La Maison aux Cariatides

Oh mon Dieu ! Que c’est lourd ! Oh mon pauvre vieux dos…
Mes épaules aussi ! A force de porter
Ce satané balcon, je ne sens plus mes os…
On dit que c’est Portal, élève de Puget,

Qui nous a fait sculpter, moi et mon compagnon.
Nos deux amis les Sphinx ont beaucoup plus de chance ;
Car mollement couchés au-dessus du fronton,
Ils y sont allongés avec grand’nonchalance.

C’est un riche banquier, de surcroît italien,
Qui fit édifier l’Hôtel des Cariatides.
Ce nom nous a vexés – d’ailleurs on le voit bien !
Nous sommes des Atlante(s) ! Quel est donc le stupide

Qui nous priva ainsi de notre identité ?
Moi, je suis le costaud qui protège ses yeux
De l’ardeur du soleil avec son bras plié.
Mais vraiment je commence à me faire bien vieux ;

Et mon copain aussi, qui se tient le côté
Avec un grand rictus car il a une crampe.
Nous sommes fatigués. On en a plus qu’assez
De tenir ce balcon ! Il faudrait qu’on décampe…

* 1 Rue Nationale dans le 1° Arrondissement

 

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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