Le lutin perdu

 

Il erre cerné par les tentacules
D’une ville sombre et démesurée
Pour toujours plongée dans un crépuscule
Que le soleil blanc ne perce jamais.

Aussi délicat qu’une libellule,
C’est un elfe hantant depuis mille années
Cette vallée brune où il déambule
Sans pouvoir jamais s’en désengluer.

Car il a perdu son  village-bulle
Où tout était bleu, serein et bien quiet,
Et ce nouveau monde qui le bouscule
L’a pris dans les rets de rues enfumées.

Il erre hagard tel un somnambule,
Se cogne au néant sans y retrouver
Ses rêves perdus qui tintinnabulent ,
Fruits des souvenirs dorés du passé.

L’âme dévastée, il est ridicule
Avec tous ses charmes-colifichets,
Et ce qui lui sert de coeur minuscule
Gémit corrodé par mille regrets.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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