L’été pourri

Orage

A peu près tous les jours il y a un orage,
Et ce mois de juillet en est presqu’effrayant.
Car le temps est pourri, et le ciel trop bruyant
Ferait bien d’arrêter de faire du tapage.

Les cigales lassées pratiquement muettes
Ne savent plus du tout à quel moment chanter.
Un esprit malicieux aurait-il enchanté
Cet incroyable été qui n’a ni queue ni tête,

Où l’on a presque froid ? L’on en a vraiment marre
De passer un gilet dès que le soir descend,
Et le soleil frisquet l’admet trop patiemment,
Gentil et timoré, sans plus de tintamarre

Qu’un petit soleillou d’une galaxie naine.
L’a-t-on émasculé ? On a honte pour lui !
Il n’en a rien à foutre et doucettement luit…
Mais où sont donc passées la colère et la haine

Le faisant éructer, flamboyant et féroce,
Dès le mois de juillet dans le ciel du Midi ?
Non ! Il traîne son char, faiblard et alangui,
Guère plus culotté qu’une apathique rosse.

Mais l’on entend gronder : un grain qui recommence !
Ah, voici qu’un éclair a zébré l’horizon…
Comme dit ma Mamet : «  Té ! Ya plus de saisons » !
Et le ciel déchaîné va rentrer dans la danse…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

Ce contenu a été publié dans Le début de l'été. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire