Archives pour la catégorie “Questions ?”

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Viens ! Entre à la maison car elle est grande ouverte
A tous les coeurs en berne et tous les éclopés,
A tous ces chiens perdus qui errent sans collier,
Que leur maître a jetés par la porte entr’ouverte

D’une auto en maraude, et qui s’est éclipsé.
Viens ! Entre donc chez nous : il y a une place
Qui t’attend au logis. Ce n’est pas un palace
Mais on se serrera ! On saura bien t’aimer

Et te faire oublier le malheur qui t’accable.
Allons dans le jardin : le pot de l’amitié
Nous attend sous le pin. Tu vois, tout y est prêt
Car tu dois le savoir : le coeur est innombrable !

Nous parlerons de toi et de tous tes problèmes !
Le soleil revenu te fera chaud au coeur
Et nous pourrons parler d’espoir et de bonheur!
Mais il faut avant tout que tu saches qu’on t’aime.

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Si l’on pouvait un jour se nicher dans la poche
D’un kangourou géant, l’on pourrait oublier
Cette vie embrouillée qui est parfois si moche !
Redevenir petit et pouvoir se cacher

Non loin de son gros coeur, pour se laisser bercer
Au rythme de ses pas, au tempo de ses sauts,
Même s’ils sont brutaux, parfois désordonnés ;
Se savoir protégé dans un lieu doux et chaud,

Partout enveloppé d’une douce fourrure ;
Ressentir de très loin les bonds incohérents
D’une existence folle et quelquefois si dure ;
Etre bien cajolé, se sentir pleinement

Pris en charge et aimé comme un petit enfant ;
Etre un kangourounet tout au fond d’un pochon,
S’y sentir à l’abri de ces désagréments
Qui pourrissent l’Ici ! Comme dans un cocon,

Ignorant que la vie est pavée de misères !
Oh ! Combien sont heureux les petits kangourous
Plongeant sans coup férir la tête la première
Au creux de leur maman qui pare tous les coups.

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Des valves en plastique ; un morceau de tuyau
Rabouté à l’aorte : et pourtant tout ça bat
Et palpite et frémit et fait même des sauts
Quand l’émotion l’emporte ! Un coeur tout raplapla

Devenu un champion tant il remarche bien !
Un coeur fort mal en point qu’on a raccommodé ;
Un coeur au bout du bout qui ne demandait rien
Qu’a vivre encor un peu et à continuer…

Mais quel drôle d’effet cela peut-il bien faire
De se dire qu’on a, niché dans la poitrine,
Un truc rapetassé ? Quelle curieuse affaire !
Un coeur rafistolé qui peut tomber en ruines

Si ces bouts de rilsan ont été mal cousus !
Enfin… c’est ça, la vie ! Advienne que pourra !
Est-ce vrai qu’il était vraiment si mal fichu,
Ce coeur à l’agonie? Pour le moment il bat…

Oh ! Regardez dehors ce frelon qui lutine
Une fleur toute neuve ! Il y a des brins verts
Qui piquettent le sol. Et un oiseau tintine
Dans le figuier, là-bas…Voici le grand mystère

De la vie qui renaît. Et le coeur rapiécé
A mis au diapason ses nouveaux battements ;
Reparti pour un tour, il est tout requinqué !
Renouveau au jardin et printemps au dedans…

« Bonjour,
Nous vous remercions
d’une part de l’intérêt que vous portez à la Fédération Française de Cardiologie
et d’autre part pour votre beau poème, qui est un hymne à la
vie.
Bien
cordialement, »

Frédéric
Dubus Duparloir (au nom de toute
l’équipe)
Maison du Coeur
Fédération Française de
Cardiologie

 

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Poème illustré par une photo de :

Yann Lecomte
www.yannlecomte.over-blog.com

C’est vraiment curieux de se dire
Qu’il ne reste plus devant soi
Que le temps d’un souffle, un soupir !
Peut-être même pas… cent mois

Et, au bout, la mort qui attend…
Oh ! Il n’est vraiment rien, le temps
D’une si courte vie humaine !
Combien folle et combien est vaine

Cette quête insensée de biens
Dont il ne vous restera rien…
Et comment laisser une trace
Tout au long de ces jours qui passent ?

Oubliez donc le mot : « toujours » !
Des souvenirs, un peu d’amour
Et quelques photos qui sourient…
Où est donc passée votre vie ?

Si Dieu le veut, demain peut-être
Ou même avant… Oh ! pourquoi naître
Si c’est pour s’en aller aussi ?
Peut-être est-ce bien mieux ainsi ?

C’est vraiment curieux de se dire
Qu’il ne reste plus devant soi
Que le temps d’un souffle, un soupir…
Et si c’était l’ultime fois ?

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Jean-Jacques Henner
(1829-1905)

C’est le temps de l’Après. Ce temps triste et très doux
Où novembre commence ; où les arbres sont roux
Avec parfois des jours ressemblant au printemps.
C’est le temps de l’Après… Comment était-ce, avant,

Quand vous viviez encor, mes amis disparus ?
L’automne est languissant ; le temps d’antan n’est plus
Où nous étions heureux, et à vivre, et à rire…
Le printemps et l’été ne sont que des soupirs,

Et l’on comprend soudain que les jours ont passé.
C’est si court, une vie ! L’été s’en est allé
Sans qu’on sache comment ; le temps va bien plus vite
Quand on est tout au bout, et personne n’évite

Que sa fin délabrée passe si tristement.
L’automne va couler… Peut-être qu’un printemps
Refleurira encor une dernière fois ?
Mais c’est, hélas ! l’Ailleurs qui impose sa loi…

 

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Le Caravage
(1573-1610)

Combien d’étés, dis-moi, as-tu donc vu s’éteindre ?
Une vie, c’est si court ! Et pourquoi toujours feindre
Que n’est pas important ce maudit temps qui passe ?
Les jours sont des éclairs, et peu à peu la trace

Des anciens jours heureux s’efface lentement.
Te souviens-tu encor du nom de tes amants?
Le soleil fond en pluie, et ta vie se délite ;
Les jours après les nuits vont de plus en plus vite ;

Et tu redoutes tant l’éclosion de l’hiver
Que tu voudrais t’enfuir aux pays toujours verts
Où l’on ignore tout de la male saison.
Mais ne te mens donc pas ! Là n’est pas la raison

De ce curieux mal-être qui ronge ton coeur.
C’est le fait d’être vieux qui forge ton malheur
Et l’automne qui vient l’accentue plus encore !
Ce qui te ronge ainsi, c’est l’idée de ta mort…

 

 

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Parfois le coeur me point quand je songe à ce temps
D’il y a bien longtemps où j’étais jeune et belle.
Ma jeunesse-printemps a fui à tire-d’aile,
Emportant à jamais ma joliesse d’antan.

Le doux temps des beaux jours est si court, jeune femme !
Détruisant lentement ta beauté si fragile,
Les années en passant vont éroder ton âme
A force d’amertume. Oh ! Pourquoi tant soigner

Ton teint si velouté et un peu duveté,
Tel les pétales blancs des roses du jardin ?
Efforts tellement vains pour fuir et retarder
De ta grande beauté l’inéluctable fin !

Le printemps s’est enfui. Vient l’été, puis l’automne ;
Des replis parcheminent ta peau fraîche et fine
Dont l’ivoire nacré vire au gris puis au jaune,
Et le premier soleil te donne triste mine…

Une seule équité entre belles et laides :
A un certain moment le temps te défigure,
Quoi que tu veuilles faire ! Et toute beauté cède
A l’âge qui s’en vient : point de demi-mesure !

 

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« Qu’est-ce qui s’est passé ? » a demandé Julie
En montrant son portrait à Marie, sa grand’mère,
Du temps où celle-ci était fraîche et jolie :
Joli teint de velours irisé de lumière,

Cheveux blonds tout bouclés et sourire éclatant…
Même femme, vraiment ? Comment est-ce possible ?
Où s’est évanouie cette image d’antan ?
Et comment rendre compte de l’irréversible

A un petit enfant ignorant la vieillesse ?
Cette dégradation gagnant de jour en jour,
Ce corps qui se flétrit, ce manque de sveltesse…
Comment lui dire enfin qu’il n’est pas de : « Toujours » !

Ces cheveux grisonnants et secs comme du foin,
Ce visage défait et qui fond en bajoues,
Et cet âge maudit avec tout son tintouin
De petits maux divers ! Là, Marie se l’avoue,

C’est bien trop difficile… Et elle va tenter
D’éluder le sujet… Un manque de courage
Qu’après-demain, demain, elle va regretter…
« Et si nous allions faire un tour dans le village ? »

 

 

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C’est un vaisseau de pierre ; un édifice immense
Si grave et solennel qu’il en est presque triste ;
La Major, la si belle ; une nef où subsistent
L’écho des oraisons, des effluves d’encens.

Chaque pierre a une âme, et elle est imprégnée
Par la sérénité qui sanctifie les lieux
En vous serrant la gorge, en humectant vos yeux
Tant vous êtes émus par cette étrangeté :

Il n’y a aucun bruit. Dehors Marseille bout,
Fébrile et agitée par une frénésie
Qui paraît insensée aux fidèles qui prient,
Engloutis tout au fond de leur quête où se joue

Leur avenir au Ciel. Le silence est total.
Il est comme habité, généré par la Foi
De tous ces gens unis par une seule loi :
Celle offerte autrefois par un Dieu amical.

De la voûte et des murs sourd comme un grand mystère,
Celui de l’amour fou qui a fait se dresser
Sur le ciel de Marseille un prodige insensé,
Mais où vit pour toujours l’espoir de la lumière…

 

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Poème illustré par :

Louis Aston Knight
(1873-1948)

www.louisastonknight.com

Dans le jardin les fleurs se fanent peu à peu
Et, à les voir mourir, la mélancolie point
En vous serrant le coeur. Verra-t-on l’an prochain
Leurs délicats boutons déployer sous nos yeux

Leurs si jolis pétal(es) ? Le ciel d’un gris passé
Délave la couleur des roses près du puits.
Au loin Salon s’endort. Le soleil assoupi
Pose sur les toits roux un reflet mordoré.

Le plumbago n’est plus, ni les gueules de loup…
Les jarres dégoulinent de tiges jaunies.
Il faudra tout couper puisque tout est fini…
Et l’automne est si long qui va détruire tout !

Mais pourquoi nous sommes-nous donné tant de mal
A faire ainsi pousser des plantes qui se meurent ?
Si nous devions compter cette peine et ces heures,
Nous n’en finirions plus ! Le fond de l’air est sale.

C’est sûr : il va pleuvoir ! Mais à quoi va servir
Cette pluie dégouttant des cheneaux encombrés
Par les premières feuill(es) ? Le ciel gris est plombé…
L’été n’aura duré que le temps d’un soupir.

 

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Cette fois, j’ai senti son aile
Frôler ma joue tout en douceur ;
Ma joue et peut-être mon coeur
Qui a soudain perdu son zèle

A battre régulièrement…
Puis elle n’a plus eu envie,
Et a fauché une autre vie
En l’espace d’un court instant…

Lunatique et capricieuse,
Elle va et vient à son gré,
N’ayant cure de vos regrets
Puisqu’elle est toujours victorieuse !

Et le Temps a repris son cours,
Comme l’automne qui roussit
Les feuilles du parc Borély ;
Le Temps qu’elle vaincra toujours,

Mais qui enchaîne les saisons,
Impavide et imperturbable.
Eté, automne : il est probable
Que cet hiver va être long

Et que je verrai le printemps ?
Elle semble partie plus loin :
Un accident à Lourmarin…
Peut-être vivrai-je longtemps ?

 

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Poème illustré par une photo de :

Bruno Monginous
www.photo-paysage.com

Une odeur de fumée et de brume mêlée
A la douce langueur d’octobre finissant :
C’est l’automne qui vient, et soudain l’on se sent
Encore un peu plus vieux, encor plus concerné

Par la fuite du temps qui coule avec la pluie.
Encor un peu plus las, encore plus noué
Comme un vieil arbre usé de plus en plus penché,
On a le coeur rongé par la mélancolie

De ces jours gris qui fuient tout en étant si lents.
Les feuilles se détachent des branches striées
Pour s’en aller pourrir tout au fond d’un fossé.
La Nature a vieilli ; comme moi elle attend

Que la vie peu à peu s’effiloche en lambeaux
Au gré du temps qui passe au fil noir des saisons.
Pourquoi ces changements ? Quelle est donc la raison
De tous ces souvenirs qui s’en vont à vau l’eau,

De la probable fin, de tous ces : « au revoir » ?
Le ciel est nuageux, posé sur la Provence
Comme un couvercle épais. De la faible luisance
Du soleil presqu’éteint sourd un jour dérisoire.

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Poème illustré par un tableau de :

Simon Vouet
(1590-1649)

Je poème la nuit, je poème le jour…
Tout à coup c’est un mot qui vient me titiller
Ou un vers incongru qui se met à chanter
Dans ma tête, tout seul. Un vers vraiment trop court

Pour construire et créer, rimer, imaginer…
Mais lentement le reste arrive à la rescousse
Et tout se met en place. Et c’est ainsi qu’en douce,
La muse Calliopé accepte de m’aider !

Des phrases et des mots, comme les éléments
D’un bijou : un collier qui peu à peu prend forme,
Qu’elle va assembler ; et la matière informe
Se transforme aisément au rythme de son chant !

J’écoute ses conseils avec une passion
Que nul  ne fit jamais naître en mon coeur blasé ;
Car j’aime à la folie la belle Calliopé
Qu’on nomme quelquefois aussi Inspiration

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Poème illustré par un tableau de :

Vilhelm Hammershoi
(1864-1916)

Face à Jean une femme. Avec son voile noir,
Elle est calme et sévère et pourrait l’effrayer,
Qui pointe vers son coeur  un doigt blanc et glacé.
Une vision honnie et dont tous les miroirs

Méconnaissent l’image : elle est immatérielle !
Mais lui sait qui elle est ! D’ailleurs il l’attendait
Depuis des jours déjà ; il n’est plus angoissé
Et préfère d’ailleurs qu’elle soit bien réelle.

Elle s’est rapprochée et son doigt va l’atteindre.
Derrière elle une porte, et ce qu’elle en ignore,
C’est qu’elle est entr’ouverte et qu’un large rai d’or
Fuse par l’interstic(e) . Nul ne pourrait l’éteindre,

Pas même le soleil tout dévoré de flammes !
Quand Jean sera touché, il pourra pénétrer
Dans ce monde là-bas dont elle est rejetée,
Qui le rendra heureux en apaisant son âme.

La femme vient plus près. Peut-être sourit-elle ?
Son doigt s’est fait caresse et l’homme qui priait
S’affaisse doucement, enfin rasséréné.
Une vie effacée s’en va à tire d’ailes…

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Son dossier sous le bras, Guy Leblanc est entré
Dans le Hall, porte E ; puis il demandé
A une dame blonde où était « son » Service.
Comme soudain soumise à un rude supplice :

« C’est au cinquième étage. Au fond ! La porte A ! »
Elle a montré du doigt la cage d’ascenseur.
L’engin était si vieux qu’il ne fonctionnait pas !
Il a pris l’escalier. Tout trempé de sueur

Après avoir grimpé, il a vu un couloir
Sombre et gris de poussière, avec un tas de portes
Et pas d’indications. Il était dans le noir,
A frappé n’importe où. Alors une voix forte

L’a renvoyé plus loin, vers les bureaux impairs…
L’air excédé et las d’une vraie fonctionnaire :
« Vous vous êtes trompé ! » lui dit une brunette.
« C’est à l’étage 3. Porte n° 7 ! »

Porte 7, on lui dit qu’il manquait des factures,
Certificat de ci, certificat de ça !
Qu’il y avait ici un soupçon de rature !
Que c’était interdit et qu’il ne fallait pas…

Il courut, remonta, complètement hagard :
Etage 3, puis 8 ! Porte B… au sous-sol !
Il se retrouva même au fond d’un vieux hangar
Après avoir erré longtemps dans l’entresol.

Il allait et venait. Et tel un punching-ball,
Renvoyé de partout, montant et descendant,
Guy s’est, abasourdi, retrouvé dans le Hall
Et devenu cinglé, s’est enfui en hurlant…

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