Mistral

Chez nous, quand le vent souffle et secoue le Midi,
Il bleuit tant le ciel que c’en est incroyable.
Mais il peut par moments être si redoutable
Qu’on en est effrayés : l’on se sent tout petits

Quand ses coups de boutoir ébranlent la Provence
En pliant les cyprès, les courbant jusqu’au sol ;
Puis il se calme un peu, met un soudain bémol…
Et repart de plus belle en folie et en transes.

Même dans la maison l’on en est étourdi
Tant le bruit est énorme. Il gronde, il gueule, il pleure
En secouant les murs ; se rue à l’intérieur
Dès qu’on entr’ouvre un peu un volet ou un huis.

C’est un dément furieux, et nulle part ailleurs
Il n’est de vent plus fou que ce maudit mistral
Qui ne sait que hurler tout en menant le bal
Car il est le plus fort ; c’est en dévastateur

Qu’il se rue par chez nous quand il fait froid là-haut.
Tout bouge sous sa poigne implacable et glacée,
Plus rien n’est immobile, et les grands pins ployés
Se penchent vers le sol comme des arbrisseaux. .

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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