Archives pour la catégorie “Le soleil-lion”

Gilbert Thomas
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Les rochers sont si clairs sous le grand soleil-lion
Qu’ils semblent enneigés. L’air brûlant est très pur ;
La falaise scintille ; il y a des millions
D’étoiles calcifiées qui brillent sur son mur
Dressé sur l’horizon. Les yeux clignent, blessés
Par l’exagération de la lumière blanche
Exacerbant encor la folie de l’été.
La lumière est d’argent et le grand ciel qui penche
Est posé comme un voile au-dessus de Rousset.
Il est si clair, si bleu, tellement transparent
Qu’il paraît infini, infiniment léger,
Eraflé par le vol de vastes oiseaux blancs.
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Michel Dumontet
http://www.celiabguedj.com
A Sault, tous les quinze août, c’est la fête au village,
Fête de la lavande et fête-canicule
Où le beau temps culmine, où le soleil fait rage
Sur le Plateau vibrant des senteurs qu’il stimule.
Quelques gaillards sont prêts pour le concours de coupe
Dans les champs odorants ; leur faucille aiguisée
Doit être la plus vive : impossible qu’ils loupent
Un trophée attendu tout au long de l’année !
Mon Dieu ! Que ça sent bon … Les badauds s’émerveillent
De la vélocité des coupeurs déchaînés
Malgré l’enfer brutal, la folie du soleil.
Jetant les longs brins bleus dans leur sacoche enflée,
Ils ont l’air de robots. La folie mécanique
De leur geste en saccades stupéfie les gens
Qui rient ensorcelés par cette odeur qui pique
Et tremblote autour d’eux dans la lumière argent.
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Jack Fournier
http://www.encadreurdart.com
Provence rude et blanche à la lumière immense,
Tu fais ciller les yeux à force de clarté !
Ton ciel est ciselé par un bleu si intense
Qu’il ne peut être ailleurs aussi démesuré.
Dès qu’un voile léger le trouble quelque peu,
Le mistral accouru souffle pour le chasser
Loin de ton horizon vers des confins brumeux.
Un mistral en furie, sec et immodéré !
Le soleil qui dévore ta terre assoiffée
Abrutit de lumière ta garrigue ambrée.
Ta lumière est si drue que le jour est pesant
Tant son omniprésence est parfois sulfureuse ;
Elle fait du Midi un univers violent
Où même l’ombre bleue peut être lumineuse.
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Paul Cézanne
Face à la mer chuintant sa lente mélopée ,
La Plage du Prophète. Elle est tout encombrée
De corps rouges, suintants et striés de rayures,
Etendus touche-touche. Ils sont à point, bien mûrs
Pour des coups de soleil et de grandes douleurs.
On est le premier août, les aoûtiens sont là !
On peut les reconnaître à leur piètre couleur
Et leur teint rose et blanc. C’est un gai brouhaha,
On ne voit plus le sable ; et la mer encombrée
Par de bruyants baigneurs bouillonne, bout, pétille :
Mais elle est hypocrite et fait l’apprivoisée,
Se moquant de la foi de tous ces joyeux drilles !
Peut-être quelque jour va-t-elle se fâcher
En montrant à ces fous qui est le maître ici ?
Mais pour l’instant en paix la Méditerranée
Est comme un lac bénin aux flots bleus assoupis.
Au milieu du tintouin,quelques vrais Marseillais
Bronzés de haut en bas se moquent, indulgents
Pour ces envahisseurs fadas et agités
Leur polluant la plage : eux, ils ont tout leur temps …
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Bryan F. Peterson
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Le grand cagnard en rut qui roussit la Provence
Pleut en rayons ardents du haut du ciel faïence.
Il fait vraiment très chaud, et la lavande en fleurs
Tout étoilée d’azur diffuse son odeur,
Une odeur fraîche et drue tremblotant sur les champs.
Les monticules bleus sentent bon le beau temps
Et leur senteur attire un pétillement d’abeilles
Zinzinnant en cadence au rythme du soleil.
Petits riens assoiffés de nectar odorant,
Les abeilles butinent, la trompe plongeant
Au coeur blond des fleurs bleues embaumant la garrigue.
Parfois l’une s’en va titiller quelque figue
Pour bientôt revenir dans le troupeau ailé
Qui vrombit tout en choeur telle une armée zélée.
Et ainsi sans arrêt va le vol des abeilles
S’activant du matin jusqu’au coucher vermeil.
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Sur son cahier bleu Ambre a dessiné
Un soleil ringard fleuri de rayons ;
Puis soudain lassée elle l’a laissé
Pour aller jouer avec son ballon.
Sur la page blanche un trait a germé,
Et puis deux, puis trois, mais toujours plus fous :
Le dessin naïf qui se tranformait
Tendait à chauffer le bois d’acajou
Et son feu allait commencer sa danse
Quand la fée Finette est passée par là.
Sa baguette alors en entrant en transes
A la diablerie a mis un holà :
Le soleil vengeur s’est reconverti
En un tournesol énorme et doré ;
L’enfant revenue n’a jamais compris
Comment son dessin s’était transformé
Mais ce n’était qu’une petite fille :
Elle ne s’est pas posé de questions !
Suçant un bonbon fleurant la vanille,
Elle a donc repris ses occupations …
Il ne faut pas rire avec le soleil
Car c’est un testard imbu de lui-même.
C’est le roi du monde et de ses merveilles
Et l’on doit toujours lui prouver qu’on l’aime.
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Jean-Paul Courchia
www.courchia.com
Il fait si chaud ce soir qu’on va dormir dehors.
Le carrelage est frais, la terrasse éventée
Par le souffle odorant d’une brise d’été
A l’arôme fleuri. Et le soleil qui mord
Enfin anéanti par l’horizon en feu,
L’on sera bien ici sous le ciel étoilé
A entendre bruisser le jardin assoiffé
Sous l’arrosage dru. L’on respire bien mieux
Maintenant que s’endort au creux bleu de la nuit
L’énorme canicule engourdissant juillet.
On va rester ici et ne plus écouter
Que l’eau fraîche qui gicle et le chant des cricris,
Engloutis peu à peu par la douce torpeur
Qui nous repose enfin après tant de chaleur.
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Vincent Van Gogh
Tournoyant dans le ciel, le soleil de juillet
Affûte ses rayons en détruisant toute ombre
Sur la garrigue grise aux plantes asséchées.
Le ciel est indigo, d’un bleu marine et sombre.
Le géant d’or fondu enroulé en spirale
De lumière absolue s’est lancé à l’assaut
De la Provence en feu. Peu à peu il avale
Les ultimes ruisseaux où stagnait un peu d’eau.
C’est un soleil d’été, si férocement gai
Qu’il nous fait oublier qu’ailleurs il peut pleuvoir.
Il dégaine à toute heure, et ses terribles traits
Sont encor acérés dans la touffeur du soir.
Il est comme un guerrier inconscient et cruel
Foudroyant toute vie effleurée par ses ailes.
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Christian Guinet
www.peintre-couleur.com
Le soleil facetté est comme un diamant blanc
Posé sur la montagne, qu’on ne peut regarder
Tant on est ébloui par son halo ardent :
Les yeux soudain blessés se mettent à ciller !
Les sommets ciselés sur le ciel bleu foncé
S’y profilent aigus, angles qu’un peintre fou
Y aurait dessinés en en forçant les traits.
A l’Ouest, tout là-bas, on voit le mont Ventoux
Tant la lumière est pure. Et l’énorme chaleur
A même desséché l’herbe drue des alpages.
On n’a pas l’habitude : une morne torpeur
Depuis une semaine assomme le village
Qui se souvient soudain qu’il est Haut-Provençal :
Climat alpin l’hiver, méridional l’été,
Parfois si agressif qu’il en est anormal
Comme en ce grand mois d’août furieux et déchaîné
Où le soleil explose et argente les crêtes
Découpant le ciel pur de leurs lignes brisées.
La lumière irisée rebondit sur l’arête
De la montagne bleue aux pentes assoiffées.
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Tout est roux alentour car il n’y a pas plu
Depuis des jours, des mois. Et le soleil repu
Aspire goulûment les gouttes de rosée
Qui naissent sur les fleurs s’essayant à germer.
Tout est roux alentour, tout n’est que sécheresse
Craquant et pétillant sur les chênes kermès
Assoiffés et brunis au coeur de la garrigue.
Et chaque plante ici accuse sa fatigue
En ployant sous le poids d’un trop-plein de chaleur.
Il faudrait un peu d’eau, ne serait-ce qu’une heure !
Les buissons sont si secs qu’ils en sont presque rouges,
Et l’air est si brûlant qu’on dirait bien que bouge
L’horizon tremblotant brûlé par la lumière.
Paysage fané de broussaille et de pierre,
La garrigue a trop chaud, elle a soif et se meurt :
Mais la pluie au mois d’août, c’est une vraie gageure !
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Jean-Paul Courchia
http://www.courchia.com
Côte à côte sur la terrasse
Deux chaises longues au soleil.
Plus rien ne va et tout se lasse,
Même l’amour qui s’émerveille
Des souvenirs d’un grand bonheur !
Nous étions bien, main dans la main,
A profiter de la chaleur
D’un fol été sans lendemain.
Allongés au creux des chiliennes,
Les yeux plissés par la lumière,
Nous étions bien. Que s’en revienne
Le temps du rêve et des chimères
Qui mettaient mon coeur en émoi !
Deux chaises longues au soleil,
Inutiles par ce grand froid
Succédant à l’été vermeil !
Tout est fini, c’est inutile
De ressasser cette chanson.
Il nous faudra rentrer en ville
En oubliant que nous étions
Si bien sur ces deux chaises longues,
Main dans la main, les yeux tournés
Vers rien du tout. Sonne le gong
D’une belle histoire ajournée !
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Gérard Isirdi
www.isirdi.com
Tu devrais te lever ! Ce n’est pas raisonnable
De rester au soleil à te faire ainsi frire !
Tu voudrais m’apaiser avec ton doux sourire,
Mais tu n’es pas prudente ! Et ce soleil aimable
Qui t’est si agréable est un vil assassin !
Nous, nous le fuyons tous, et nous avons appris
Qu’il faut s’en méfier quand nous étions petits.
Mais à quoi bon gronder et pester : c’est en vain !
Car vous les gens du Nord en êtes trop privés ;
Il sait qu’il lui suffit de faire les yeux doux
Pour que ses proches proies, justement, ce soit vous,
Tant ils vous sent tentés, impatients et charmés !
Il aime votre peau tendre et si vulnérable,
Sa finesse rosée toute prête aux lésions.
Et ce grain de beauté ? Oh ! Quelle tentation :
Il va vite y semer une graine de crabe …
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Bien qu’on soit au mois d’août, la ville est vraiment sage.
Les grillons excités mènent un grand tapage
Mais ils sont bien les seuls à être survoltés :
La fournaise est énorme et l’on est assommé !
Le soleil s’est enfui depuis bientôt une heure
Comme s’il avait peur de sa propre chaleur.
On en est hébétés : il fait si chaud ce soir
Que l’air sec et brûlant est comme un étouffoir
Où personne ne bouge et n’ose remuer
Tant le moindre effort coûte et vous fait transpirer !
Il faudrait se lever, aller chercher à boire,
Quelque chose de frais … Mais c’est toute une histoire
D’oser se déplacer pour trois ou quatre pas :
On est mou, l’on est mal et l’on se sent très las ;
Et l’on a bien trop chaud pour profiter encore
De l’odeur épicée du jardin qui s’endort.
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Le soleil du mois d’août est si fort aujourd’hui
Que la plage est déserte, car il n’est pas un fou
Qui en s’y baladant veuille y risquer sa vie !
Seuls quelques acharnés rôtissent à feu doux
En changeant de côté comme biftecks au grill.
Le ciel blanc qui brasille est prêt à tout brûler,
Aucune précaution ne peut le juguler
Et pas un seul baigneur n’est venu de la ville !
D’habitude les bus déversent des Quartiers
Des hordes de minots se ruant sur la plage
Qui permet d’oublier ce si beau mot : « Voyage »
- Un mot très mystérieux où ils n’ont pas accès.
Mais aujourd’hui personne : on est tout désoeuvré,
Occupé seulement à rechercher de l’ombre.
On sortira plus tard. Et plongeant dans l’eau sombre,
On s’en délectera : elle est fraîche à hurler …
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Théo
http://thlev43@hotmail.com
Craquant sous le soleil si lourd à supporter,
La forêt de pins gris s’est recroquevillée
Sur son immense soif. Et la chaleur immense
Fait grésiller au soir la poussière qui danse.
Il n’a pas plu depuis les feux de la Saint Jean,
Tout est sec ; le maquis impertinent s’étend
Chaque jour un peu plus, dévorant le sous-bois,
Imposant aux grands pins de plus en plus sa loi .
Du thym, du romarin, des argelas piquants
Sont tressés en paillis et en buissons ardents
Qui tout prêts à brûler à la moindre étincelle
Progressent lentement sur le sol isabelle,
Insidieux danger que tout le monde ignore.
Le soleil tout là-haut, tel un grand archer d’or,
Affûte ses rayons, et la forêt de pins
Ignore innocemment ce que sera demain.
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