Les coeurs lourds

bande-d-humains

Poème illustré par un tableau de :

François-Joseph Durand
www.françois-joseph-durand.perso.neuf.fr

Mais comment – dites-moi ! garder le cœur léger
Face à cette douleur quasiment planétaire ?
Le fléau est trop lourd, et notre pauvre Terre
Va bientôt basculer tant le monde est chargé

D’infortune et de maux toujours plus accablants.
Que de larmes, mon Dieu ! en voyant les épreuves
De ces errants cherchant en vain une voie neuve
Au bout d’un chemin gris ; fuyards brinquebalant

Plus loin, toujours plus loin, pour tout recommencer !
Pauvres frères humains, payant cher la démence
De monstres enragés par leur intolérance :
Qui va donc vous aider à faire repousser

Un tout nouveau destin sur un sol généreux ?
On a le cœur navré, et l’on se sent coupable
Quand on voit sur l’écran vos petits si aimables
Trottiner de pied ferme au fond de chemins creux,

Portant des baluchons quelquefois plus gros qu’eux !
Que faire, dites-moi ! Compatir  et vous plaindre
En ne servant à rien, et s’attendrir, et geindre?
Former des bataillons, tous à la queue leu leu,

Pour aller attaquer l’immonde déraison
Corrodant peu à peu l’équilibre du monde ?
Ou crier alentour et partout à la ronde
Qu’il faut vous assister en ouvrant nos maisons ?

Mais la Terre gémit en ployant sous le faix
Du poids faramineux de nouvelles misères ;
Et la détresse croît, bientôt propriétaire
D’un monde abasourdi qui constate les faits,

Trop vieux et trop blessé pour pouvoir réagir…
En laissant ces enfants errer au gré des routes,
Ne contemplons-nous pas notre propre déroute ?
Quel lion va se dresser et se mettre à rugir ?

Ne sommes-nous, mon Dieu, aptes qu’à des parlottes ?
Envoie-nous, s’il te plaît, ton dernier Don Quichotte…

 

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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3 réponses à Les coeurs lourds

  1. De Linda Lo Presti Brun sur FB :
    :

    Belle profondeur des mots jaillis du fond de l’âme!!!C’est l’arme du poète, puisse-t- elle être entendue!!!! Quel bonheur de vous lire!!!

  2. De Christine Ferullo sur FB :

    Un cri de révolte… oui c’ est l’arme du poète. Un combat incessant mais indispensable.

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