Métamorphose

Poème illustré par un tableau de :
Jacques Peyrelevade

Marseille frissonnant sous une pluie glacée
S’est recroquevillé, grelottant tant et plus.
Mais l’on en est content car il n’y a pas plu
Depuis quelque trois mois ! Les rues sont vernissées,

Comme cirées par l’eau. Cependant, s’il fait froid,
L’on se dit que la pluie est une bonne chose,
Et l’on est fort nombreux à défendre sa cause,
Même si  le soleil à Marseille est un roi !

Comment imaginer pourtant ce qui s’y passe ?
De cette énorme pluie, certains avaient pensé
Qu’elle pourrait fort bien se métamorphoser,
Bien qu’on soit au printemps, en averse de glace !

Or, ils se sont trompés, car – oui ! c’est de la neige
Qui tombe à gros flocons sur Marseille effaré !
La neige ? Au mois de mai ? Incroyable ! Il paraît
Qu’on n’a jamais vu ça… Pourtant elle s’agrège

Dans les rues, sur les quais et le toit des maisons :
Marseille est devenu une station alpestre !
Etre un jour envahi par des extraterrestres
Semblerait tout autant dénué de raison !

Mais tout est si joli ! La couette immaculée
A tout emmitouflé d’un manteau duveteux.
Les pointus* recouverts d’un édredon laiteux
Dodelinent tout doux sur l’eau coagulée.

Et comme il reste en nous un coeur de vieil enfant,
Nous sommes tout heureux d’applaudir ce miracle,
Tout prêts, dans notre émoi, à porter au pinacle
Ce prodige inouï, rarissime et… bluffant !

*Barques de pêche marseillaises

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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