Que d’eau…

Mon Dieu, que d’eau, que d’eau… Eh ! là-haut, arrêtez !
Ca va faire huit jours ! Holà, n’en jetez plus,
Car nous trouvons vraiment qu’il a bien assez plu !
Les nues ne cessent plus d’aboyer, d’éructer

Sur la pauvre Provence ; et la terre trempée
Vomit à qui mieux mieux une boue dégoûtante.
On ne reconnaît plus, sous cette pluie battante,
Le Sud ensoleillé, soudain désemparé

Par ce flot incessant ! Les rues sont inondées,
Et quelques gens hagards y rôdent en bateau,
Espérant… mais quoi donc ? Mon dieu, que d’eau, que d’eau !
Puisse le ciel dément s’arrêter de tonner…

Mais le petit Argens est devenu torrent ;
Se prenant tout à coup pour un dragon furieux,
Il se rue vers la plaine et dévale des cieux,
Tout aussi indomptable que le Leviathan

Qui lançait à l’assaut ses vagues limoneuses,
Bouillonnant follement en larges tourbillons.
On ne sait plus que faire… Et, tous, nous regardons
Nos maisons se noyer sous les eaux goudronneuses.

 

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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