Mistral dément

Poème illustré par un tableau de :

Virginie Trabaud
www.virginie-trabaud.com

Attaqué de plein fouet par le mistral dément
Soufflant depuis deux jours du noir Septentrion,
Marseille secoué par la rage du vent
Est tout pelotonné comme un gros chat en rond

Sous le ciel bleu foncé où hurlent les mouettes.
On dirait que l’angoisse a suspendu le temps :
Cette fois l’on a peur car c’est une tempête
Si forte qu’elle évoque un terrible ouragan.

D’ insolites objets valdinguent dans les rues,
Cavalant et roulant de tous côtés en ville.
La mer est déchaînée et monte jusqu’aux nues
En montagnes d’eau noire et verte qui s’empilent

Pour s’écraser sitôt sur la plage et les quais.
Sirènes des pompiers, sirènes des bateaux,
Hurlent continuement dans le port ravagé
Et désorganisé où règne le chaos.

Quant aux gens calfeutrés, ils attendent que meure
L’ennemi ancestral de toute la région ;
Mais nul ne se souvient qu’une pareille peur
Les ait ainsi jamais tenaillés au giron

De leur belle Provence. Ils sont terrés chez eux
Comme des animaux que la peur apprivoise,
Souhaitant que grisaille enfin ce ciel trop bleu
Où l’insolent mistral qui triomphe pavoise.

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Marseille, Méditerranée. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire