Un hiver mollasson

Poème illustré par un tableau de :
Eric Bruni

La montagne qui dort est couverte de neige.
Sous son édredon blanc, elle a un peu perdu
Son aspect hérissé, ses angles suraigus.
Le ciel est boursouflé d’une lumière beige

Qui distille partout un lancinant ennui.
Le soleil s’est enfui vers d’autres latitudes,
Et les Hauts-Provençaux voient avec lassitude
L’interminable hiver emmitouflé de nuit

S’emparer pour des mois de toute leur montagne.
Il va encor neiger, et le ciel est gonflé
De milliards de flocons tout prêts à dévaler
Des nues vers la vallée, un val étroit où stagne

Depuis quelque huit jours un temps tout mollasson.
Le ciel terni déverse une lumière grise
Sur les toits des chalets, d’où pendouillent des frises
De cristaux effrangés comme des paillassons

S’égouttant lentement. Le brouillard édulcore
Les lignes escarpées, pointues des hauts sommets,
Brouillant d’un voile blanc les à-pics déplumés
Où des mélèzes gris essaient de vivre encore

Malgré le manque d’eau de ce dernier été.
La montagne se tait. Un curieux sortilège
L’aurait-il envoûtée ? Le ciel gonflé de neige
Comme un ballon géant vient juste d’éclater…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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Une réponse à Un hiver mollasson

  1. Bruni dit :

    Merci Vette !! Superbe !

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