L’interrupteur

La Provence est gelée, il fait vraiment très froid.
On en est sidérés, n’ayant jamais vu ça
Depuis des décennies. Tout recroquevillés,
On est paralysés, presque terrorisés

Car ce n’est pas normal. On nous a pourtant dit
Que c’est dû à l’air froid venu de Sibérie.
Vous pensez qu’on n’en a cependant rien à faire :
La Russie peut garder son effroyable hiver !

On chauffait tant et plus jusqu’à ce qu’EDF,
Alléguant que ce temps ne saurait qu’être bref,
Exhorte ses clients à plus d’économie.
N’usant plus du courant qu’avec parcimonie –

Si nous ne voulions pas nous voir soudain plongés
Dans un monde infernal sans électricité –
Nous obéîmes donc : une lampe à la fois ;
17° partout bien qu’on pelât de froid ;

Pas de trop gros moteurs, surtout pas de machines ;
Les chambres dans le noir ; beaucoup de discipline !
Patience, les amis : nous étions vulnérables
Mais, malgré ces tracas, vraiment presque admirables !

On marchait sur un fil quand la jolie Juliette
Eprouva le besoin de se rendre aux toilettes.
Une pression ténue sur un interrupteur…
Qui fit tout disjoncter ; et lors ce fut l’horreur

Car ce tout petit clic fut une extravagance !
De Marseille au Vaucluse, à la Haute-Provence,
De Nice à la Camargue, on plongea dans la nuit :
Un tintouin inouï juste pour un pipi…

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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Une réponse à L’interrupteur

  1. Lacassain dit :

    humour…mais ça pourrait bien nous arriver….

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