Déception

Camille Corot

Poème illustré par un tableau de :

Camille Corot
(1796-1875)

Nous nous pensions vraiment tirés d’affaire !
Le ciel était tout bleu comme un grand ciel d’été,
Nous croyions au printemps, et nous avons été
Cocufiés par le temps ! Il n’y a rien à faire

Qu’à languir patiemment… C’est la faute du vent,
Ce satané mistral qui, à coups de rafales,
Est venu bousiller la marche triomphale
Des tout premiers beaux jours. Et comme très souvent,

Il est si violent qu’il vous coupe le souffle,
Se plaque contre vous pour mieux vous repousser,
Vous empêchant d’aller et même d’avancer.
Lui faudra-t-il trois jours avant qu’il ne s’essouffle,

Ou bien six, ou bien neuf, comme on le dit ici ?
Il s’oppose au printemps, mettant une barrière
Entre l’été et nous, et refroidit la terre
En endurcissant mars qui s’était radouci.

Mais l’on s’était trompés et, bien trop optimistes,
L’on concoctait déjà moult projets de beau temps…
Si l’on classe un beau jour les machins… emmerdants,
A coup sûr le mistral est premier sur la liste !

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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