Archives pour la catégorie “Le début de l’été”

Poème illustré par un tableau de :
Mad
www.mmlcf.canalblog.com
On est le deux juillet. Paul vient de se lever
Un petit peu plus tard : premier jour des vacances !
Il n’a pas bien dormi car les nuits en Provence
Sont chaudes et cliquettent de frôlis légers.
L’esprit un peu brumeux, il va juste essayer
De ne pas allumer la radio tout de suite
Comme il se l’est promis : il vaut mieux qu’il évite
De savoir comment va son monde détraqué !
Replié sur lui-même et lové tout au fond
De ce petit village aux confins du Midi,
Il va tout oublier, ses soucis, ses ennuis :
N’y surtout pas penser, ne plus tourner en rond
En quête d’un bonheur qui n’est pas fait pour lui !
Dehors tout est soleil ; les cigales criquettent
Sans jamais s’arrêter : existences simplettes
Vouées au seul été pour y donner la vie !
On est bien, il fait chaud et les pins sentent bon,
Comme le romarin, le thym et la lavande
Qui ponctuent de bleu les bois secs et la lande…
Le temps n’existe plus au creux de ce vallon.
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Poème illustré par un tableau de :
Marie M.
www.artmariem.com
Le beau temps revenu nous rend vraiment flemmards !
Oh ! Rester allongés le soir jusqu’à pas d’heure
Sur la terrasse chaude : il n’est pas de bonheur
Plus grand, plus accompli ! Et même s’il est tard,
On n’a jamais sommeil, pour mieux se délecter
Des tout nouveaux beaux jours qu’on fête avec entrain.
Et l’on fond de plaisir, parfaitement sereins
Sous le ciel étoilé ! Il faut en profiter !
On est tout détendus, mollement allongés
Avec une boisson juste à portée de main,
La tête abandonnée dans le creux d’un coussin
Et le corps en chiffon, les muscles relâchés.
Qu’on est donc bien ainsi à goûter à l’été,
Cet été qu’on préfère : idéal, encor tiède !
Celui des soirs très doux non loin de la pinède
Quand les grillons gaillards se mettent à chanter.
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On est le douze juin. On a mis dans la cour
Une bassine d’eau tiédie par le soleil.
Pas trop chaud, pas trop froid : c’est une vraie merveille
Que ce temps idéal dont on oublie toujours
Qu’il est le privilèg(e) de ce doux mois d’été…
Assise dans son bain la petite Lison
Se plaît à barboter avec ses canetons.
Piscine en réduction, baignoire pour bébés,
La bassine lui donne tout autant de joie
Qu’un plus vaste bassin de marbre ou de porphyre.
Le soleil y miroite en paillettes saphir
Et la brise y ondule en froissements de soie.
Germain le canard jaune a coulé tout au fond
De l’eau chaude où patauge la petite fille.
Plus de peur que de mal, ce n’est qu’une broutille :
Il est indestructible, il est tout en nylon !
L’enfant gazouille et rit, égayant le jardin
De ses doux crix d’oiseau. Le soleil la caresse,
La baignant de ses rais d’une infinie tendresse.
Flottant sur la cour rôde une odeur de jasmin.
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Juin vient de naître, si parfait
Qu’on voudrait qu’il dure toujours !
Il ne se laisse pas aller,
Surtout ses quinze premiers jours,
A de grands excès regrettables :
Il sait contenir son ardeur.
Pour le moment bien raisonnable,
Il n’est que lumière et bonheur :
Celui des premiers déjeuners
Sans soucis au fond du jardin
Flamboyant de fleurs parfumées ;
De la plage, des premiers bains ;
Celui des jours interminables
Où l’on se gave de soleil ;
Celui des rencontres aimables,
De l’amour qui naît, de l’éveil
De troubles presqu’adolescents…
Un début d’été chattemite,
Sauf quelques pics préoccupants
Qui laissent deviner la suite…
Mais foin des funestes pensées :
La Provence rit et ronronne,
Se dépêchant d’en profiter
Avant de devoir rire jaune !
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Pitchounets qui braillez, je vais donc vous quitter
Tout au long de l’été ! Et vive les vacances
Tout autant pour le prof que pour les marmousets !
Ah ! Pouvoir profiter de ma chère Provence
Sans avoir tout le temps à vous crier dessus !
Ne plus penser à vous pendant ces deux longs mois !
Ne plus devoir parler en élevant la voix !
Je vais enfin pouvoir recharger mes accus…
Petits monstres haïs, adieu jusqu’en septembre !
Finis tous ces cahiers corrigés chaque soir
Avec rage, stupeur et même désespoir !
Vos fautes d’orthographe peuvent bien attendre…
Ce dernier jour d’école est l’un des plus jolis
D’une année où j’essaie d’avoir l’air attentive
A vos petits malheurs. Allez ! Partez ! Et vive
Ces jours bien mérités : mes vacances chéries !
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Poème illustré par un tableau de :
Pierre-Auguste Renoir
(1841-1919)
Au début de l’été l’on se sent invincible
Et l’on ressent au coeur une joie indicible
Qui vient vous titiller dès le petit matin.
La lumière est intense, et puisqu’il est certain
Qu’il va faire très beau pendant au moins trois mois,
On se sent tout à coup une âme d’immortel
Comme si juin naissait pour la première fois.
Ce temps presque parfait devrait être éternel !
Le soleil est encor à peu près supportable ;
Il contient ses rayons et il est raisonnable,
Malgré les jours très longs lumineux dès six heures.
Profitons-en donc bien : c’est un vrai grand bonheur
De déjeuner dehors sous les arbres d’un vert
Encor tendre et goûteux comme la menthe fraîche.
Et puis allongeons-nous baignés par la lumière
A même le sol dur : l’herbe n’est point trop rêche,
Toujours gorgée de l’eau de ce dernier printemps.
Ce temps bleu est exquis, et un souffle de vent
Vous effleure en douceur : la brise provençale
Oubliant qu’elle peut se muer en mistral !
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Poème illustré par un tableau de :
Christian Cacaly
www.http://artquid.fr
Il est vraiment très tôt quand le soleil pénètre
Au coeur de la maison. C’est bon d’être effleuré
Par ses rais déjà chauds qui viennent s’immiscer
Dès le petit matin à travers la fenêtre
Aux volets entr’ouverts. Il faut en profiter :
Les journées sont sans fin, on ne peut plus dormir
Mais l’on en est heureux. Et le soir c’est bien pire
Car il est impossible d’aller se coucher
Tant la lumière est belle. Au couchant le ciel roux
Semble ne plus s’éteindre ; et le grand astre d’or
Encor tranquille et quiet ne s’éteint et s’endort
Qu’aux entours de dix heures. Il fait alors très doux ;
La Provence alanguie peut se laisser aller
Sous les étoiles bleues clignant tout doucement…
Que ces longs jours sont bons : on en a pour longtemps
Puisqu’on n’en est encor qu’au début de l’été !
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Poème illustré par un tableau de :
Christian Jequel
www.christianjequel.fr
Premier juillet : congés ! C’est notre premier jour :
On va dormir très tard, faire des galipettes,
Puis déjeuner au lit au milieu des miettes,
Redormir un chouïa… puis refaire l’amour !
Ensuite on va sortir pour aller au marché,
Un marché provençal bariolé de couleurs…
Mais il fait vraiment chaud, nous irons tout à l’heure !
Je vais faire des toasts que nous pourrons manger
Avec des oeufs mollets et un peu de Banon…
Entends-tu les cigales qui chantent l’été ?
Nos amis provençaux qui sont habitués
Ne les remarquent plus. Mais pourtant que c’est bon
De les savoir ainsi cachées dans le jardin !
C’est la preuve absolue qu’on est bien en vacances
Dans un mazet perdu au coeur de la Provence.
Nous buvons le soleil et nous ne faisons rien
Que bader, et dormir, nous baigner, nous aimer.
Sous son soleil furieux le lumineux Midi
Etincelle pour nous de bonheur et de vie.
C’est notre premier jour et il est enchanté…
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Poème illustré par un tableau de :
V.Brosseau
www.v.brosseau.over-blog.com
L’été est revenu. Avec lui les bestions,
Tous ces petits machins qui foisonnent, qui grouillent,
Pullulant en armées, en nuées, en légions ;
Des insectes ailés ou rampants qui patrouillent
Dans le moindre jardin et la moindre maison !
Ca aime la chaleur, le soleil – comme nous !
Et ça dort en hiver tout au fond d’un bastion
A quatre pieds sous terre. Quand ça sort, c’est tout mou
Comme du vermicelle, avec des yeux partout,
Des antennes velues, des poils et plein de pattes :
Bestioles inouïes dans un monde un peu fou !
La Nature est parfois bien bizarre et m’épate !
Ils nous cassent les pieds lors de nos pique-nique ;
Et pourtant c’est utile… ou du moins on le dit !
Car ces petites vies qui gratouillent, qui piquent,
Minuscules Aliens – sont des bribes de vie.
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Poème illustré par un tableau de :
Sidney Sinclair
www.sidneysinclair.com
Le bord de la fenêtre attire les regards :
Il est si bien fleuri et ses fleurs sont si drues
Qu’il semble illuminer la froideur de la rue ;
Une bien triste rue où l’été naît très tard
Tant son orientation est néfaste au soleil.
Mais le gros pot ventru semble avoir concentré
Tous les chauds rayons d’or du tout nouvel été.
Ce sont des géraniums, énormes et vermeils,
Bien gavés de terreau , mais aussi de tendresse.
Car les fleurs sont ainsi, aimant par-dessus tout
Qu’on en prenne grand soin. Elles sont comme nous !
Celle qui s’en occupe éprouve de l’ivresse
A les idolâtrer, parfois à la folie :
Juste ce qu’il faut d’eau ; élaguer et pincer ;
Mettre un engrais coûteux ; ôter les fleurs fanées
Et exterminer tout fauteur de maladie :
Elle y passe du temps, les fleurs lui retournant
En beauté et parfum les soins qu’elle leur donne ;
Et dans tout le vieil Aix il n’est vraiment personne
Qui ait des géraniums aussi mirobolants !
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Poème illustré par un tableau de :
Elisabeth Fourcade
www.elisabeth-fourcade.net
Pas trop de monde encor ; la plage n’est qu’à nous !
Mais la brise est frisquette et le soleil trop doux ;
Il est vrai que c’est tôt et qu’on n’est qu’au début
D’un mois de juin rétif à saisir qu’on n’est plus
A la male saison ! Mais il nous tarde tant
D’avoir vraiment bien chaud ! Et il devient urgent
De réparer du froid l’irréparable outrage,
Puisqu’il a en sournois effacé ce bronzage
A grand-peine obtenu lors de l’été dernier !
Le ciel un peu voilé et les soirs toujours frais
Ont encor les parfums d’un printemps qui s’attarde.
Nous sommes impatients et vraiment il nous tarde
Que les beaux jours reviennent de l’autre hémisphère :
N’est-ce pas notre tour ? Mais il y a dans l’air
Des signes avérés et qui ne mentent pas :
Les jardins sont fleuris, et le temps pas à pas
Allonge ses journées chaque jour un peu plus.
Les cigales frustrées et qui n’en peuvent plus
Vont s’extraire en douceur de leur tombeau d’hiver,
S’extirpant peu à peu du carcan de la terre
Pour chanter, criqueter, crisser et craqueter
Leur chanson obsédante et qui sent bon l’été.
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On était le vingt juin, au début de l’été.
Avec Aude et Martin on avait décidé
D’aller pique-niquer plage de Samena.
Je sais, c’est interdit : ne le dites donc pas !
L’accès en est ardu. Mais fort heureusement
Nos sacs étaient légers et nous avions vingt ans !
Et nous y étions seuls. Les autres Marseillais
Devaient être au Prado, en foule et entassés !
Des rochers tout en vrac, une plage de sable !
Nous avons déballé, nous sommes mis à table,
Tout heureux d’être seuls face à tant de beauté.
Et seulement pour nous, la Méditerranée !
Le temps nous paraissait très sûr et sans problèmes.
N’était-ce pas l’été , et tout neuf, du jour même ?
Bien sûr le ciel au Sud était taché de roux,
Mais nous n’y songions pas, inconscients, un peu fous…
C’est arrivé d’un coup et sans aucun présage :
Un vent soudain furieux ! Un gigantesque orage
Se déversant en trombe au-dessus de nos têtes !
Et le sauve-qui-peut, la poudre d’escampette
Devant des flots hurlants, déchaînés, en troupeau !
Nous avons dû filer pour sauver notre peau :
Le temps d’escalader – Oh ! nos pauvres mollets…
De glisser, déraper, et nous étions trempés,
Sans sac, sans clés, sans sous, et pratiquement nus :
Arrivés tout en haut, nous avions tout perdu !
Nous avons dû rentrer en stop et en maillot
Sous une pluie battante et le coeur vraiment gros…
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Ouf ! Elle en a fini et va pouvoir sourire !
Nathalie va quitter cette classe indomptable,
Ces petits monstres froids qui l’ont tant fait souffrir !
Ne plus jamais revoir tous ces maudits cartables,
Ces petits durs cruels et leur fausse frimousse…
N’y surtout plus penser ! Oublier cette année
De tension continue, parfois même de frousse,
Et admettre à la fin qu’elle s’était trompée !
Car elle n’avait pas la poigne nécessaire
Pour ce fichu métier. Bien trop d’inexpérience :
Finie son empathie face à tant de misère !
En cours, c’était le ouaill(e)*, tout n’y était qu’outrance !
Ils ont bien profité de son excès d’amour ;
En lâchant trop la bride, elle a perdu la main.
Enfin ! Bon… Son supplice est fini pour toujours.
Elle va tout lâcher… Mais que faire demain ?
*Le ouaille : à Marseille, la pagaille (pour rester poli…)
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Les premières chaleurs sont le temps de l’amour…
Oh ! Ma chère et très jeune amie du mois de mai,
T’en souviens-tu encor ? En ce début d’été,
Nous nous étions promis de nous aimer toujours !
Tu portais une robe de frais coton bleu…
Rose… ou jaune… ou … Qu’importe ! Une couleur passée
Comme nos amours mortes dès que commencées.
Oui ! Une robe bleue : la couleur de tes yeux !
Ta robe était fripée comme le sont les miens
Aux paupières plissées de vieux fauve lubrique ;
Et toi, trop jolie fleur aux gestes impudiques,
Tu as bien profité de ma faiblesse. Eh bien !
J’étais trop vieux pour toi. Et cet été tout frais
M’a trompé car j’ai cru que je pourrais te plaire.
Le jour qui allongeait, le soleil, sa lumière
T’ont montré trop crûment du temps tous les méfaits.
Mais j’avais, il est vrai, le double de ton âge ;
Et je ne pensais pas pouvoir un jour souffrir
En évoquant ta grâce, et ta bouche, et ton rire…
Pour les gens comme moi, l’amour est un mirage !
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Poème illustré par un tableau de :
Gustave Klimt
(1862-1918)
Il redevient fort « in » ! Partout dans le Midi,
Des femmes très branchées l’ont de nouveau sorti
Des antiques tiroirs de très vieilles commodes
Où il gisait tout gris, n’étant plus à la mode.
C’est un souffle aérien et un faiseur de vent ;
Un joyeux décoiffeur léger et insolent
Posé au bout des doigts l’agitant en douceur
Pour effacer des joues tout excès de rougeur.
C’est un courant d’air frais ventilant les museaux
De moultes mannequins. Faits de plumes d’oiseaux,
De papier, de soie fine ou d’un zeste d’été,
Il palpite et s’agite en mouvements légers ;
Et quand de fines gouttes de transpiration
Perlent au bout du nez de Jeanne ou Marion,
Elles ont sous la main mieux qu’un climatiseur :
Une bribe de vent qui les oint de fraîcheur !
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