Archives de catégorie : Zooland

Le printemps en mer

Le mistral aujourd’hui a-t-il perdu son souffle ?
Il n’est plus qu’un zéphir sur les flots dodinant
Sous l’azur bleu cobalt. Mais là-bas le Ponant
Est encor un peu gris sous le ciel que boursouflent

Des nuages légers tout comme des ombrelles.
La Méditerranée froufroute doucement
Jusqu’à l’horizon bleu qui ondoie lentement,
Aussi calme qu’un lac aspergé par la grêle

Des rayons printaniers qui pleuvent sur ses vagues.
A l’Est, Marseille est roux et toujours endormi
Comme un gros animal qu’on a enfin soumis,
Bien qu’encor agité de rêves qui divaguent.

Au large du Frioul ont jailli des courbettes
Toutes synchronisées : les ricochets mouillés
D’un groupe de dauphins. Sont-ils émoustillés
Par l’appel du printemps comme les autres bêtes 

Ou vraiment étrangers aux phases saisonnières ?
Sous leurs corps fuselés, l’eau est violet foncé.
Ils stridulent encor, avant de s’enfoncer
Dans l’abîme béant où même la lumière

Ne peut plus pénétrer. Là-haut, à la surface,
La mer chauffe ses flots à grands coups de soleil.
Un tout jeune gabian péniblement s’essaye
A monter vers l’azur, exempt de cette grâce

Inhérente aux oiseaux et à ses congénères.
Tirant vers les nuées ses ailes de velours,
Volant toujours plus haut, il est désormais lourd
D’un défi insensé : atteindre la lumière 

Du soleil qui renaît pour la saison nouvelle
Et gicle du ciel pur en millions d’étincelles.

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Sur le grand plateau roux…

Sur le grand plateau roux autour de Valensole
Le vent fait onduler les blés comme un dément.
Le soleil qui tournoie scintille éperdument
Sur le plumage noir des corbeaux qui s’envolent

Alors que gronde au loin la rumeur d’un orage.
Le ciel est étouffant, les nues sont indigo,
Se délestant parfois de rares gouttes d’eau.
Il y a vers Gréoux un monceau de nuages

Zébrés de temps en temps par des serpentins jaunes.
Sur le village gris, tout près, tinte le glas :
Un villageois est mort, une âme qui s’en va
Faire un dernier voyage ; et la cloche qui sonne

Sanglote en même temps que les nuages crèvent.
L’homme était peu aimé. Et pour l’accompagner
Des gens bien peu nombreux, tous en train de grogner
Contre l’agitation de l’été qui s’achève.

L’orage a éclaté ; dans le vieux cimetière
Où l’eau s’est abattue tout le monde s’enfuit.
Les oiseaux se sont tus. Tout à coup c’est la nuit
En plein après-midi. Un zeste de lumière

S’accroche encor un peu à la nouvelle tombe
Boueuse et délaissée dans l’énorme fracas
Des éclairs aveuglants. Puis il marque le pas…
Sur le trou mal comblé, lentement, la pluie tombe.

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Les deux loups

Dans les rues ouatées du village endormi
Sont passées ce matin deux ombres silencieuses :
C’étaient deux grands loups noirs à l’allure orgueilleuse,
Ces loups dont tout berger est le pire ennemi.

Le premier était vieux, traînant un peu la patte.
Le second le suivait comme l’on suit le chef,
Juste un peu en retrait. Eloignés de leur fief
Là-haut dans la montagne, de vrais aristocrates

A l’air très assuré et forts de leur bon droit !
Ils traversaient Le Sauze, absolument tranquilles
Dans la rue assoupie de la petite ville.
Ils n’y redoutaient rien, ils en étaient les rois.

La lune est apparue, bien claire et toute ronde…
Alors les deux grands loups se sont soudain dressés
Sur les pattes arrière et se sont transformés
En chevaliers d’antan, projetés hors d’un monde

Evanoui depuis un peu plus plus de mille ans.
Ils étaient tout armés, portaient une cuirasse
Tout empéguée de sang. Derrière eux nulle trace
Car ils étaient sans poids… Puis la lune en roulant

S’est enfuie dans le ciel. Tout aussitôt les hommes
Sont redevenus loups, soudain ré-enchantés.
Ils sont donc repartis, esprits noirs et hantés,
Espérant bien un jour redevenir comme

Ils étaient autrefois avant d’être maudits
Pour avoir trop tué, courant de guerre en guerre.
Une bonne leçon ? Oui, mais c’était naguère,
Quand la mort était laide et le crime interdit*

De nos jours, ce n’est pas le cas, n’est-ce pas ? Hum !

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Sonnet pour le printemps

Du vert commence à poindre au bout des branches grises.
D’imperceptibles points, mais que l’on voit pourtant
En clignant bien des yeux ! L’on dirait que le temps
Est un peu moins maussade, et même que la brise

Sent fort bon depuis peu. Un roitelet que grise
La douceur du matin annonçant le printemps
Sifflote un petit air. Car c’est en tuituitant
Que les petits oiseaux séduisent leur promise !

Ce refrain ne serait-il pas une promesse
Impossible à tenir ? Comme cette grand’messe
Du printemps en avance et goûté bien trop tôt,

Serait-ce point trop beau ? Le petit oiseau chante
A sa belle endormie que va naître bientôt
La saison de l’amour dont chaque être s’enchante…

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Impatiente

Perçois-tu, comme moi, un cliquetis rythmé ?
Serait-ce un faux espoir? Entend-on les cigales ?
Mais c’est une illusion : les bruyantes cymbales
Des mâles déchaînés ne se mettraient jamais

A cliquer aussi tôt ! Je suis trop impatiente.
Et pourtant… Et pourtant… L’on dirait bien, pourtant,
Même si c’est inouï… L’incroyable beau temps
De cette fin de mai, ces journées si clémentes

Pourraient justifier qu’elles soient déjà là !
A cette simple idée, l’on a le cœur en fête :
Enfin ressuscitées et déjà en goguette…
Oh, nous les aurions donc pour plus de quatre mois ?

La Provence n’est rien sans ses menues prêtresses !
Encore un crissement… et puis deux… et puis trois !
Dame Nature est-elle en un si grand arroi
Qu’elle emmêle les mois? Pourtant rien ne la presse,

Elle a encor du temps pour les faire jaillir
De leur nid enfoui tout au fond de la terre !
Encore un criquement… C’est vraiment un mystère !
Mais notre ouïe ne peut à ce point nous mentir :

C’est bien vous, mes amies, qui crissez à tue-tête !
Rien ne peut arrêter votre joyeux tchi-tchi ;
Et oubliant déjà le squelette blanchi
Qui vous emprisonnait avant cette grand’fête

Des beaux jours revenus où vous vous éclatez,
Vous attendez l’amour. Criquez donc, les cigales !
Chantez passionnément votre immense fringale
D’encenser le soleil avant le plein été !

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Mon ami papillon

Amour d’une minute, instant inoubliable…
Un phénomène ailé s’en est venu tout seul
Se poser sur mon doigt. Semblable à un glaïeul,
Une fleur qui volait, une fleur admirable

Dont la vie frémissait au contact de la mienne :
Un papillon géant issu d’une forêt
De l’autre bout du monde. Ou alors d’un Après
Appelé Paradis ? Couleur de l’obsidienne,

Il était bien fermé. Quand il ouvrit ses ailes,
Elles devinrent bleues, d’un bleu incandescent
Qui m’était inconnu. Un bleu rafraîchissant
Pour de vieux yeux blasés, bien plus bleu que le ciel

Pourtant bleu de chez nous quand il fait de l’esbroufe !
Au bout de mon index, je sentais palpiter
L’insecte si léger. Moment d’éternité
Qui fait battre le cœur très fort et qui l’étouffe

D’une énorme émotion ! Le contact de deux vies
Qui n’auraient jamais dû, jamais, se rencontrer ;
Un instant incroyable et qui m’a fait vibrer…
J’ai alors ressenti la chimérique envie

Que ce moment béni plus jamais ne s’arrête.
Mais les deux ailes bleues ne pouvaient point cesser
De battre trop longtemps. Et l’insecte lassé
S’est enfin envolé vers une autre amourette…

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Eclosion

Poème illustré par un tableau de :
Daniel Sannier

Les cigales sont presque mûres
Au pied des pins, dont la ramure
Va bientôt crisser de leur chant.
Elles s’en vont surgir des champs

Et des sous-bois, de cette terre
Tout emplie du vaste mystère
De la vie qui renaît toujours
Dès que reviennent les beaux jours.

Juste encor un peu de lumière
Fusant même au travers des pierres
Et du roc d’un âpre Midi
Pour qu’elles sortent de leur nid !

Elles vont déplisser leurs ailes
Toutes fripées, mais en rebelles
Ne s’en serviront pas beaucoup,
Juste pour un petit coucou

A l’Autre qui attend là-bas
Pour de trop rapides ébats.
Mais elles ont encore à faire
Au fin-fond de leur noir repaire :

Se gonfler d’un chant lumineux
Pour en emplir notre ciel bleu !
Car sans elles notre Provence
Serait privé de la jouvence

Et des agréments de l’été
Qui avec elles va, forte*,
Vibrer de cette âpre chaleur
Qui en est l’essence et le cœur.

*Prononcer : Forté !

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L’oiseau-majuscule

Un oiseau s’est posé là-haut sur la Chalanche.
Il a fait tant d’efforts qu’il se sent tout recru
D’une énorme fatigue. Il n’aurait jamais cru
Y parvenir un jour ! Mais dans l’aurore blanche

Il se sent sublimé, comme le roi d’un monde ;
Un monde désolé, un univers de pierre
Mais d’où, auréolé d’un halo de lumière,
Il peut tout dominer à des lieues à la ronde.

En bas, tout est petit, incertain, minuscule
Comme lui ce matin, quand il n’était qu’un rien,
Rien qu’un souffle emplumé, un minus aérien.
Il se sent désormais un oiseau-majuscule

Perché sur un piton. Tout enflé de gloriole,
Il surplombe le monde en s’en croyant le roi…
Pauvre petit oiseau ! Quel serait son effroi
S’il savait qu’il n’est rien qu’une pauvre bestiole

Qu’un aigle vient de voir du côté de l’adret :
Une bouchée dodue ! Sauve-toi, tout-petit ;
Soustrais-toi sur le champ au sauvage appétit
De l’énorme rapace aux griffes acérées !

Regarde vers le ciel, lève un plus peu la tête.
Tu peux avoir le temps de vite t’envoler
Vers ce creux, là, tout près, pour y dégringoler ;
Ne point être avalé par la funeste bête…

Je n’en dirai pas plus : selon votre nature
– Un pessimisme noir, un optimisme né –
Vous pouvez le sauver ou bien le condamner !
Imaginez tout seul la fin de l’aventure…

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Le dôme bleu

Le ciel est comme un dôme, un dôme bleu qui pèse
Lourdement sur Marseille étouffé par l’été ;
Un ciel que les gabians, de leur vol ouaté,
Strient à grands coups d’aile. Un gros soleil obèse

Darde ses longs rayons sur le port accablé.
L’on a chaud, bien trop chaud. Des filles presque nues
Attendent patiemment la fraîcheur bienvenue
Qui devrait apaiser leur teint caramélé

En fin d’après-midi. Allongées sur la plage
Tout comme des statues, elles dorent en choeur
Sans souci pour leur peau. Et le soleil vainqueur,
Fignolant en sournois leur pernicieux bronzage,

Y sème patiemment des graines de cancer.
Mais juillet est brûlant ; et tout au bord de l’eau
Nul ne pourrait sentir à quel point il fait chaud.
Seul paraît bien vivant l’immuable concert

Des cigales crissant dans la cité éteinte.
Le ciel est comme un dôme, et son bleu outremer
Pèse massivement sur la Terre et la Mer
Imbriquées l’une en l’autre en une immense étreinte…

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Langueur d’automne

Dodelinant tout doux, tout doux la balancelle
Tangue dans le jardin – jardin brun, jardin gris
Qu’une prime fraîcheur a brusquement surpris.
Un friselis de vent… Des feuilles s’amoncellent

Sur l’allée de gravier qu’on ne ratisse plus.
La balancelle va, s’en vient, revient encore,
Inlassablement mue par le vent. Et l’aurore
Nimbe d’un halo blanc le Cupidon joufflu

Qui s’ennuie dans un coin. Une feuille d’érable
S’est posée sur sa tête en lui cachant un œil :
Manque de courtoisie ! Plus loin, un écureuil
Se sachant à l’abri grignote sur la table

Les miettes moisies d’un très ancien repas.
L’été est terminé. Il n’y a plus personne.
Dans le jardin qui meurt, le silence résonne,
Et septembre en douceur transforme pas à pas

Sa quiétude tranquille en tristesse infinie.
La balancelle va, vient encor, et revient…
Posé sur la terrasse, un vase péruvien
Assourdit ses couleurs. La fête est bien finie…

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Le vent d’hiver est fou…

Le vent d’hiver est fou, qui hurle à perdre haleine,
Qui s’échine à briser les grands arbres penchés.
Le vent d’hiver est fou, qui depuis deux semaines
Fait suffoquer le Sud à souffle déployé.

Le vent d’hiver est fou, qui casse les antennes,
Qui arrache le linge étendu à sécher.
Le vent d’hiver est fou, qui rudoie et malmène
Les portes des maisons de ses coups de bélier.

Les faisant tressauter tout comme les mouettes
Dodelinant sur l’eau mousseuse qu’il fouette,
Il secoue les pointus* amarrés au Vieux Port,

Les ballant en cadence. Et les petits bateaux,
Qu’on dirait remontés sur de joyeux ressorts,
Dansent tels des canards se dandinant sur l’eau.

*Petit bateau caractéristique de Marseille

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Redoux

Entends-tu sous le toit la charpente qui craque ?
Le chalet comme un chat qui s’étire au réveil
Fait grincer sa carcasse au tout premier soleil,
Etirant ses cloisons de très vieille baraque,

Bâtie tout de guingois, dans la prime chaleur.
Du fond de la vallée une brume irisée
S’élève lentement, et la ligne brisée
De la montagne bleue se moire de couleurs.

Entends-tu ce roucou dans le fond du jardin ?
C’est la première fois qu’un chant de tourterelle
Annonce le printemps. Pour trouver une belle
Ou fêter le beau temps qui s’immisce soudain

Au cœur de la montagne après un rude hiver ?
La neige fond tout doux. De l’eau glacée ruisselle
Sur la façade en bois que de gaies étincelles
Eclaboussent de roux. Quelques touches de vert

Commencent à pointer au creux des jardinières,
Et des colchiques bleus pointillent les versants
Où le premier soleil s’éclate en déversant
A clarté que veux-tu de longs rais de lumière.

La montagne revit. Un oiseau cabriole
Tout en haut d’un mélèze encor un peu pouilleux
Sans son feuillage vert. Un zéphyr délicieux
Fait onduler l’Ubaye au souffle de sa viole.

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Un drôle d’animal*

Au zoo de La Barben est arrivé hier
Un animal bizarre à la bouille marrante :
Un nez en caoutchouc, de gros yeux amarante,
Tout au moins roux foncé dans le soleil d’hiver ;

Et trois griffes aiguës au bout de chaque patte,
Ressemblant tout à fait aux serres d’un oiseau.
Très vite devenu la vedette du Zoo,
Ce drôle d’animal depuis lors nous épate

Par sa lenteur extrême et son flegme étonnant.
Toujours la tête en bas, il pendouille d’un arbre,
Tellement pétrifié qu’on le dirait de marbre,
Mais du marbre en peluche. Un bestiau détonnant

Parmi ses compagnons beaucoup plus vraisemblables.
Son pelage est verdâtre – ainsi le voit-on moins
Dans sa forêt d’ailleurs ! Il va au petit coin
Tous les sept ou huit jours. C’est inimaginable,

Mais faut voir ce qu’il mange : un amas filandreux
De feuilles en béton ! Enfin… tout aussi dures !
« Paresseux » est son nom. Pendu à sa ramure,
Son inactivité semble le rendre heureux…

L’on devrait le copier et rester immobile.
Non pas la tête en bas,  mais au creux de son lit.
Se détacher de tout. Aller jusqu’à l’oubli
Total et délicieux au cœur de la grand’ville.

Faire le paresseux et ne penser à rien.
Ne plus bouger du tout, captif de sa paresse.
Ne plus rien ressentir, ni plaisir, ni tristesse.
Être seul, apathique, égoïste. Etre bien…*

*Appelé aussi : un « aï « 

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Les oiseaux de saison

Poème illustré par un tableau de :
Virginie Trabaud

C’est un oiseau d’hiver aux tristes plumes grises,
Un pauvre freluquet qu’ébouriffe la bise
Soufflant du Nord givré par le froid et le gel ;
Petit piaf étréci au corps immatériel

Et tout empli de faim, qui cherche sa pitance :
Juste un tout petit rien, un soupçon de bectance
Pour subsister encor, au moins jusqu’aux beaux jours,
Et s’adonner enfin aux plaisirs de l’amour…

Un oiseau de printemps volette dans le ciel,
En quête d’une amie, la gorge emplie de miel
Pour mieux vocaliser, la trouver au plus vite ;
Il est si guilleret qu’il plane et qu’il lévite

Au-dessus du jardin comme une libellule.
Il est bien, il est gai, les insectes pullulent !
Un tout petit oiseau, c’est fait pour le printemps,
C’est fait pour glorifier les broderies du Temps…

C’est un oiseau d’été volant dans le soleil,
Affriolé des baies et des gros fruits vermeils
Poussant dans les vergers tout partout en Provence ;
Un oiseau ébloui qui voltige et qui danse

Au-dessus des blés murs, des lavandins si bleus
Sous l’azur de juillet où le soleil en feu
Crépitant de chaleur dégueule sa lumière ;
Virevolter au ciel est sa fonction première…

Un oiseau en automne, un peu plus assagi
Et qui chante un peu moins dans le jardin rougi
Par le déclin du temps. Un oiseau moins agile,
Moins vif et moins piaillard, dont le vol moins habile

Semble un peu s’alourdir au fil des jours plus courts.
Un oiseau prévoyant picorant dans la cour
Des bribes, des fragments… En vue d’une disette ?
Un piaf se préparant à une vie d’ascète…

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Quelques grammes de vie…

C’est un petit oiseau, un doux bouquet de plumes.
Quelques grammes, pas plus ! Un minuscule oiseau
Fait d’une once de chair et de tout petits os.
Quelques grammes de vie, de sang, mais qui s’allument

Dans le ciel du printemps en milliers d’étincelles
Quand il vole en dansant au-dessus du jardin.
Le soleil resplendit, la lumière ruisselle
Sur son tout petit corps et sur les lavandins

Embaumant le Midi. C’est une miniature,
Un petit rien du tout, une bulle de vent ;
Un joyau emplumé qu’un beau jour la Nature
A fait naître au jardin tout en l’enjolivant.

Dans le monde animal il est comme un sourire.
Insouciant et joyeux, il trille tout le jour.
Mais comme il est bruyant, il est le point de mire
Du vieux chat Mistigri rêvant depuis toujours

De sentir sous ses crocs l’adorable bestiole.
P’tit oiseau, sois sérieux, et fais bien attention :
Fais gaffe au monstre roux pendant tes cabrioles,
Ne te pose au jardin qu’avec circonspection…

Valse encor dans le ciel pur et inaccessible,
Partition myosotis et dont tu es l’archet ;
Le ciel clair du printemps dont il est impossible
Qu’un chat même malin puisse te décrocher.

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