Transhumance

 

Poème illustré par un tableau de :

Armand Feldmann
www.armandfeldmann.com 

C’est un long flot roulant de bestiaux beigeasses
Coiffés de tortillons entremêlés et gras,
Et qui se précipite en formant une masse
De laine et de sabots, de bêlements, d ‘abois.

Devant marche en fierté et en apothéose
Un bélier triomphant que suivent les brebis.
A l’une de ses cornes on a mis une rose,
Mais il pue fort le suint, le purin et le suif.

Cependant un agneau baguenaude derrière,
Encor blanc et bouclé ainsi qu’une effigie
De mouton idéal, de ceux que la bergère
Menait dans la chanson vers un prince ébloui.

Il est aussi gracieux que ses frères des crèches,
Tout vacillant, pataud, et presqu’aussi léger
Que ce nuage bleu qui vole vers l’Ardèche,
Porté par les courants d’un doux ciel printanier.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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