Les fainéantes

Poème illustré par un tableau de :

Vincent Van Gogh
(1853-1890)

On étouffe, il fait chaud, quarante-deux degrés !
Le soleil insolent ricane, à l’apogée
De sa pleine puissance à la fin de l’été,
Et l’air est si brûlant qu’on n’ose respirer

Tant on pense vraiment être cuits dans un four !
Une vraie canicule… Eh bien ! si vous saviez…
Les chantres du soleil, ces fans énamourées
Qui devraient être là à chanter leur amour

Au maître invétére de notre cher Midi ;
Les brindilles marron qui ne font que chanter,
Criqueter, striduler… tout ce que vous voudrez !
On ne les entend plus. Tout au moins par ici !

Leur boulot est fini jusqu’à l’été prochain !
Deux mois à travailler, le reste à ne rien faire !
Et juste en ce moment où nous vivons l’enfer,
Ces dames se sont tues ! De Biot à Lourmarin,

Un silence entêtant sonne dans les collines.
Plus de stridulation à casser les oreilles
Et d’hommage enivré à leur dieu le soleil !
Mais où sont donc passées nos petites copines ?

Elles sont mortes, té ! jusqu’à l’année prochaine !
L’automne va venir, et la male saison
Commencer à rôder autour de la maison…
Et pour les cigalons qui n’ont pas eu la veine

De vivre bien longtemps, ce n’est pas de la flemme !
Ils sont l’allégorie d’un été insolent,
Mais leur sort déplorable est vraiment très touchant.
Je les ai calomniés… Pardonnez mon blasphème !

 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Le soleil-lion, Zooland. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.