Archives pour la catégorie “Questions ?”

Poème illustré par :
Octavio Ocampo
www.kakushin.unblog.fr
Oh ! Mon ami, mon bel amour,
Nous appartenons au passé
Et nos vieux corps sont tout usés
Qui n’ont pas pu dire : « Toujours ! »
Mes cheveux gris, tes cheveux blancs
Sont tout tressés de souvenirs.
On n’a presque plus d’avenir.
Où sont donc nos projets d’antan ?
Mais ta vieille main si ridée
Est toujours au creux de la mienne
Et il faut que l’on se souvienne
Qu’on n’a jamais été lassés
Par les fêlures de la vie,
Cette vie déroulée ensemble :
Une douce vie, il me semble,
A nous être beaucoup souri,
A pleurer et à nous aimer,
A nous supporter tendrement.
Oh ! Mon ami, mon vieil amant,
Nous ne nous quitterons jamais.
Lis cette lettre, mon très cher,
Juste avant de fermer tes yeux.
Attends-moi là-haut, dans nos cieux,
Tendre lueur dans la lumière…
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Au début du mois d’août, on fête les vingt ans
Du départ de Hubble, happé par les étoiles.
Allons sur le Peynier au-dessus de Curbans
Pour être tout là-haut et pour mettre les voiles
Vers l’Univers offert à ses adorateurs.
Le temps est sans nuage et la nuit sera claire ;
La corne de la lune apparue tout à l’heure
S’est mise au diapason de cet anniversaire.
Allongeons-nous ici pour contempler le ciel,
Tentons de discerner une autre galaxie…
Oh ! voici Andromèd(e) ! Passe moi les jumelles
Pour que je la vois mieux, flottant dans l’infini…
Fais un voeu car j’ai vu une étoile filante
Que je veux partager avec toi cette nuit !
Notre Terre n’est rien et la vie n’est qu’attente ;
Viens au creux de mes bras : nous sommes si petits…
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Publié par Vette dans Questions ?

Tout comme une bougie qui fond au fil des jours,
Inexorablement son âme qui s’enfuit
S’éteint tout doucement. Et nos grands cris d’amour
Ne réussissent plus à le garder ici.
On dirait qu’il s’efface, et sa vie si ténue
S’estompe peu à peu au souffle de la mort.
Nous le supplions tous, mais nous n’en pouvons plus
De le persuader qu’il doit rester encore :
Il est si fatigué ! Il ne veut plus lutter
Ni rester en ce corps réduit à presque rien.
C’est lui qui a raison ; mais comment accepter
Qu’un être tant aimé soit au bout du chemin ?
Alors nous saisissons sa main si transparente
Où le sang bat encor – un infime ruisseau !
Vont bientôt commencer l’épouvantable attente
Et l’horrible souhait de voir finir ses maux…
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Agrippés à la pente on ne sait trop comment,
Des villages perchés sont suspendus au flanc
De la montagne abrupte et presque inaccessible.
Comment donc ont-ils fait ? Comment est-il possible
Que des Humains aient pu accrocher leur village
Sur ce versant pentu, si proche des nuages
Que son clocher aigu semble s’y arrimer,
Le coq rivé au ciel et la base au rocher ?
La vallée est riante et propice à la vie :
Pourquoi tous ces efforts ? Pourquoi avoir gravi
Ces pentes insensées pour ainsi s’y plaquer
En surplomb sur le vide ? Pourquoi tant endurer
Et s’installer ici, collés à la paroi
Au gris vertigineux ? D’où venait cet effroi
Qui les poussa alors vers un monde inhumain ?
Pour être à tout jamais au plus près du Divin ?
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Pourquoi ne peut-on pas manger,
Sans craindre d’aussitôt grossir,
Charcuterie, foie gras, potées?
Pourquoi ne font-ils pas mincir,
Ces gras et délectables mets
Qui nous rendent si grassouillets ?
Et pourquoi ne naît-on pas vieux,
Tout moche, ridé et sans grâce ?
On rajeunirait peu à peu
Sans se faire peur dans la glace,
Pour mourir serein, détaché
Puisqu’on ne serait qu’un bébé !
Pourquoi vivent si peu de temps
Nos chats et nos chiens tant aimés ?
Et qu’est-ce donc que ces quinze ans
Qui leur ont été octroyés
Par un Ciel bien trop avare
En leur donnant leur quote-part ?
Et pourquoi fait-il souvent beau
Sous le ciel de notre Provence,
Quand pluie, mauvais temps et chaos
Sévissent tout partout en France ?
Pourquoi, pourquoi… Que de questions !
C’est à en perdre la raison !
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Poème iullustré par :
Leonid Afremov
www.afremov.com
Sous la lumière rousse du vieux réverbère,
Ils se sont embrassés sans craindre la lumière
Tant ils voulaient qu’on sache à quel point ils s’aimaient.
Les arbres rougeoyaient et l’automne flambait.
Blottis l’un contre l’autre et tout auréolés
Des derniers rayons blonds d’un soleil délavé,
Ils semblaient scintiller ; puis les tout derniers feux
Qui les auréolaient moururent peu à peu.
Bientôt la nuit s’en vint, mais ils restèrent là,
Encor étincelants. Et dénouant leurs bras
Restèrent face à face, un peu gênés peut-être.
C’était un soir d’automne irradié de couleurs
Où un très grand amour venait juste de naître ;
Et ce qu’ils ressentaient leur faisait un peu peur…
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Poème illustré par :
peinture par Christian Guinet
www.peintre-couleur.com
Ca fera mille fois, ma si belle Provence,
Que je te chante ainsi, et ce fut une chance
S’il y a fort longtemps je suis venue ici
Poussée par ces hasards qui parsèment la vie.
Ce fut un coup de foudre, et tombée en amour
Je ne t’ai plus quittée. Pas un mois, pas un jour,
Où je ne sois ravie d’être au creux de ton coeur.
Savais-tu que « Provence » rime avec « Bonheur » ?
Ce n’est pas évident, mais je jure que si !
Poussée par la passion, je dis et je redis
A qui veut bien l’entendre ma flamme provençale
Et mon attachement qui se veut sans égal.
Et si tu m’adoptais comme une de tes filles ?
Je fais depuis longtemps partie de ta famille,
Je te loue tellement que tu me dois bien ça …
Disons que je suis née non loin de Carpentras ?
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Poème illustré par :
Dubois-Gérard
www.dubois-gerard.com
Je suis exaspéré : je ne peux les jeter !
Ils gagnent peu à peu du terrain et avancent
Très insidieusement; et même la crédence
Va être recouverte avant même l’été !
Car le moindre polar, le plus mauvais bouquin,
Je ne peux l’ignorer ni m’en débarrasser !
Sale virus chronique, autrefois contracté
Quand j’étais encor prof en des temps fort anciens !
Ils sont un peu partout, à peu près alignés,
Serrés à s’étouffer sur la moindre étagère,
Même dans le garage où ils vont de concert
Avec de vieux outils et des chiffons souillés !
Les meubles sont couverts de romans et d’essais,
De traités sentencieux ou bien de dictionnaires…
Ils envahissent tout, il y en a par terre !
Ils vont me rendre fou et je suis submergé !
J’en suis désespéré : je ne devrais plus lire
Et ne plus les traiter avec autant de soin ;
Ne plus en acheter, les broyer, les maudire.
Oui ! Mais ils sont partout… et même au petit coin !
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Poème inspiré par :
D.Lebas
Mon Dieu, quelle douleur ! Mais quel bonheur aussi
D’ainsi se souvenir de ces amours anciennes
Embuées de regrets qui vont et puis qui viennent
Et que le temps qui passe a un peu adoucis !
C’était au temps précieux des premières amours
Au bord bleu de la mer. A Sanary peut-être ?
En cet âge si tendre où l’été semblait être
Eternellement lent, fait pour durer toujours.
Nous dansions chaque soir et nous étions si beaux
Que tout autour de nous les autres se taisaient
Tant était magnifique ce couple parfait
Que nous formions alors : immuable duo !
Mais la mort était là qui nous a séparés…
Mon Dieu, quelle douleur et que la vie est longue !
La mer n’a pas changé ; l’horizon est oblongue
Où plonge lentement le soleil orangé…
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Il y a quinze jours une amie m’a offert
Un gros bouquet de fleurs ; ce sont des anémones
De toutes les couleurs qui teintent l’air atone :
Une explosion de joie à la fin de l’hiver !
Je n’y ai pas touché et reste stupéfaite ;
Il y a quinze jours ? Elles sont toujours là
Avec cette fraîcheur qui ne se dément pas ;
C’est un petit miracle et une grande fête
Pour l’esprit esbaubi qui n’y comprend plus rien :
Car comment cette gerbe est-elle encore en vie ?
Quelle force la garde du Temps qui jaunit
Toute fleur tôt coupée ? Quel génie la maintient ?
Pas un pétale à terre, et les fleurs qui rutilent
Semblent cueillies d’hier ! Qui les a donc gardées
De la décrépitude ? Est-ce notre amitié
Qui les soutient ainsi ? Mais mon coeur qui jubile
Décide tout à coup de ne plus y penser.
Les fleurs sont là, jolies, et elles sentent bon
En ce début d’avril qui brille sur Aurons.
Oublions pour un temps leur excentricité…
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Poème illustré par :
Jeong-Ae Ju
www.artistju.com
Là-bas sur l’autre rive un autre monde attend,
Un monde indéfini où la ronde du Temps
N’est plus ni le Passé, ni l’Avenir. « Toujours »
Y est un mot sacré comme le mot « Amour ».
Des ombres surannées y glissent vers l’oubli,
Des ombres d’autrefois, des ombres d’aujourd’hui
Eloignées désormais des soucis temporels ;
Là-bas sur l’autre bord la lumière éternelle
Eclaire doucement comme un calme mirage
Les âmes bleues glissant vers les verts pâturages
D’un Infini serein où tout n’est que douceur :
N’y coexistent plus ni malheur ni bonheur.
Imaginer ainsi la rive inexorable
- Le monde du meilleur, du beau et de l’aimable -
Où la mort indomptée n’a plus rien de tragique :
Heureux les zélateurs de cette voie mystique !
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Poème illustré par :
Botticelli
(1444-1510)
Sur un joli visage une bouche tachée
Par le suc vermillon d’une cerise rouge :
Sur des mots cristallins, des quenottes de lait,
Deux lèvres de velours qui sourient et qui bougent.
La lèvre supérieure a un arc prononcé
Comme il l’est bien souvent sur les bouches d’enfants.
Les commissures rient, légèrement plissées
Par la joie, le printemps et presque dix-huit ans.
Une bouche très jeune, une bouche parfaite
Où les rides des vieux n’ont pas encor brodé
Leurs petits plis rageurs creusés par les défaites,
Les fêtes, le chagrin, la mauvaise santé,
Et surtout par le Temps abîmant toute chose.
Une bouche entr’ouverte et doublée de vermeil !
Toute fraîche et gonflée, elle est telle une rose
Humide de rosée luisant sous le soleil.
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Publié par Vette dans Questions ?

Un oiseau vif et enjoué
Enfermé au creux d’une cage :
Il peut chanter, ne peut voler,
Et ne doit plus qu’être très sage
Entre les barreaux qui l’enserrent.
Et le pire au fil des années,
C’est que cet étau se resserre :
Il va finir par le broyer.
Heureusement son chant est clair,
- C’est tout ce dont il est capable -
Son esprit vif comme naguère ;
Les jeunes le trouvent aimable
Et il ne doit pas trop se plaindre
De ses maux ni de ces outrages
Faits à son corps. Il pourrait craindre
Le sort d’autres vieux de son âge !
Même s’il se heurte aux barreaux,
Son intellect n’est pas touché.
Autour de lui de vieux oiseaux
Ne chantent plus et sont prostrés
Dans une infâme déchéance :
Plus d’âme, plus de corps, plus rien !
Lors il se dit qu’il a la chance
D’être encor quelqu’un de très bien !
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Poème inspiré par :
Marion Warren
http://www.marion-warren.rmc.fr
Le soleil est entré dans la pièce et se tient
Derrière elle au moment où elle se maquille.
Son éclat est très vif et ne lui cache rien
Des atteintes du Temps : elle est partie en vrille,
Cette extrême beauté dont elle était si fière !
Les années ont brouillé l’ovale du visage ;
Sa peau est ravinée par l’excès de lumière
Accentuant ses traits. Et ces rudes ravages,
Stigmates du soleil, du temps et du tabac,
Sont cruels et lui font une piètre figure.
Une existence dure et d’énormes tracas :
C’est fou ce qu’un corps las peut subir et endure !
Mais pourquoi les journées passent-elles si vite ?
Pourquoi devient-on vieux avant d’avoir vécu ?
Pourquoi ne comprend-on quelles sont ses limites
Qu’à l’ultime moment ? Tous ces rêves perdus !
Elle est désabusée et reprend son ouvrage
- Du fond de teint par là et de la crème ici -
Pour tenter d’effacer les énormes outrages
Dont le Temps en passant a maculé sa vie.
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Poème illustré par :
Raymond Peynet
(1908-1999)
Profitez-en, les amoureux,
Car il est bien rare que dure
Le bel amour – amour heureux !
L’amour est tout aussi peu sûr
Que la constance du beau temps
Et il se fane vraiment vite
Comme les bouquets du printemps.
Oh ! ma tendre Juliette, évite
La rouge morsure cruelle
Et les innombrables tourments
D’un premier amour. Jouvencelle,
Fuis l’aubade de ton amant !
Mais c’est trop tard ! Tu es atteinte
Par le doux mal qui point le coeur
Et tes joues arrondies sont teintes
Par une rosée de bonheur…
Profitez-en, les amoureux,
Votre extase va refroidir :
Il ne restera de ce feu
Que les cendres du souvenir !
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