Le ballet

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Poème illustré par un tableau de :

Francisco de Goya
(1746-1828)

Le ciel est couleur d’huître : une étrange couleur
Et qu’on ne voit qu’ici dès que tombe la neige.
Des lucioles d’argent dans la lumière beige
Commencent à valser. Impalpables lueurs

Clignant sur la montagne en millions de fleurs,
Les flocons tournoyants virevoltent et dansent
Dans les montagnes bleues de la Haute Provence :
Lumignons étoilés, blancs et batifoleurs…

Mais le manque de vent rend très désordonné
Leur ballet si léger. Les flocons fous voltigent
En se télescopant, ivres jusqu’au vertige,
Puis fusionnent soudain en paquets pour former

Sur le sol dur et froid un tapis velouté.
Il n’y a pas un bruit, le silence est palpable
Et le rompre en parlant serait insupportable.
Les flocons-papillons continuent à valser

Tout en s’amalgamant en pellicule blanche.
Puis ils se font plus drus, et leur chute hésitante
Devient au fil du temps toujours plus abondante.
Le joli ballet fou se mue en avalanche.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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