Archives pour la catégorie “Le début de l’été”

Poème illustré par un tableau de :

Pierre-Auguste Renoir
(1841-1919)

Au début de l’été l’on se sent invincible
Et l’on ressent au coeur une joie indicible
Qui vient vous titiller dès le petit matin.
La lumière est intense, et puisqu’il est certain

Qu’il va faire très beau pendant au moins trois mois,
On se sent tout à coup une âme d’immortel
Comme si juin naissait pour la première fois.
Ce temps presque parfait devrait être éternel !

Le soleil est encor à peu près supportable ;
Il contient ses rayons et il est raisonnable,
Malgré les jours très longs lumineux dès six heures.
Profitons-en donc bien : c’est un vrai grand bonheur

De déjeuner dehors sous les arbres d’un vert
Encor tendre et goûteux comme la menthe fraîche.
Et puis allongeons-nous baignés par la lumière
A même le sol dur : l’herbe n’est point trop rêche,

Toujours gorgée de l’eau de ce dernier printemps.
Ce temps bleu est exquis, et un souffle de vent
Vous effleure en douceur : la brise provençale
Oubliant qu’elle peut se muer en mistral !

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Poème illustré par un tableau de :

Christian Cacaly
www.http://artquid.fr

Il est vraiment très tôt quand le soleil pénètre
Au coeur de la maison. C’est bon d’être effleuré
Par ses rais déjà chauds qui viennent s’immiscer
Dès le petit matin à travers la fenêtre

Aux volets entr’ouverts. Il faut en profiter :
Les journées sont sans fin, on ne peut plus dormir
Mais l’on en est heureux. Et le soir c’est bien pire
Car il est impossible d’aller se coucher

Tant la lumière est belle. Au couchant le ciel roux
Semble ne plus s’éteindre ; et le grand astre d’or
Encor tranquille et quiet ne s’éteint et s’endort
Qu’aux entours de dix heures. Il fait alors très doux ;

La Provence alanguie peut se laisser aller
Sous les étoiles bleues clignant tout doucement…
Que ces longs jours sont bons : on en a pour longtemps
Puisqu’on n’en est encor qu’au début de l’été !

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Poème illustré par un tableau de :

Christian Jequel
www.christianjequel.fr

Premier juillet : congés ! C’est notre premier jour :
On va dormir très tard, faire des galipettes,
Puis déjeuner au lit au milieu des miettes,
Redormir un chouïa… puis refaire l’amour !

Ensuite on va sortir pour aller au marché,
Un marché provençal bariolé de couleurs…
Mais il fait vraiment chaud, nous irons tout à l’heure !
Je vais faire des toasts que nous pourrons manger

Avec des oeufs mollets et un peu de Banon…
Entends-tu les cigales qui chantent l’été ?
Nos amis provençaux qui sont habitués
Ne les remarquent plus. Mais pourtant que c’est bon

De les savoir ainsi cachées dans le jardin !
C’est la preuve absolue qu’on est bien en vacances
Dans un mazet perdu au coeur de la Provence.
Nous buvons le soleil et nous ne faisons rien

Que bader, et dormir, nous baigner, nous aimer.
Sous son soleil furieux le lumineux Midi
Etincelle pour nous de bonheur et de vie.
C’est notre premier jour et il est enchanté…

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Poème illustré par un tableau de :

V.Brosseau
www.v.brosseau.over-blog.com

L’été est revenu. Avec lui les bestions,
Tous ces petits machins qui foisonnent, qui grouillent,
Pullulant en armées, en nuées, en légions ;
Des insectes ailés ou rampants qui patrouillent

Dans le moindre jardin et la moindre maison !
Ca aime la chaleur, le soleil – comme nous !
Et ça dort en hiver tout au fond d’un bastion
A quatre pieds sous terre. Quand ça sort, c’est tout mou

Comme du vermicelle, avec des yeux partout,
Des antennes velues, des poils et plein de pattes :
Bestioles inouïes dans un monde un peu fou !
La Nature est parfois bien bizarre et m’épate !

 Ils nous cassent les pieds lors de nos pique-nique ;
Et pourtant c’est utile… ou du moins on le dit !
Car ces petites vies qui gratouillent, qui piquent,
Minuscules Aliens – sont des bribes de vie.

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Poème illustré par un tableau de :

Sidney Sinclair
www.sidneysinclair.com

Le bord de la fenêtre attire les regards :
Il est si bien fleuri et ses fleurs sont si drues
Qu’il semble illuminer la froideur de la rue ;
Une bien triste rue où l’été naît très tard

Tant son orientation est néfaste au soleil.
Mais le gros pot ventru semble avoir concentré
Tous les chauds rayons d’or du tout nouvel été.
Ce sont des géraniums, énormes et vermeils,

Bien gavés de terreau , mais aussi de tendresse.
Car les fleurs sont ainsi, aimant par-dessus tout
Qu’on en prenne grand soin. Elles sont comme nous !
Celle qui s’en occupe éprouve de l’ivresse

A les idolâtrer, parfois à la folie :
Juste ce qu’il faut d’eau ; élaguer et pincer ;
Mettre un engrais coûteux ; ôter les fleurs fanées
Et exterminer tout fauteur de maladie :

Elle y passe du temps, les fleurs lui retournant
En beauté et parfum les soins qu’elle leur donne ;
Et dans tout le vieil Aix il n’est vraiment personne
Qui ait des géraniums aussi mirobolants !

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Poème illustré par un tableau de :
Elisabeth Fourcade
www.elisabeth-fourcade.net

Pas trop de monde encor ; la plage n’est qu’à nous !
Mais la brise est frisquette et le soleil trop doux ;
Il est vrai que c’est tôt et qu’on n’est qu’au début
D’un mois de juin rétif à saisir qu’on n’est plus

A la male saison ! Mais il nous tarde tant
D’avoir vraiment bien chaud ! Et il devient urgent
De réparer du froid l’irréparable outrage,
Puisqu’il a en sournois effacé ce bronzage

A grand-peine obtenu lors de l’été dernier !
Le ciel un peu voilé et les soirs toujours frais
Ont encor les parfums d’un printemps qui s’attarde.
Nous sommes impatients et vraiment il nous tarde

Que les beaux jours reviennent de l’autre hémisphère :
N’est-ce pas notre tour ? Mais il y a dans l’air
Des signes avérés et qui ne mentent pas :
Les jardins sont fleuris, et le temps pas à pas

Allonge ses journées chaque jour un peu plus.
Les cigales frustrées et qui n’en peuvent plus
Vont s’extraire en douceur de leur tombeau d’hiver,
S’extirpant peu à peu du carcan de la terre

Pour chanter, criqueter, crisser et craqueter
Leur chanson obsédante et qui sent bon l’été.

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On était le vingt juin, au début de l’été.
Avec Aude et Martin on avait décidé
D’aller pique-niquer plage de Samena.
Je sais, c’est interdit : ne le dites donc pas !

L’accès en est ardu. Mais fort heureusement
Nos sacs étaient légers et nous avions vingt ans !
Et nous y étions seuls. Les autres Marseillais
Devaient être au Prado,  en foule et entassés !

Des rochers tout en vrac, une plage de sable !
Nous avons déballé, nous sommes mis à table,
Tout heureux d’être seuls face à tant de beauté.
Et seulement pour nous, la Méditerranée !

Le temps nous paraissait très sûr et sans problèmes.
N’était-ce pas l’été , et tout neuf, du jour même ?
Bien sûr le ciel au Sud était taché de roux,
Mais nous n’y songions pas, inconscients, un peu fous…

C’est arrivé d’un coup et sans aucun présage :
Un vent soudain furieux ! Un gigantesque orage
Se déversant en trombe au-dessus de nos têtes !
Et le sauve-qui-peut, la poudre d’escampette

Devant des flots hurlants, déchaînés, en troupeau !
Nous avons dû filer pour sauver notre peau :
Le temps d’escalader – Oh ! nos pauvres mollets…
De glisser, déraper, et nous étions trempés,

Sans sac, sans clés, sans sous, et pratiquement nus :
Arrivés tout en haut, nous avions tout perdu !
Nous avons dû rentrer en stop et en maillot
Sous une pluie battante et le coeur vraiment gros…

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Ouf ! Elle en a fini et va pouvoir sourire !
Nathalie va quitter cette classe indomptable,
Ces petits monstres froids qui l’ont tant fait souffrir !
Ne plus jamais revoir tous ces maudits cartables,

Ces petits durs cruels et leur fausse frimousse…
N’y surtout plus penser ! Oublier cette année
De tension continue, parfois même de frousse,
Et admettre à la fin qu’elle s’était trompée !

Car elle n’avait pas la poigne nécessaire
Pour ce fichu métier. Bien trop d’inexpérience :
Finie son empathie face à tant de misère !
En cours, c’était le ouaill(e)*, tout n’y était qu’outrance !

Ils ont bien profité de son excès d’amour ;
En lâchant trop la bride, elle a perdu la main.
Enfin ! Bon… Son supplice est fini pour toujours.
Elle va tout lâcher… Mais que faire demain ?

*Le ouaille : à Marseille, la pagaille (pour rester poli…)

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Les premières chaleurs sont le temps de l’amour…
Oh ! Ma chère et très jeune amie du mois de mai,
T’en souviens-tu encor ? En ce début d’été,
Nous nous étions promis de nous aimer toujours !

Tu portais une robe de frais coton bleu…
Rose… ou jaune… ou … Qu’importe ! Une couleur passée
Comme nos amours mortes dès que commencées.
Oui ! Une robe bleue : la couleur de tes yeux !

Ta robe était fripée comme le sont les miens
Aux paupières plissées de vieux fauve lubrique ;
Et toi, trop jolie fleur aux gestes impudiques,
Tu as bien profité de ma faiblesse. Eh bien !

J’étais trop vieux pour toi. Et cet été tout frais
M’a trompé car j’ai cru que je pourrais te plaire.
Le jour qui allongeait, le soleil, sa lumière
T’ont montré trop crûment du temps tous les méfaits.

Mais j’avais, il est vrai, le double de ton âge ;
Et je ne pensais pas pouvoir un jour souffrir
En évoquant ta grâce, et ta bouche, et ton rire…
Pour les gens comme moi, l’amour est un mirage !

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Poème illustré par un tableau de :

Gustave Klimt
(1862-1918)

Il redevient fort « in » ! Partout dans le Midi,
Des femmes très branchées l’ont de nouveau sorti
Des antiques tiroirs de très vieilles commodes
Où il gisait tout gris, n’étant plus à la mode.

C’est un souffle aérien et un faiseur de vent ;
Un joyeux décoiffeur léger et insolent
Posé au bout des doigts l’agitant en douceur
Pour effacer des joues tout excès de rougeur.

C’est un courant d’air frais ventilant les museaux
De moultes mannequins. Faits de plumes d’oiseaux,
De papier, de soie fine ou d’un zeste d’été,
Il palpite et s’agite en mouvements légers ;

Et quand de fines gouttes de transpiration
Perlent au bout du nez de Jeanne ou Marion,
Elles ont sous la main mieux qu’un climatiseur :
Une bribe de vent qui les oint de fraîcheur !

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Poème illustré par un tableau de :

Jean Potvin
www.jeanpotvin.com

Le vent n’en revient pas : c’est sa fête aujourd’hui !
Ces Marseillais sont fous ! Pourtant il les ennuie
Plus souvent qu’à son tour quand il souffle en tempête !
Ma foi ! Tant pis pour eux, et il serait bien bête

De ne pas apprécier tout l’honneur qu’ils lui font
Avec ces cerfs-volants – Fanfares et flonflons !
Certains sont étonnants et d’autres magnifiques ;
On compte donc sur lui et il faut qu’il s’applique

Pour emporter tout ça jusqu’en haut des nuages.
Il va privilégier un pitchounet bien sage
Qui tient un bel engin de ses deux mains serrées
En n’ayant qu’une peur : le laisser s’échapper

Si le vent est trop fort ! Le mistral a pitié,
Il retient donc son souffle et se fait tout léger,
S’orientant comme il faut pour aider le petit…
Etonné par l’enfant tout le monde applaudit ;

Pour la première fois le vent se sent aimé.
Il se gonfle de joie et fait tourbillonner
Au dessus du Prado l’image du bonheur :
Le joli cerf-volant est en forme de coeur.

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Poème inspiré par un tableau de :

Xavier Alzuria
www.didier-leveille.zevillage.org

C’est un enfant tout blond qui écope la mer :
A un petit garçon il n’est rien d’impossible !
Il est très sûr de lui et se croit infaillible,
Malgré les moqueries cruelles de son frère !

Pour jeter l’eau du seau, il a creusé un trou
Avalant goulûment la mer vague après vague.
Et même si sa soeur affirme qu’il divague,
Il n’en veut pas démordre et sait qu’il n’est pas fou

Car c’est ce qu’il a fait un jour à la Toussaint
Pas bien loin du Touquet. Il a tant travaillé
Qu’on ne voyait plus l’eau ! La mer était vidée :
Il avait réussi, il l’a su au matin.

Cet été, c’est à Cann(e)s qu’il s’est mis à creuser
A longueur de journée, et encore, et encore…
Mais il existe un fait que le pitchoun ignore :
En Méditerranée il n’y a pas de marée…

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Poème illustré par un tableau de :

Jean-Marc Janiaczyk
http://pagesperso-orange.fr/jean-marc.janiaczyk

Je n’aime rien autant que cet instant sublime
Où le soleil se pose au loin sur l’horizon
A l’Ouest, tout là-bas, du côté de Salon.
La ligne des côteaux rougeoie et s’illumine

Et le ciel qui rosit tremblote sur les toits :
Un soir d’été semblable à d’autres soirs d’été,
Ces soirs de début juin où l’air est presque frais,
Avec des bataillons de bestions qui tournoient

Autour des lampes nues à la lumière bleue.
J’aime ce crépuscule où le jour s’assagit,
Oubliant son éclat trop vif ; où s’assoupit
Le jardin qui vibrait des rires et des jeux

Des enfants tôt couchés qui font enfin silence.
Tout est calme alentour ; la lumière est très belle,
Comme toute beauté qui n’est pas immortelle.
Un fugace moment de joie vraiment intense !

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Poème illustré par un tableau de :

Peter Ellen Shaw
www.pussycatdreams.centerblog.net

Premier soir au jardin, où nous allons dîner,
Discuter, traînailler, rester jusqu’à pas d’heure !
De tout petits moments imprégnés du bonheur
D’enfin nous retrouver aux premiers jours d’été !

La fraîcheur est exquise, effaçant en douceur
Les excès du soleil revenu en fanfare.
Même s’il est dément de nous coucher si tard
Alors que nous devons nous lever à sept heures,

Tant pis ! Nous bâillerons, essayant de tenir
Malgré notre fatigue et nos corps fatigués !
Il fait si bon ce soir, autant en profiter ;
Nous aurons bien assez de la mort pour dormir !

Le couchant vers Salon est rouge vermillon,
Avec des stries d’argent issues de la lumière
Qui s’éteint doucement. Une brise légère
Voltige autour de nous et le jardin sent bon.

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C’est à Venasque*au mois de mai
Qu’a lieu la fête des cerises ;
Car le Vaucluse est un verger
Où les jolies sphères exquises

Ponctuent de sang les arbres verts.
C’est « La Fête du diamant rouge »,
Ce petit globe où la lumière
Etincelle, chatoie et bouge

Sous le soleil qui le polit.
Venasque écarlate rutile
Par la vertu de tous ces fruits
Qui tachent de pourpre la ville.

Ils sont plus de cent à vanter
Leur chair sucrée, leur goût craquant ;
Et les rues tout ensoleillées
Bruissent du chant de leur accent

*Poème dédié à la ville de Venasque

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