Archives pour la catégorie “Zooland”
Publié par Vette dans Zooland

Didier Léveillé
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Le coq a disparu, la volaille respire ;
On va goûter au calme, à la sieste, au repos,
Sans être importuné par ce maudit lourdaud
Dont l’absence ne vaut même pas un soupir !
Parti tôt ce matin pour le marché d’Allauch,
Antonin va le vendre : il était trop pénible
A toujours pourchasser les poulettes paisibles
Avec son arrogance et ses cocoricos !
Comme tout est tranquille ! Et il fait presque frais
Dans le mas endormi au soleil de midi.
La campagne ronronne et le chat assoupi
Surveille en tapinois l’entrée du poulailler.
Quand soudain : la cata ! Le coq est revenu !
L’Antonin au grand coeur n’a pas pu supporter
L’abominable idée qu’il puisse être mangé !
Et le fier volatile a repris son chahut…
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Publié par Vette dans Zooland

France Lord
www.quebecweb.com
C’est le mac de la basse-cour,
Tout gonflé d’orgueil et de plumes.
Gonflant son jabot de velours
Au dernier clin d’oeil de la lune,
Il s’égosille au grand matin
Afin que le soleil se lève ;
Puis il commence avec entrain
A courir les poules, sans trêve :
Car tel une infâme canaille,
Casanova du poulailler,
Et Don Juan de la volaille,
Une à une il va les… charmer,
Ne pensant qu’à la gaudriole !
On l’entend de Grans à Coudoux
Chantant sa joie et sa gloriole…
Mais demain on lui tord le cou
Pour en faire un bon coq au vin :
Et le piètre roi de la nique,
Le volatile vil et vain,
Finira comme un alcoolique !
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Publié par Vette dans Zooland

Quand le soir tombe vers six heures,
Félix devient fou. L’on prend peur
A le voir tout à coup sauter
De table en fauteuil, déchaîné !
Ceux qui ne le connaissent pas
Se mettent à craindre mon chat
Quand ils voient ce petit barjo
Se muer en affreux jojo !
Mais il est comme tous les autres,
Le tien, le sien, et puis le vôtre :
Les chats ont tous un bon quart d’heure
De folie en vingt-quatre heures !
Ils tournent, virent, dégringolent
Du haut des meubles, cabriolent,
Et font valser tous vos papiers,
Excités, furieux et fêlés !
Parfois calmés un court instant,
Ils se lèchent abondamment,
Puis ils s’envolent de plus belle
Comme s’ils étaient pourvus d’ailes…
Et d’un seul coup, c’en est fini
De l’incroyable frénésie.
Tout raplaplas et flagadas.
Ils s’écroulent en petit tas :
Pendant leur quart d’heure effréné
De petites bombes cinglées,
Ils ont épuisé leurs accus
A jouer aux hurluberlus !
Oui ! Les chats ont tous un quart d’heure
De folie en vingt-quatre heures.
Mais il ne faut pas vous leurrer :
Vous ne pourrez rien y changer !
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Un pépiement d’oiseau, le premier du printemps,
Le signe originel du renouveau qui vient !
Il fait pourtant bien gris mais la Nature attend
Un pas grand’chose en forme de tout petit rien
Qui sera son déclic ; et ce sont ces trois notes
Qui vont faire germer les pousses du beau temps.
Une mésange bleue dont les trilles pépiotent
Pour trouver l’âme soeur par les bois et les champs
Chante sur la gouttière et semble rameuter
Le soleil, la chaleur, la lumière et le bleu
Pour ravauder le ciel et le faire exploser.
Enfin des cris d’oiseau pour être plus heureux !
La pluie vient de cesser, et l’oiseau zinzinule,
Y mettant tout son coeur de léger passereau.
S’éparpillant au loin, les aériennes bulles
De son chant cristallin montent toujours plus haut…
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Bryan F. Peterson
www.AllPosters.fr
Le grand cagnard en rut qui roussit la Provence
Pleut en rayons ardents du haut du ciel faïence.
Il fait vraiment très chaud, et la lavande en fleurs
Tout étoilée d’azur diffuse son odeur,
Une odeur fraîche et drue tremblotant sur les champs.
Les monticules bleus sentent bon le beau temps
Et leur senteur attire un pétillement d’abeilles
Zinzinnant en cadence au rythme du soleil.
Petits riens assoiffés de nectar odorant,
Les abeilles butinent, la trompe plongeant
Au coeur blond des fleurs bleues embaumant la garrigue.
Parfois l’une s’en va titiller quelque figue
Pour bientôt revenir dans le troupeau ailé
Qui vrombit tout en choeur telle une armée zélée.
Et ainsi sans arrêt va le vol des abeilles
S’activant du matin jusqu’au coucher vermeil.
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Publié par Vette dans Zooland

Tiens ! La voici qui se prépare
Et je la vois poudrer son nez !
« Sois sage, Nestor ! » et point-barre :
Elle va encor me laisser !
Je vais bientôt me retrouver
Tout seul à garder sa maison,
Son coffre-fort et ses chéquiers,
Et ses bijoux, et le chaton…
On est pourtant bien tous les trois
A cocooner tout à notre aise,
Le chat Antonin, elle et moi ;
Et c’est dommage qu’il lui plaise
De tant sortir pour ses achats
Et des dépenses scélérates.
Ah ! bader à tout-petits pas
En levant cinq-six fois la patte
Sur les platanes de Pourrières !
Oh ! Cerbère, Dieu des bons chiens,
Veux-tu écouter ma prière,
Peux-tu m’apporter ton soutien ?
Qu’elle ne soit plus attirée
Par les soldes, la tentation,
Ou qu’elle soit enfin ruinée
Pour demeurer à la maison !
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Catherine Musnier
www.catherinemusnier.over-blog.com
On vous a tous trompés en vous narrant l’histoire
De ce bon vieux Noé, un ivrogne notoire
Qui découvrit le vin après avoir vogué
Plus de quarante jours en Méditerranée
Avec une barcasse surchargée d’animaux.
On comprend son pêché et qu’il n’aimât plus l’eau !
Mais vous souvenez-vous qu’on vous a raconté
Que c’est sur l’Ararat qu’il avait échoué ?
Eh bien, on galégeait ! Et il faisait trop noir
Pour qu’on se rendît compte que la Sainte Victoire
Etait le haut sommet qu’il avait accosté !
C’est un coup de mistral qui l’y avait largué.
Bonnes gens, l’on vous trompe : oubliez donc l’Asie !
Si Noé s’échoua, c’est ici qu’il le fit,
Et la première fois qu’il goûta à l’alcool,
Ce fut en savourant un délicieux Bandol !
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Publié par Vette dans Zooland

Didier Léveillé
www.didier-leveille.zevillage.org
Dans la cour du Mas des Ormeaux,
Léa parade et marche au pas
Comme un gros grassouillet soldat
Qui garde la famille Bonnot,
Car c’est inutile avec elle
D’avoir un gros chien querelleur
Qui aboie à tout visiteur :
Elle bat tout d’abord des ailes,
Et si cela ne suffit pas,
Elle pince en tournant un peu
Les mollets de tous les fâcheux :
C’est une teigne, la Léa !
Elle a un fort joli jabot
Qu’elle ferait mieux de rentrer,
Vu les regards énamourés
Qu’y porte le grand’père Arnaud !
Mais la famille la protège
De tout désir concupiscent :
Son foie n’est pas pour les gourmands !
Voyons, le Papet, tu galèges…
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Publié par Vette dans Zooland

Est-ce une broche en tourmaline
Rouge avec des raies bleu-marine
Ou bleue avec des stries rouges ?
Mais on dirait bien qu’elle bouge
Sur l’herbe où elle fut posée !
C’est un bestion affairé
Qui broute les fleurs printanières
De la prairie hospitalière
Au petit peuple des insectes.
Sa beauté est un peu suspecte :
Il est joli comme un bijou
De pacotille, à quatre sous,
Un petit joyau coloré !
Et la Nature a galégé
En prenant vraiment trop ses aises :
La broche n’est qu’une punaise …
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Publié par Vette dans Automne, Zooland

A Sainte-Cécile-les-Vignes
Un grand scandale a éclaté :
Une grive vraiment indigne,
Petite pocharde emplumée
Que le Dieu des poivrots emporte !
Pattes raidies, jabot défait,
Yeux demi-clos et ivre-morte
N’a pas même pu s’envoler !
Il faut dire qu’au mois d’octobre
Il est difficile aux oiseaux
De rester sage et d’être sobre
Tant les grains oubliés sont beaux
Avec leur peau si rutilante
Encor toute gonflée d’été
Et cette chair si craquillante
Sous les petits becs aiguisés !
C’était du miel, c’était trop bon :
La grive n’a pas résisté
Au raisin noir, au raisin blond
Qui l’ont laissée tout éméchée.
Depuis elle cuve en silence,
Vautrée tout au fond d’un sillon.
Elle est enivrée de Provence
Mais perdue de réputation.
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Il fait sec, il fait chaud. Il fait si sec et chaud
Qu’un incendie a pris pas très loin de Fuveau.
Le feu gonfle et s’étend, et la faune affolée
Tourne et va, va et vient, s’encourt à la volée
Jusqu’à l’étang des Drus en ne sachant que faire.
Bientôt le bois de pins deviendra un enfer !
Mais seul dans la mêlée un tout petit moineau
De son bec minuscule hume deux gouttes d’eau
Qu’il s’en va recracher aussitôt sur les flammes.
« Mais suis nous, crie un geai, n’y laisse pas ton âme !
Nous devons tous partir, nous sauver au plus vite !
Ne t’obstine donc pas, il faut prendre la fuite !
Que pourrais-tu y faire ? Il est déjà trop tard !
- Laisse ! dit le moineau. Je veux donner ma part ! »
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Echappée de sa cage ouverte par le vent
Ou par un Dieu lapon – Je ne saurais vous dire !
Loin du cirque, du bruit, de la foule en délire,
La petite otarie s’étire longuement
Bâillant insolemment de tout son museau gris.
La moustache hérissée et le croc batailleur,
Sentant que désormais sa vie n’est plus ailleurs
Que sur ce rocher noir non loin de Sanary,
Elle doit s’exercer à s’en aller chasser
Dans des eaux bleu-marine et chaudes qu’elle ignore.
Le soleil du Midi transforme en perles d’or
Les gouttes d’eau glissant sur son corps fuselé.
Elle est fine et agile et va vite oublier
La vie civilisée qu’on lui avait offerte ;
Depuis que sa prison humaine s’est ouverte,
Nageant toujours plus loin, elle joue à plonger
Au creux noir de l’abîme inconnu et immense :
Quand elle en rejaillit on dirait qu’elle est ivre !
Et l’otarie rebelle aboie la joie de vivre
Trouvée au creux des flots qui bercent et qui dansent.
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Publié par Vette dans Zooland

Une mésange tellement bleue
Qu’on la dirait peinte de ciel.
Du noir tout autour de ses yeux,
De l’azur jusqu’au bout des ailes,
Elle vient parfois quémander
Quelques graines et des miettes ;
Son jabot jaune est tout gonflé
Sous les angles vifs de sa tête.
Quelquefois elle zinzinule
Au fond du jardin endormi.
Une cigale qui stridule
Chantant en do, en ré, en mi
Lui fait écho. Duo bizarre
Qui met en joie notre maison ;
Et c’est bientôt un vrai bazar
Car tout, alentour, lui répond :
Une grenouille, des criquets,
Et le vieux chien de la voisine,
Bébé Pierre qui baragouine
Et le mistral dans les cyprès …
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Publié par Vette dans Zooland

Togal
www.fr.carredartistes.com
Dame moustique a soif : une goutte de sang
Ferait bien son affaire car on est au printemps,
Un temps bien doux et chaud où l’instinct se réveille.
Elle étire ses ailes et se chauffe au soleil
Avant de repartir piquer un malheureux.
La Camargue est humide et le temps est fièvreux :
Un climat idéal pour l’insecte suceur
Qui se cherche un gogo sentant bon la sueur !
Quand elle est bien gorgée du délicieux nectar,
La barbare va pondre. Et c’est un peu plus tard
Que le pauvre piqué commence à se gratter.
Il serait temps, Vauvert, de te démoustiquer !
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Le Sauze est englouti dans le profond sommeil
Qui prélude à Noël et son tapage fou.
Un pelage de feu, un pelage si roux
Qu’il est à lui tout seul un coucher de soleil :
C’est un petit goupil paradant dans la rue
De la station fermée où l’on entend le bruit
De la neige qui tombe. Et son museau pointu
Hume la fraîcheur bleue et vive de la nuit.
Sa longue queue touffue qui traîne sur la neige
Y dépose une trace légère et froissée.
Il fait vraiment très froid ; il est si affamé
Qu’on va trouver demain les quelques laissées beiges
Qu’il aura déposées pour marquer son chemin.
Il a vraiment très faim, et sa fourrure rouge
Cache bien sa maigreur de petit clandestin.
Mais il vient de flairer un mirage qui bouge :
Un bond prodigieux ! Et un ressort musclé
Se détend et retombe sur une souris
Badant au clair de lune au milieu de la nuit …
Puis le renard repu repart pour son terrier.
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