Les sorcières de Plan de La Tour

Poème offert à la ville de Plan de la Tour

Il y a bien longtemps, trois immondes sorcières
Toutes crochues-lippues vivaient Plan de La Tour :
Village provençal à la beauté altière
Sous son ciel toujours bleu au fil calme des jours.

C’étaient trois laiderons qui, pour mieux s’enrichir,
Rendaient les gens vicieux, leur vendant des potions
Qui les poussaient tout droit vers l’Enfer… et bien pire !
Femmes sans foi ni loi et horribles gotons !

Non loin de là passait une grand’route grise
Où roulaient des chariots surchargés de bagages,
De richesses sans prix, d’or… Et la convoitise
Faisait baver les soeurs de désir et de rage.

Lors leur vint une idée à vous faire frémir :
Une nuit de Toussaint elles déracinèrent
Des pierres dans la land(e) ; puis les firent bouillir
Dans leur grand chaudron roux avec une herbe amère,

Un poison infernal et des vipères sèches,
Pour les mettre à minuit sur le chemin désert…
Le lendemain matin s’en vint une calèche
Qui roulant pourtant doux dérapa sur les pierres :

Une vraie catastrophe, où les hommes, les bêtes
Allèrent au fossé ! Un énorme accident
Les laissant pantelants et cul par-dessus tête.
Les vieilles s’élançant volèrent tout l’argent,

Puis riches désormais s’envolèrent au loin,
Chevauchant leur balai en coassant en choeur.
Et les pauvres bernés, les menaçant du poing,
Se sentaient tout couillons face à tant de noirceur !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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