Archives de catégorie : Questions ?

Récital de poèmes

Le dimanche 10 décembre à 17h30, invitée par l’association franco-russe Datcha Kalina à Eguilles, je donnerai un Récital de mes poèmes- Contes fantastiques tous inspirés par ma chère Provence

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Ascension

Montons tous deux, Amour, au-delà des étoiles !
Ne laissons surtout pas la mort nous dévorer,
Toutes griffes dehors, de ses crocs acérés.
Il faut nous entraider pour mieux mettre les voiles
Et partir vers l’Ailleurs sans nul regret, d’autant
Qu’au delà des nuées la montagne est si belle
Qu’on ne peut faire mieux. Elle est intemporelle
Et nous y trouverons les limites du Temps.
Allons main dans la main, sans aucune inquiétude.
Rien ne peut être pis que ce que vivons !
Vois la vie qui se perd, noyée à l’horizon,
Artisane avérée de tant de solitudes…
Nous sommes deux, Amour, et nous allons marcher
Jusqu’à ce que la mort nous rattrape là-haut.
Tu ne peux partir seule, et surtout il ne faut
Pas avoir peur pour nous ; et ne pas décrocher,
Saisie par la terreur, tes doigts d’entre mes doigts.
Montons, mon cher Amour. Cet hiver doux nous aide :
Il ne fait pas trop froid ! Mais la pente est bien raide
Et tu souffles très fort. N’oublie pas que tu dois
Rester tout contre moi : il faut partir ensemble !
Vois comme tout est beau dans le soleil couchant
Qui peint d’or et de roux la Durance et les champs.
Courage, mon Amour. Sous nos pieds le sol tremble…
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Erosion

Avec délicatesse et en catimini,
La Méditerranée, lovée contre Marseille,
Le grignote tout doux. Marseille s’émerveille,
Mais il n’a pas compris qu’elle est un ennemi

Car c’est traîtreusement qu’elle l’use et l’érode :
Un petit bout par-là, un petit bout par-ci !
Paraissant ignorer qu’il en sera ainsi
Tout au long fil du temps, la ville s’accommode

De perdre à chaque instant des bribes de sa côte.
La mer en s’y glissant la lèche tendrement
De ses vagues salées ; et c’est tout doucement
Que l’autre s’affaiblit quand les vagues baisotent

Ses plages et ses rocs avec force patience.
La mer n’est pas pressée car elle a tout son temps :
Des milliers d’années, peut-être plus, d’autant
Que le nouveau climat accentue sa puissance.

Elle va, elle vient, elle frôle, caresse
Le sable, les rochers, de son flot alangui ;
Parfois un coup de chien, quand elle se languit
De voir le processus qui traîne et qui paresse…

Et puis elle reprend l’inlassable labeur
Que lui a destiné sa mère la Nature
Dont le but avéré est que nul ne perdure.
Marseille périra, car de tout tel est l’heur…

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Le caïeu

J’ai trouvé au jardin un étrange caïeu
Dont j’ignorais le nom et que j’ai mis en terre
Au début de l’automne. Un bulbe solitaire
Que je n’avais encor jamais vu sous nos cieux.

Je ne sais même plus où je l’ai ramassé :
Dans un coin du compost, caché sous une feuille ?
Sous le mur cabossé où la vigne s’effeuille
Rouge comme le sang, près du vieux puits cassé ?

Puis l’hiver a passé, je n’y ai plus songé…
Le printemps revenu, toute à ma fantaisie,
J’errais dans le jardin quand je restai saisie
D’y voir, fort incongru, un chimérique objet :

Une fleur inouïe là où j’avais planté
Ce caïeu ignoré de mes faibles lumières.
Une plante inconnue, si extraordinaire
Que je ne pensais pas qu’elle pût exister !

Un trésor féerique aux multiples couleurs,
Dont les  pétales drus étaient, telles des ailes,
Palpitants et vibrants. Une plante si belle
Qu’elle était sûrement reine parmi les fleurs !

Elle a vécu ainsi à peine quelques heures,
Sublime de beauté. Puis, sans que je comprenne,
A soudain disparu pour ma plus grande peine,
En laissant derrière elle une ineffable odeur…

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Les bulbes d’or

Le ciel lourd a posé une chape de plomb
Sur la steppe infinie où naquit l’âme slave.
Un bouleau, ci et là, profile son aplomb
Sur la plaine pelée qu’une pluie froide élave,

Tout comme ces isbas que le rabot du temps
Les ponçant patiemment va peu à peu détruire.
L’inaction engourdit les bourgades d’antan
Où l’Esprit souffle encor, toujours prêt à séduire

Les cœurs russes enclins à supporter ce spleen
Qui flotte sous le ciel où dansent des mirages.
La steppe est grise et nue sous son voile de bruine
Et le temps pèse lourd au cœur noir de l’orage…

Cependant, c’est partout un éblouissement :
Des coupoles dorées pointant vers les nuages ;
Partout des bulbes d’or, dont le bref flamboiement
Allume des éclairs au fin-fond des villages ;

Des bulbes, des clochers de toutes les couleurs,
Les tons exacerbés d ‘innombrables icônes,
Des fresques décorées d’animaux et de fleurs ;
Du vert, du bleu, de l’or, de l’orange et du jaune

Pour évoquer la vie des saintes et des saints,
Probes et sans défauts, en bandes dessinées ;
Vierges miniaturées, prophètes au front ceint
D’auréoles dorées, statues enluminées…

Ineffable explosion de foi, de dévotion,
Et mystique joyeuse au coeur d’un peuple triste ;
Incroyables yeux bleus embués d’émotion
Ayant excommunié l’impiété communiste…

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Il fait déjà trop chaud…

Ce début de juillet s’annonce redoutable.
Il fait déjà trop chaud. L’on a clos la maison
Comme un vrai château-fort, volets clos. La saison
Estivale est précoce ; et bien peu acceptable

Le fait de se terrer comme des animaux.
Le mois de juin déjà presque caniculaire
Nous a anéantis. Prodige séculaire,
Nous ont dit les experts avec leurs jolis mots !

Dedans, il fait bien frais. Mais aussitôt qu’on ouvre,
Un déluge de feu s’engouffre à l’intérieur.
En sera-t-il ainsi en des temps ultérieurs ?
Quel est donc ce démon qui peu à peu entr’ouvre

Les portes de l’Enfer pour nous faire cramer
Avec force fournaise et autre canicule ?
Bien calfeutré chez soi, l’on se sent ridicule
De n’oser affronter le soleil affamé

Qui se tient aux aguets, là, derrière la porte,
Tout prêt à nous griller, pauvres petits humains !
Quel sera l’avenir, que sera donc demain ?
Quand on voit les dégâts que ce temps fou apporte

Et ses calamités, l’on ne peut que frémir…
Mais ne résistons plus à la molle torpeur
Nous isolant du monde. Oublions cette peur
Qui nous saisit le coeur. Il vaudrait mieux dormir…

Prenons un thé glacé. La maison est bien fraîche.
Les cigales dehors fêtent cette chaleur
Qui leur est idéale et qui nous est douleur…
La sueur distillée par ta peau un peu rêche

Me saoule et m’ensorcelle irrésistiblement.
L’on s’aime et l’on est bien. Un ventilateur tourne.
Que notre amour-passion pour un temps nous détourne
D’idées trop compliquées pour soucier deux amants !

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La Fête

Il faudrait qu’un beau jour, à l’orée du printemps,
L’on fasse la fiesta pour oublier le temps
Du ciel bas sur la mer tristement cotonneuse.
Effacer tout souci de l’âme cafardeuse

Que nous donnent le froid et le gris de l’hiver !
L’on devrait tous s’unir pour repeindre la ville
De toutes les couleurs. Même les bidonvilles !
Nous masquerions leurs plaies en forçant sur le vert ;

Du jaune et puis du bleu sur les quartiers lépreux,
Et de l’or en pagaille au fond de tous les yeux.
Nous mettrions au ciel quelques nuages roses
Pour faire plus joli ; ferions pousser des roses

Et des milliers de fleurs dans le moindre recoin.
Plus chouette qu’à Rio, bien plus beau qu’à Venise !
Non, pas un Carnaval : une fête qui grise
Tous les gens de Marseille. Et qu’à brûle-pourpoint

Chacun cherche chez lui de quoi se déguiser
En grand n’importe quoi. Et qu’on danse, et qu’on chante ;
Qu’on soit surtout heureux, tous les sens aiguisés
Par le bonheur de vivre. Et que tous on s’enchante

De ce nouveau printemps s’ouvrant sur tant d’espoir.
Nous irions nous baigner. La Méditerranée
Se ferait toute douce ; et comme chaque année
Au mitan de l’été, du matin jusqu’au soir,

Nous en savourerions l’agréable tiédeur
Bien qu’on ne soit qu’en mars. Gigantesque trempette
De tous les Marseillais chantant avec ardeur
Sous le soleil ravi de se joindre à tue-tête

A l’énorme, homérique et incroyable fête !

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La vieille jeune fille

Dessinée sur sa peau, il y a maintenant
Une fine résille en toile d’araignée.
Elle est toujours coquette et toujours bien peignée,
Mais se trouve trop maigre ; et bien peu avenant

Est son regard  terni, délavé par le temps.
Elle marche tout doux, appuyée sur sa canne.
Lente, un peu nonchalante, on dirait qu’elle flâne,
Mais elle fait semblant, et c’est en prétextant

Une bonne santé qu’elle berne les gens.
Car elle veut cacher qu’elle est devenue vieille,
Que ses jambes, ses yeux, ses dents et ses oreilles
Laissent à désirer, amoindris par les ans.

Sur son visage pâle, il subsiste pourtant
Des zestes de beauté, comme sur une rose
En train de se flétrir. Une rose déclose,
Déjà un peu fanée par la mort qui l’attend…

Même si elle en rit, parfois elle se sent
Légère et résolue comme une jeune fille.
Elle est toujours la même, et son corps en guenilles
N’est en rien le miroir de ce qu’elle ressent,

Car l’âge n’y peut rien, qui l’use en omettant
D’effacer en son cœur son amour pour la vie.
Même si elle est vieille, elle a toujours envie,
Malgré tant d’avaries, d’aller tambour battant.

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Mystère de l’hiver

Mais que se passe-t-il quand l’hiver disparaît ?
Où emmène-t-il donc ses alliés redoutables :
Le brouillard, le verglas et ce froid effroyable ?
Où va-t-il se cacher ? Les a-t-il égarés ?

Est-ce un vieillard chenu avec une besace
Contenant ces seconds qu’il lâche à tous les vents
Dès que décembre est là ? Où est-il donc, avant ?
Puis ensuite où va-t-il quand le printemps l’efface

En le poussant tout doux vers on ne sait trop où.
Est-ce un Dieu qui renaît sans cesse chaque année,
Avant-goût terrifiant de notre destinée ?
Saison de la vieillesse avec la mort au bout,

L’hiver revient toujours, espoir ou désespoir.
Et puis il doit partir, car son jeune compère*
Le dégage dehors, tout comme les misères
Qu’il sème un peu partout… Cependant, le revoir

Ne signifie-t-il point qu’on est encor vivant ?
Et qu’après ses méfaits, la vie s’en va renaître,
Et partir, resurgir, pour enfin disparaître.
Car l’on n’est, après tout, qu’un tourbillon de vent…

*Le Printemps

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L’automne de la vie-2

Effleurée par l’automne, elle a peur de l’hiver.
Ce n’est point tant la mort qu’elle craint, mais le Temps
Qui insidieusement va la projeter vers
Des jours toujours plus gris, des jours lui promettant

Une lente érosion du tout dernier éclat
De ces nombreux appâts dont elle eut l’apanage.
Lutter contre les ans est un vain pugilat
Même si sa beauté échappe encor à âge…

Dehors le ciel est terne. Et terne le jardin
Où les dernières fleurs perdent tous leurs pétales.
Seule une rose encor en son vertugadin
Semble mieux résister que les roses rivales

Que l’été fit fleurir comme elle sous les pins.
Mais comme toute fleur elle va disparaître,
Elle s’en va mourir, et, tel un turlupin,
Le Temps s’en va tuer celle qu’il a fait naître…

Les feuilles sont dorées, tout comme ses cheveux,
Mais elles sont jaunies par Dame la Nature !
Pour elle, il va falloir en accepter l’aveu :
L’argent strie peu à peu sa blonde chevelure

Et l’or les magnifiant n’est pas très naturel.
L’automne est vraiment là, l’automne de la vie…
Lutter pour l’oublier ? Tous ces soins corporels ?
Jeanne un peu fatiguée en a perdu l’envie !

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Des ronds dans l’eau

Poème illustré par une aquarelle de :
M.Grenette

Une feuille tombée au fil de la rivière
A coulé doucement. Elle y a fait des ronds,
Des cercles frissonnants qui ont troublé l’eau claire,
L’eau claire et azurée que des ondes marron

Ont fait frémir tout doux sous le ciel de l’automne ;
L’automne qui peignait à grands coups de pinceau
La Nature alanguie de roux, d’ocre et de jaune,
Elavant ses couleurs dans le joli ruisseau.

La brise a fait danser les rides concentriques
Qui semaient le désordre au cœur calme de l’eau ;
Puis les a diluées tout au fond d’une crique
Coiffée par la ramée d’un antique bouleau.

Plus de trouble, plus rien. Le fil de la rivière
A retrouvé sa paix et son cours régulier
Couleur du temps qui passe et couleur de la terre,
Avec au fond de l’eau une feuille noyée.

Y eut-il dans ta vie quelques mésaventures
Qui troublèrent son cours comme des ronds dans l’eau ?
Existence réglée sans aucune aventure,
Insipides années sans rires ni grelots…

Parfois des incidents ont ridé sa surface,
Et puis doucettement tout est redevenu
Monotone, ennuyeux, et sans aucune trace
Qui mette des frissons dans un destin bien nu.

Existence sensée comme cette rivière
Qu’on a rarement vue infléchir son courant…
Mais qu’est donc une vie dénuée de mystère,
Que jamais rien n’émeut, sans rêves aberrants ?

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Mon ami papillon

Amour d’une minute, instant inoubliable…
Un phénomène ailé s’en est venu tout seul
Se poser sur mon doigt. Semblable à un glaïeul,
Une fleur qui volait, une fleur admirable

Dont la vie frémissait au contact de la mienne :
Un papillon géant issu d’une forêt
De l’autre bout du monde. Ou alors d’un Après
Appelé Paradis ? Couleur de l’obsidienne,

Il était bien fermé. Quand il ouvrit ses ailes,
Elles devinrent bleues, d’un bleu incandescent
Qui m’était inconnu. Un bleu rafraîchissant
Pour de vieux yeux blasés, bien plus bleu que le ciel

Pourtant bleu de chez nous quand il fait de l’esbroufe !
Au bout de mon index, je sentais palpiter
L’insecte si léger. Moment d’éternité
Qui fait battre le cœur très fort et qui l’étouffe

D’une énorme émotion ! Le contact de deux vies
Qui n’auraient jamais dû, jamais, se rencontrer ;
Un instant incroyable et qui m’a fait vibrer…
J’ai alors ressenti la chimérique envie

Que ce moment béni plus jamais ne s’arrête.
Mais les deux ailes bleues ne pouvaient point cesser
De battre trop longtemps. Et l’insecte lassé
S’est enfin envolé vers une autre amourette…

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Disgrâce

Une course ? Impossible  de l’envisager,
Car ces yachts du Vieux Port ont perdu leur allure
De conquérants des mers. Et malgré leur voilure,
Etouffé tout espoir de jamais voyager.

Certains ne savent plus ce qu’est la haute mer !
Exposés pour montrer fortune et réussite,
Peut-être souffrent-ils d’un chagrin que suscitent
La mer tellement proche et ses relents amers ?

Ils tanguent juste un peu quand le vent souffle fort,
Qui pourrait abîmer l’opulente richesse
De leur coque vernie, sans leur donner l’ivresse
De bondir sur les flots en s’enfuyant du Port,

De goûter pour de vrai ce qu’est la liberté.
Marseille les enserre, et le bruit de la ville
Est le seul qui parvient jusqu’à leur pont tranquille
Où parfois un marin d’opérette est posté.

Rutilants de couleurs, tellement beaux à voir,
Ils ressemblent un peu à ces tristes maquettes
Dormant à tout jamais derrière une étiquette
Au fond d’une vitrine éteinte dès le soir

Quand le gardien s’en va. Ils n’existent pas plus !
Ils sont beaux, luxueux, ils suscitent l’envie,
Ignorant à jamais ce qu’est vraiment la vie,
Et contemplant de haut les modestes pointus*

Impatients de pêcher dès le lever du jour ;
Sautillant sur les flots, ivres d’impertinence
Et de témérité, et dont l’irrévérence
D’impudents moussaillons leur rappelle l’amour

Qu’ils avaient pour la mer quand ils furent conçus…
Les yachts huppés du Port doucement dodelinent,
Comme certains bourgeois parvenus se dandinent
Pour montrer à autrui leur triomphe cossu.

* Petits bateaux de pêche typiques de Marseille

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Le chemin de l’hiver

Le chemin de l’hiver s’en va vers l’Inconnu
Sur ce pont incertain qu’est la grande vieillesse.
Passerelle tanguant en une ultime ivresse,
Il avance aux abords de ce qui est connu.

Il se perd quelquefois dans un vague brouillard
Floutant perfidement les contours d’une vie
Devenue froide et nue. Où s’égare l’envie
De faire des projets ou d’aller au hasard…

Le chemin de l’hiver est maussade et glacé.
S’enfonçant lentement dans une épaisse brume,
Il est vide, assombri, mais parfois s’y allument
Des étoiles surgies du fin-fond du Passé,

Les légères lueurs d’une mémoire enfuie.
C’est un pont ébranlé qui chavire et qui tangue,
Passant péniblement au-dessus d’une gangue
Interdisant l’essor d’annales enfouies.

Y cheminent des vies peu à peu emportées
Vers un Ailleurs secret, derrière ce nuage
Diluant dans le flou la merveilleuse image
De rives éclairées par un durable été…

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L’école de la patience

J’ai envie de botter le train
A mes roses pour qu’elles poussent ;
Et bien qu’elles me disent : « Pouce !
On ne dépend pas des Humains »,

J’apprécierais qu’elles se pressent
En mettant plus fort le turbot.
Mais ce ne sont pas des robots
Actionnés à toute vitesse !

Non ! Elles prennent tout leur temps,
Pour parachever l’excellence
De leur beauté, dans le silence,
Tout comme leurs aînées d’antan.

Elles se déploient avec grâce
En croissant à tout petits coups,
Sans qu’on le remarque beaucoup,
Sans se soucier du temps qui passe…

C’est moi qui ai tort, je le sais !
Oh, elles sont tellement belles
Quand elles me disent, rebelles
A mon avis d’Humain pressé,

Que je dois me montrer patiente !
Roses, fleurissez lentement
Pour nous qui sommes les amants
De votre harmonie stupéfiante.

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