Archives pour la catégorie “Zooland”
Publié par Vette dans Zooland

A Gonfaron dans la forêt
Vit un très vieux célibataire*.
Il a trouvé une moitié
Et lui ferait bien son affaire
Car ce bestiau est une brute
Et un barbare antipathique :
Bien qu’il soit en forme de luth,
Il n’est vraiment pas romantique !
Il a décidé qu’il l’aurait
Et il l’aura : c’est le plus fort !
Comme elle n’est pas très branchée,
C’est donc aux pattes qu’il la mord
En flanquant à la demoiselle
De furieux coups de carapace ;
Il la coince sous des genêts
Et elle doit demander grâce
Car elle est groggy, c’est l’enfer !
Mais il faut bien payer le prix
Pour pouvoir un jour être mère…
Et lui qui pousse de hauts cris !!!
Une vraie brute, je vous dis !
*Ce poème est « zoologiquement » véridique !
Pas de commentaire »

Poème illustré par :
Valérie Molina
www.valerie-molina.com
Semblable au cheval brun d’un curieux jeu d’échecs,
Un drôle de poisson nage à la verticale,
Bien loin des profondeurs de ce monde abyssal
Qui bée très loin sous lui. Flottant dans le varech,
Accroché par la queue à une algue alanguie,
Le petit destrier à la rousse cuirasse
Se laisse balancer par les posidonies
Ondulant souplement dans l’eau tiède avec grâce.
Il suce et il aspire un peu de nourriture
De sa trompe allongée. Dans son ventre gonflé,
Bien que ce soit un mâle il porte ses bébés !
Bien étrange cavale… ou sa caricature !
Encor quatre semaines(s) : il pourra libérer
Ses petits bien formés en ce monde inconnu
Et grouillant de dangers : la Méditerranée.
Pour l’intant il ondoie en un calme absolu.
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Zooland

Un vieux lion tout rapé qui baille indolemment
S’embête sur son roc planté au coeur du zoo.
Il est tout poussiéreux, il lui manque dix dents ;
Il a bien vingt-cinq ans et n’est plus très costaud.
Existence rythmée par l’heure des repas,
Visites impromptues des enfants des écoles,
Immuable ciel bleu, énorme brouhaha
Des touristes en car dont les rires s’envolent
Au-dessus de sa tête et vers la liberté,
La liberté d’aller et le droit de courir…
Liberté ? Qu’est-ce à dire ? Il ne sait ce que c’est !
Il voudrait seulement pouvoir aller, venir…
Mais il est né ici au Zoo de la Barben
D’une mère enlevée quand elle était lionceau
Au coeur noir de l’Afrique. Et son père alsacien
Vient d’un cirque installé en hiver à Fuveaux !
Il n’a jamais chassé, sait à peine rugir,
Et ses vieux crocs jaunis n’ont jamais déchiré
Que de la viande morte qu’on est allé choisir
Spécialement pour lui chez un lointain boucher.
Le vieux bougre soupire, ignorant que demain
On va le rappeler dans l’immense savane
Du Paradis des lions : il rejoindra enfin
Un monde bien plus beau que ce rocher insane !
Pas de commentaire »

Nous franchissons le seuil : une eau pure et limpide
Où il fait presque chaud… Et bientôt nous coulons,
Etrangers et intrus au pays d’Atlantide
Qui nous admet tous trois en son tiède giron.
Les algues y sont bleues et des poissons y volent,
Beaux oiseaux de couleur qui respirent de l’eau.
Un hippocampe roux serpente et caracole
Autour autour d’un rocher rouge incrusté de coraux.
Nous sommes aériens et nous ne sentons plus
Ce corps gauche et pesant qui nous encombre à terre.
Voici une actinie qui frémit et remue
Comme une fleur vivante, agitée et légère !
Des bonites rayées, des poulpes qui ondoient,
Une raie comme une aile au fil de l’eau qui danse !
La Méditerranée nous accueille tous trois
Comme des invités dignes de sa confiance.
Nous ondulons, valsons, et nous sommes des bulles
Dans le cristal liquide où flamboie le soleil.
Ses rayons percent l’eau et la lumière ondule
Sur le fond sablonneux en friselis vermeils.
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Zooland

Poème illustré par :
Raymond Peynet
(1908-1999)
Ce sont deux monstres répugnants :
Se tenant les pinces ils dansent,
Deçà delà et comme en transes,
Minuscules et effrayants.
Huit pattes jaunes, le corps noir,
Queue dressée en guise de luth,
Un couple de scorpions en rut
Valse dans la douceur du soir …
Et puis, quand l’amour est fini,
Sans honte et sans aucun scrupule,
Telle une innommable crapule,
La dame mange son mari !
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Zooland

Anne Hudry
www.artiste74.com
Black minou, minet noir, pourquoi dit-on parfois
Que dès qu’est signalé ton si joli minois,
Il faut se protéger ou courir aux abris ?
Minet noir, black minou, quel est le malappris
Qui osa propager pour la première fois
Que tu portais malheur ? Petit chat hors-la-loi,
Viens t’en dans ma maison : je t’y protégerai
Et tu sauras alors que tu y es aimé
Et même sur-aimé. Joli chat de velours,
Tes immenses yeux d’or sont tout emplis d’amour…
C’est du moins ce qu’on croit… ou qu’on aimerait croire
Car certains sentencieux disent qu’on n’y peut voir
Que de l’indifférence ou un certain mépris.
Black minou, minet noir, il vaut mieux qu’on en rie !
Ta fourrure de jais n’attend que des caresses,
Vibrante de ronrons vrombissant de tendresse.
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Zooland

Peut-être exténuées, les cigales se taisent
Quand prenant le relais sur un joli fa dièse,
Un grillon amoureux se met à striduler :
Son chant est harmonieux et beaucoup plus varié
Que celui de ses soeurs adeptes du soleil ;
Soleil qui s’est éteint, bien qu’une ombre vermeille
Teinte encor les sommets du côté de Salon.
Actionnant son archer, le tout petit grillon
Sort tout son répertoire et enchante la nuit.
Il fait tiède et il aime qu’il en soit ainsi,
Que l’air soit encor chaud car c’est un grand frileux…
Mais chut ! S’il vous détecte, un bond prodigieux
L’expédiera plus loin, du côté de l’étang.
Il chante un air aigu, harmonieux, et son chant
Porte chance, dit-on. C’est pourquoi les Chinois
L’élèvent, le gardant dans des cages de bois
Ouvragé et précieux, comme porte-bonheur !
Mais ils l’aiment aussi – on en frémit d’horreur !
Rissolé ou bien frit en guise de dessert.
Comment peut-on manger ce charmant orthoptère ?
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Zooland

Poème illustré par :
Pat de Wallens
www.provence-online-shopping.com
Il fait moite et chaud. L’air est lourd
Avant l’orage du quinze août ;
Un ronflement lointain et sourd
Gronde d’ailleurs vers Garéoult.
Dans le salon vole une mouche.
Eloi s’en serait bien passé,
D’autant que la gredine louche
Sur le garçon exaspéré
Par ses avances agaçantes !
Rien à faire : elle part en vrille,
Empoisonnante et vrombissante,
Zinzibulant autour de lui
Malgré ses deux bras qui moulinent
Pour pouvoir s’en débarrasser.
C’est vraiment la pire coquine
De tous les bestions du quartier !
Parfois l’importune atterrit
Sur son nez, ce qui le dégoûte !
C’est une infernale chipie
Dont il rumine la déroute :
Il lui faut d’abord l’attirer
Vers la porte qu’il a ouverte,
Et d’un coup de torchon chasser
La satanée bestiole verte !
Ouf, c’est fini ! Elle est dehors…
Mais la revoici sur la vitre,
Lui flanquant presque des remords
Tant ses trois milliers d’yeux sont tristes !
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Contes, Zooland

Dès qu’on l’effleure un peu ou lorsqu’on le caresse,
Le chat Mimi ronronne, et parfois sur deux tons :
Il met dans son ronron une telle allégresse
Qu’on dirait qu’il vrombit, comme ces hannetons
Qu’on attrapait jadis pour les faire voler,
Pauvres melolonthas, au bout d’une ficelle !
Il ronronne, il bourdonne, ne cesse de ronfler
Même en mangeant le soir, le nez dans sa gamelle.
Ce que nous ignorions, c’est qu’il a un moteur ;
Comme il bombillait trop par un beau soir d’été,
S’enivrant au jardin du chaud parfum des fleurs,
Tel un oiseau poilu Mimi s’est envolé !
Nous n’en revenions pas car il n’avait pas d’ailes,
Mais il semblait ravi de sa mésaventure :
Batifolant là-haut avec les hirondelles,
Il allait sûrement se casser la figure !
Mais non ! S’étant posé comme un hélicoptère,
Il s’en est retourné pour manger ses croquettes.
Sa queue en tournoyant avait servi d’aptères,
Et le fait ne semblait pas lui brouiller la tête !
Depuis le roi des chats va souvent faire un tour
Au-dessus du village avec les hirondelles.
Bientôt il va passer brillamment le Concours
Du looping le plus fou près de Saint-Raphaël !
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Zooland

La puce Zénobie a découvert mon chien
Un beau matin d’été alors qu’il sommeillait
Sur la fraîche pelouse, harassé et serein.
Elle l’a trouvé beau et s’y est attachée !
Mais tout aphaniptère est une sale bête,
Et le sang de Nestor étant fort à son goût,
Elle comprit bientôt que c’était jour de fête :
Il fallut peu de temps pour qu’il devienne fou
Et se gratte avec rage et avec frénésie !
Il lui fit donc si peur, la rendit si cinglée
Qu’elle se réfugia non loin de son zizi ;
Puis pourvue de ressorts commença à sauter
D’une oreille à son dos, et du dos à ses cuisses.
Le chien exaspéré se grattait, se grattait…
Lors, fuyant le danger, la puce subreptice
S’en alla se cacher dans les plis de son nez.
C’est là que je l’ai eue ! Mon chien reconnaissant
Me couvrit de bisous avec moulte salive !
Mais j’ai sur la conscience un dilemme angoissant :
J’ai tué Zénobie pour que Nestor survive !
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Zooland

Quelquefois dans la nuit je m’éveille en sursaut :
Une tendre caresse a effleuré ma joue
Et un ronron vibrant, assourdi et très doux
Vrombit dans mon oreille ; puis il passe à l’assaut…
Je râle un petit peu mais c’est pour le principe.
Des vibrisses aigües me chatouillent le cou,
Des pattes de velours frappent à petits coups
Mon front et mon visage ! Tu es un sale type,
Mon minet de velours, mon joli petit bougre
Trouvé un beau matin non loin d’Aix en Provence
Sur le bord de la 7 ! Ce fut un coup de chance
De s’être ainsi aimés en un grand coup de foudre !
Tu m’apportes beaucoup ; tu es vif et galope
Partout dans la maison, éclair de fantaisie.
D’où viens-tu ? Qui es-tu ? Et que fut donc ta vie
Avant qu’on te remarque et qu’on te prenne en stop ?
Pas de commentaire »

Pourquoi ne peut-on pas manger,
Sans craindre d’aussitôt grossir,
Charcuterie, foie gras, potées?
Pourquoi ne font-ils pas mincir,
Ces gras et délectables mets
Qui nous rendent si grassouillets ?
Et pourquoi ne naît-on pas vieux,
Tout moche, ridé et sans grâce ?
On rajeunirait peu à peu
Sans se faire peur dans la glace,
Pour mourir serein, détaché
Puisqu’on ne serait qu’un bébé !
Pourquoi vivent si peu de temps
Nos chats et nos chiens tant aimés ?
Et qu’est-ce donc que ces quinze ans
Qui leur ont été octroyés
Par un Ciel bien trop avare
En leur donnant leur quote-part ?
Et pourquoi fait-il souvent beau
Sous le ciel de notre Provence,
Quand pluie, mauvais temps et chaos
Sévissent tout partout en France ?
Pourquoi, pourquoi… Que de questions !
C’est à en perdre la raison !
Pas de commentaire »

Poème illustré par :
Malcolm S.Tucker
Il* adore les chiens qui le lui rendent bien.
Ils ont pourtant le droit de lui tenir rigueur
Des ciseaux, du sent-bon, du souffleur, du shampoing…
Même un corniaud bâtard y perdrait son honneur !
Mais il les aime tant que les bêtes le savent,
Acceptant tout de lui, la queue entre les pattes :
Il a l’air si heureux d’être ainsi leur esclave
Qu’elles supportent tout ; et leur patience épate
Leur maître époustouflé par tant de savoir-faire…
Un sacré toiletteur, le meilleur du village
Et qui donc devrait fair(e) de meilleures affaires,
Car c’est un type bien, très discret et fort sage !
Mais l’homme a un secret : ce que chacun ignore,
C’est que les nuits d’été Rémy D. se régale
A courir la garrigue alors que chacun dort
Pour s’en aller au bois toiletter les cigales !
Les grenouilles aussi, et puis les papillons ;
Les pies et les corbeaux, les mésanges, les geais…
Parfois un sanglier qui pique un roupillon
Et qui grogne un bon coup d’être ainsi réveillé…
*Poème dédié à Rémy Dumas,
De la part de Cobalt, Bambou, Nestor et Mimi…
Pas de commentaire »

Poème illustré par :
Anne Hudry
www.artiste74.com
C’est l’heure de la sieste et Antoine somnole
Dans son berceau bien frais au creux de la maison.
Dehors il fait très chaud ; les cigales sont folles,
Stridulant leur bien-être à perdre la raison,
Sans que le grand soleil puisse y mettre un bémol.
Sur le front du bébé dort une coccinelle,
Rouge sur sa peau blanche : un spectacle charmant
Qui nous laisse attendris, tout émus. Et pourtant
Quel insecte pourrait effleurer de son aile
L’épiderme et la tête engourdie d’un enfant
Sans qu’on pousse des cris de dégoût et d’horreur ?
Mais non ! L’on ne dit rien car on trouve jolie
La sphère vermillon semblable à une fleur !
On pourrait en compter dix autres dans le lit
Qu’on n’oserait rien dire et qu’on n’aurait pas peur !
Car c’est la plus sympa bestiole du jardin.
Elle a l’air d’un bijou tacheté de points noirs ;
Une bille bien lisse et peinte de carmin,
Une bulle incarnat ! La tendre peau d’ivoire
Où elle est endormie lui fait comme un écrin.
Cependant sur le front du bébé sommeillant,
C’est un petit alien qui s’est laissé aller
Et qui doit chaque jour dévorer son pesant
De pucerons dodus traqués sur les rosiers…
Mais on l’a oublié tant le monstre est charmant !
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Zooland

Une flèchette grise à la queue zigzaguante !
Un lézard file en biais sur la terrasse en feu
Blanchie par la lumière aiguë, tonitruante
Du soleil de juillet aux rais impétueux.
Laid petit tortillard et mini-dinosaure
Au ventre jaune clair, à la gorge tachée,
Le reptile pattu et tout ocellé d’or
Est parti au matin trop loin de son pierrier.
Minuscule dragon écailleux et agile,
Il vient de déguster une énorme araignée ;
Mais il réapparaît et le voici qui file
Aussi vif qu’un éclair sur le haut du muret.
J’essaie de l’attraper… et je n’ai plus en main
Qu’un tronçon frétillant de la pauvre bestiole :
Il m’a laissé sa queue. Eh ! Rapiette, reviens
Que je te rafistole avec un point de colle…
Pas de commentaire »
|