l’eau, puis touillez bien le tout ;
Et ensuite du sucre, en poudre pour qu’il fonde.
Oh ! Mon dieu que c’est bon… La jouissance inonde
Votre estomac ravi ; vous êtes presque saoûl !

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Les persiennes tirées en cabane, on s’allonge
Dans le salon bien clos où des ocelles d’ombre
Tachent le carrelage ; et peu à peu l’on sombre
Au creux d’un chaud sommeil  tout encombré de songes.

Dehors on souffre trop. La vie s’est arrêtée
Pendant une heure ou deux ; on revivra ce soir,
On est si bien ici où il fait presque noir !
Seuls s’obstinent encor de rares étrangers

Qui ont pourtant compris qu’il ne faut pas parler
Trop fort dans le Midi pendant la méridienne.
Ils marchent en silence, et leur ombre obsidienne
Est presqu’anéantie par le soleil, voilé

Par sa propre chaleur. On se laisse bercer
Par le chant des cigales gavées de soleil.
La chaleur du mois d’août accable et ensommeille
De Nice aux Pyrénées le Midi tout entier.

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Au début du mois d’août, on fête les vingt ans
Du départ de Hubble, happé par les étoiles.
Allons sur le Peynier au-dessus de Curbans
Pour être tout là-haut et pour mettre les voiles

Vers l’Univers offert à ses adorateurs.
Le temps est sans nuage et la nuit sera claire ;
La corne de la lune apparue tout à l’heure
S’est mise au diapason de cet anniversaire.

Allongeons-nous ici pour contempler le ciel,
Tentons de discerner une autre galaxie…
Oh ! voici Andromèd(e) ! Passe moi les jumelles
Pour que je la vois mieux, flottant dans l’infini…

Fais un voeu car j’ai vu une étoile filante
Que je veux partager avec toi cette nuit !
Notre Terre n’est rien et la vie n’est qu’attente ;
Viens au creux de mes bras : nous sommes si petits…

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Poème illustré par :

Claude Binetruy
www.galeriegraal.com

Il fait froid à Paris ! Il y bruine ou il pleut
Alors qu’ici l’été est presqu’insupportable
Tant il fait chaud et lourd. Mais c’est un temps radieux
Pour tous ces gens du Nord allongés sur le sable !

Nous, nous n’en pouvons plus ; et, sans oser le dire,
Nous serions très heureux qu’il y ait des nuages.
Mais nombreux seraient ceux qui pourraient nous maudire
S’ils étaient au courant de nos désirs d’orage…

Egaré près de Lyon, notre ami le mistral
S’est enfin aperçu qu’il n’y était pas bien.
Il s’est alors gonflé d’un souffle boréal
Pour revenir chez nous nous offrir son soutien.

Oh, mon Dieu ! Que c’est bon, ces tourbillons de vent
Si frais et salvateurs ! Ce sont des coups de maître !
Malgré le bruit qu’il fait, nous en sommes contents,
Même si ceux d’ailleurs pestent contre ce traître

Qui gâche leurs congés avec moultes rafales…
Cependant, depuis lors, un soupçon insidieux
Nous cause du souci : pourvu que le mistral
Ne devienne pas fou et joue avec le feu !

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Poème illustré par :

Peinture par Christian Guinet
www.peintre-couleur.com

Il a tellement plu cette dernière année
Que la montagne est verte. Et l’ardeur de l’été
N’en a pas desséché les pentes en déclive
D’où dévalent d’aplomb des cascades d’eau vive.

Les versants sont vert tendre et pâle. Y sont piqués
Des mélèzes tout droits émeraude foncé :
Le contraste est superbe; il est presqu’irréel
Sous le bleu éclatant et dru tombant du ciel.

Empli jusqu’à ras bord, le lac de Serr(e)-Ponçon
Est turquoise et limpide, enchâssé dans les monts
Vert tendre et vert foncé se mirant dans ses eaux.
Le décor est si beau qu’on dirait un chromo

Et seul un très grand peintre a osé les couleurs
Offertes cet été à la montagne en fleurs.
Car qui pourrait ainsi la peindre aussi clinquante ?
Vert tendre et vert foncé piquetés d’amarante…

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Ce poème est illustré par :

Dieda
www.dieda.over-blog.com

Une immense chaleur amollit mon cerveau !
Il va pourtant falloir que je trouve des mots
Pour décrire aujourd’hui ce que nous éprouvons !
Nous sommes hébétés et nous nous liquéfions

Dès que nous ébauchons un geste trop brutal.
La porte ouverte cède à un monde infernal,
Comme si brusquement une force impalpable,
Une énorme bouffée ardente et implacable

Se ruait au salon, prête à nous étouffer.
Nous connaissons le truc et tout est bien fermé :
Les volets sont tirés, on vit dans la pénombre
Et si l’on va dehors, on reste bien à l’ombre.

Jusqu’à trente degrés, ça va, c’est supportable !
Ici dans le Midi il est inéluctable
Que nous ayons très chaud au coeur du grand été ;
Mais aujourd’hui, vraiment, le trop est dépassé !

Ne remuons donc plus et mangeons une glace ;
Puis prenons une douche en attendant que passe
Cette soudaine et folle embardée du soleil.
Tiens ! Sais-tu que ton nez a viré au vermeil ?

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Poème illustré par :

Jean-Louis Honnet
www.galerie-mogador.com

Le fardeau accablant, oppressant de l’été
S’allège lentement car le soleil décroît.
La touffeur du mois d’août si lourde à supporter
S’est un peu adoucie ; et le ciel qui chatoie

A de tendres couleurs là-bas vers Figanières.
Les cigales éteignent leur criquètement
Alors qu’à l’horizon s’estompe la lumière
D’un jour beaucoup trop chaud et beaucoup trop pesant.

Demain nous serons mieux : le mistral est prévu
Qui s’en va dévaler du Nord jusqu’au Midi.
On l’attend, l’on respire et l’on ne bouge plus,
Allongés sagement sous le firmament gris

Où s’allument gaiement de petits points dorés.
Le soleil s’est couché, nous oubliant un peu :
Nous sommes enfin bien et il fait presque frais ;
Dans l’ombre fragmentée le jardin est tout bleu.

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Poème illustré par :

Carmelo Zagari
www.paris-art.com

Festival de ceci, Festival de cela…
Pas un village ici qui n’ait son festival !
Il y en a partout : ainsi à Charleval,
Lourmarin et Lambesc, Rognes et Saint Cannat…

Si l’on voulait vraiment être gens cultivés,
On pourrait chaque soir parcourir la Provence :
Festival de guitare ou festival de danse ?
Et que ne sais-je encor ? Que ne peut-on trouver ?

Festival des Cracheurs, Festival des Cinglés,
Festival des Cafteurs et Festival du Nu…
Non ! Je ne vous mens pas : ça existe, c’est vrai !
A quand le Festival des Grands Hurluberlus ?

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Poème illustré par :

Alain Duperay
www.web.artprice.com

C’était un jour d’été à chanter et à rire,
Un jour bleu vraiment  pur… quand le temps d’un soupir
Une pluie fraîche et drue s’est abattue sur nous !
Une pluie impromptue, inconnue un trois août

Sur les terres brûlées et sèches de Provence.
Le ciel clair brusquement était entré en transes :
Nous étions tous trempés des pieds jusqu’à la tête,
Juste au moment joyeux où nous faisions la fête

Pour les vingt ans tout neufs de notre ami Armand !
Mais nous avions si chaud que le flot ruisselant
Ne fut qu’enchantement. Nous avons envoyé
Jupes, shorts et tee-shirts par-dessus les figuiers

Et nous avons dansé sous la pluie trépidante
Qui giclait en chuintant sur le sol amarante.
Une pluie impromptue qui n’était que bonheur,
Exacerbant l’odeur des arbres et des fleurs !

Pluie faite pour la joie, une pluie en folie
Cliquetant en chantant ; cataractes de pluie
Qui nous lavaient de tout et rayaient l’horizon
De grandes stries d’argent ; du plaisir à foison…

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Poème illustré par :

Anne Hudry
www.artiste74.com

C’est l’heure de la sieste et Antoine somnole
Dans son berceau bien frais au creux de la maison.
Dehors il fait très chaud ; les cigales sont folles,
Stridulant leur bien-être à perdre la raison,
Sans que le grand soleil puisse y mettre un bémol.

Sur le front du bébé dort une coccinelle,
Rouge sur sa peau blanche : un spectacle charmant
Qui nous laisse attendris, tout émus. Et pourtant
Quel insecte pourrait effleurer de son aile
L’épiderme et la tête engourdie d’un enfant

Sans qu’on pousse des cris de dégoût et d’horreur ?
Mais non ! L’on ne dit rien car on trouve jolie
La sphère vermillon semblable à une fleur !
On pourrait en compter dix autres dans le lit
Qu’on n’oserait rien dire et qu’on n’aurait pas peur !

Car c’est la plus sympa bestiole du jardin.
Elle a l’air d’un bijou tacheté de points noirs ;
Une bille bien lisse et peinte de carmin,
Une bulle incarnat ! La tendre peau d’ivoire
Où elle est endormie lui fait comme un écrin.

Cependant sur le front du bébé sommeillant,
C’est un petit alien qui s’est laissé aller
Et qui doit chaque jour dévorer son pesant
De pucerons dodus traqués sur les rosiers…
Mais on l’a oublié tant le monstre est charmant !

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Poème illustré par :

Jean-Louis Honnet
www.alterimago.com/jean-louis-honnet

Le soleil attablé tout en haut du Ventoux
Se demande en riant qui il pourrait croquer :
La petite Laura dont l’épiderme roux
Lui paraît tendre et blanc comme un verre de lait

Ou ce bébé dodu gigotant sur la plage ?
L’ogre qu’est le soleil a l’embarras du choix,
Et ils sont tant et tant à ne point être sages
Que ces cibles aisées lui causent quelque émoi.

Le soleil affamé au-dessus du Midi
S’interroge cruel : que pourrait-il griller ?
Et s’il visait les fleurs ? Ou les bois reverdis
Par les pluies du printemps ? Ou les premiers cinglés

Qui se mettent tout nus, se croyant invincibles ?
L’ogre repasse encor ses rais bien aiguisés :
Il est en appêtit, il a faim ; et les cibles
Ne lui manqueront pas tout au long de l’été.

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Poème illustré par :

Sissou83
www.peintre83.over-blog.com

C’en sera donc fini de contempler mes pieds
A longueur de journée allongé sur le dos ;
Et de passer mon temps à me faire piquer
Par les grains siliceux du sable bien trop chaud ?

Adieu donc à la mer, à son lent mouvement
Et à ce clapotis qui lèche mes orteils ;
A l’énorme lumière et aux sautes du vent
Qu’ils appellent « mistral » au pays du soleil !

Demain la pluie, le gris, et les embouteillages,
Le rythme lancinant de mon travail en ville.
Oh ! Pouvoir chaque jour flemmarder sur la plage
Et regarder au loin une voile qui file !

La Méditerranée se balance et frisèle ;
Je ne sentirai plus sa fraîcheur sur ma peau
Tannée au fil des jours.Tiens ! J’ai le nez qui pèle,
L’épiderme rôti et le coeur vraiment gros…

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Illustration du poème trouvée sur le site :

www.bip-art.blogs.com

O putain ! Quel foutoir ! Un grand embouteillage
Stoppe le flot d’autos coulant du Nord au Sud !
Il fait chaud, l’on se traîne, et c’est vraiment dommage
D’être partis si tard : c’est la faute à Gertrude !

O putain ! L’accident… On en a pour des heures…
Et le bébé qui pleure au fond de son couffin !
Et Jean qui veut pisser ! On ira tout à l’heure,
On ne peut s’arrêter… Mais le voici qui geint,

Disant qu’il en a marre et qu’il voudrait rentrer,
Qu’on est mieux à Paris avec tous les copains.
Seigneur, retenez-moi car je vais le tuer !
Quand on voit ce que coûte un séjour aux Grands Pins !

Il fait chaud… et j’ai soif… et il n’y a plus d’eau.
C’est vrai qu’on était bien ce matin à Paris !
Putain, voici les flics : faisons donc le gros dos
Car je n’ai plus de points et c’est moi qui conduis…

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De l’eau ! Fraîche surtout… Partout sur notre corps
A torrents, à grands seaux, afin  que tous nos pores
La boivent goulûment pour calmer cette ardeur
Qui nous brûle le sang ! Cette énorme chaleur

Consumant la Provence a fait de nous des loques.
On a soif et l’on cuit, l’on halète, on suffoque
Et tout notre Midi est en ébullition :
Une sorte d’enfer où damnés nous bouillons !

Dans le jardin trop sec on joue à s’asperger
A grands coups d’arrosoirs, de lances et de jets
Pour – ne serait-ce que fort fugitivement -
Ressentir les bienfaits du frais ruissellement

De cette fausse pluie. Et notre jeu idiot
Nous détend peu à peu : c’est la magie de l’eau
Revivifiante et drue ; comme si des glaçons
Glissaient sur notre peau à grands coups de frissons.

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Sur son front de satin naît une gouttelette,
Gouttelette arrondie qui jaillit de sa peau :
Mixture de chaleur, de sel, de sable et d’eau,
Une perle a giclé du corps blanc de Juliette.

Sur son cou de velours roule un joli calot
Qui suit le pli laiteux creusé entre ses seins ;
Un autre de cristal dans le creux de ses reins,
Suivi de deux, de cent car la belle a trop chaud…

Son corps d’albâtre brille : il est tout constellé
De billes de lumière et de grains de silice.
Le ciel bleu est brûlant et se fait le complice
De l’été blanc dardant ses flèches enflammées.

Sur son torse opalin le soleil assoiffé
Aspire goulûment les larmes de sueur.
La chaleur insensée lui fait battre le coeur :
Il va pourtant falloir enfin se protéger !

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