Les gavots

Poème illustré par un tableau de :

Aero Järnefelt
(1863-1937)

Dans les Alpes du Sud, au fin-fond des montagnes,
On souffrait autrefois d’une grande misère :
Terre infertile et nue, travail pire qu’au bagne,
Les gens n’en pouvaient plus de leur vie plus qu’austère.

Quand ils désespéraient, ils choisissaient l’exil :
Pour trouver du travail, ils partaient par milliers
Vers Marseille, Avignon, ou toute autre grand’ville,
Même s’ils s’y sentaient simplement tolérés.

Pour ces gens enivrés d’espace et de grand air,
C’était un choix très dur. Et comme ils acceptaient
Comme un vrai don du ciel de tout petits salaires,
Les autres ouvriers souvent les haïssaient,

En les considérant comme des concurrents.
Détestant leur patois, leur soif de réussir,
Leur détresse et leur foi, leurs pauvres vêtements,
Ils leur enviaient aussi le fait de savoir… lire !

Les gavots s’en moquaient et ils travaillaient dur,
Car pour eux tout était mieux que leur vie d’antan.
Même si l’avenir leur paraissait peu sûr,
Ils s’acharnaient toujours, infatigablement.

 

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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