Archives de catégorie : Questions ?

Pourrais-je vivre ailleurs…

Pourrais-je vivre ailleurs ? Je ne le pense pas !
Il y a si longtemps que je vis en Provence :
La douceur de son ciel, le mistral, son outrance…
En ce futur fragile où ma vie pas à pas

S’en va se rabougrir, je resterai ici.
L’air y est délicieux ; nulle part la lumière
N’y est aussi dorée, ni si bleue, ni si claire.
Ce pays du soleil est ores mon pays…

Et pourtant j’ai passé mes premières années
En Lorraine où vivaient mes parents, les amis
De ma prime jeunesse. Un passé endormi
Depuis la nuit des temps… Mais je suis en apnée

Dès que je ne peux plus respirer cet air bleu,
Même s’il prête vie à l’énorme violence
Du mistral déchaîné quand il mène sa danse
Au-dessus du Midi. Qui en serait heureux ?

Mais ce n’est point assez pour lors en décamper !
Plus que les Provençaux, je suis dithyrambique…
Oyez donc, mes amis, oyez la vieille bique
Chantant de tout son coeur, avec un grand respect,

Son amour passionné et inconditionnel
Pour cette terre d’or, de lumière et de miel…

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Un honnête homme

 

Poème illustré par un dessin de :
Honoré Daumier ( 1808-1879)

C’était un gars gentil. On lui aurait donné
Comme on le dit chez nous, l’bon Dieu sans confession.
Il ne mentait jamais, même par omission…
Un brave homme, vraiment, intègre, si ce n’est

Qu’il paraissait manquer de cran et d’assurance.
Mais il était honnête et semblait vraiment fait
Pour un destin public ; tous ses amis comptaient
Qu’il deviendrait bientôt… un bon maire en Provence.

L’homme avait des atouts. Il paraissait costaud,
Bien campé tous les jours au plus haut des sondages.
Admiré, adulé. L’on voyait son visage
Sur toutes les télés et dans tous les journaux…

Il prônait la vertu, était même un modèle
D’énergie, de courage et de ténacité.
L’on vantait sa morale et son honnêteté,
Tous les gens de son clan se juraient ses fidèles

Car il allait gagner, c’était sûr, c’était clair.
Il semblait maintenant avoir plus de hardiesse,
Entraînait avec lui moult coeurs tout en liesse…
Quand s’abattit sur lui un improbable éclair :

Un beau  jour, patatras, ce fut la catastrophe !
Un journal dévoila qu’il n’était qu’un voleur,
Qu’il avait usurpé et morale et valeurs,
Et que d’un honnête homme il n’avait pas l’étoffe.

Mais il était pugnace. Il fit donc ressortir
Que ses malversations n’était point illicites
Et que l’Opposition jouirait par la suite
De sa répudiation. Mieux valait donc mentir !

On réfléchit… un peu ! Puis l’on conclut très vite
Que la moralité n’était pas l’essentiel
Au plus haut de l’Etat ! Juste digne du Ciel…
C’est ainsi qu’on élut le Roi des Hypocrites.

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La Femme*

Reflection

Elle est frêle, elle est forte, et porte à bout de bras
Tout le poids de la Terre et de l’Humanité.
Bien plus faible que l’homme, elle doit supporter
La naissance et la mort et tous les aléas

De la vie alentour dont elle est le pivot,
Cette vie si risquée dont elle est le creuset
Et portée neuf longs mois pour être ciselée.
Elle est frêle, elle est forte et porte sur son dos

Tous le poids de ce monde et toutes ses souffrances,
Mais aussi l’avenir, la joie et l’espérance.
Elle occupe en volume une bien moindre place

Que son mâle absolu qui se croit son seigneur
Bien qu’il soit subjugué par son feu et sa grâce.
La femme est un titan : la force est en son coeur !

*Pour la Journée Internationale des Droits de la Femme

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Le havre

Poème illustré par un tableau de :

James Ensor
(1860-1949)

Au cœur de sa maison, chacun devrait avoir
Un petit coin à lui, un havre, une retraite
Pour pouvoir s’y nicher comme en un reposoir ;
Un refuge égoïste et presque une cachette

Où l’on désapprendrait le monde environnant.
S’y requinquer tout seul, y retrouver l’espoir
Quand on vient de subir moult gens empoisonnants
Qui vous ont assailli du matin jusqu’au soir.

Avoir un peu de temps, rien qu’à soi, pour souffler
Sans l’Autre et les enfants ! Juste avant de reprendre
Le ronron familial, ce train-train boursouflé
De tout petits soucis qui pourraient bien attendre.

Au cœur de sa maison, un tout petit recoin,
Un endroit bien à soi où l’on pourrait renaître,
Méditer, – juste un peu – oublier qu’on n’est point
Seulement un quidam, et qu’on ne voudrait… qu’Etre !

Pas juste le devoir, la tribu, le travail,
Mais un peu d’égoïsme, un peu de solitude !
Le droit de paresser et de sortir des rails,
Avant que le bonheur changé en habitude

Truffée de rituels ne paraisse pesant,
Que le chemin à deux ne devienne épuisant.

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Utopie

Tout est calme, c’est incroyable !
Aucune guerre, aucun conflit
Sur la Terre où tout est aimable ;
Pas un combat, nulle chienlit.

La Nature s’est assagie
Pour un sempiternel printemps,
Et nous goûtons à la magie
D’un impérissable beau temps

Où tout est bleu, où tout est tendre ;
Où les Hommes, les animaux,
– Printemps rêvé, joli chromo –
Semblent affairés à s’entendre.

Dans l’espace la Terre roule
Comme une bulle de bonheur ;
Le monde est pris dans une houle
D’amour, de beauté, de douceur.

Tout est calme, les Humains s’aiment.
Le Ciel serait-il descendu
Chez nous pour une paix extrême ?
L’Eden nous serait-il rendu ?

L’harmonie règne sur le monde…
Mais il ne faut pas l’oublier
Et le proclamer à la ronde :
On est le trente février !

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J’aimerais, je voudrais…

J’aimerais, je voudrais m’envoler tout en haut
De la montagne bleue penchée sur la vallée ;
Et puis, niant ma peur, toute crainte avalée,
M’élancer du sommet comme une-femme oiseau.

Je voudrais, j’aimerais m’ébattre dans le ciel
Pour y glaner enfin des flocons de nuages,
Et voir la mer au loin tel un brumeux mirage
Où dansent des bateaux irisés d’arc-en ciel.

J’aimerais, je voudrais grappiller des étoiles
Pour les disséminer aux cimes des sapins
Et des mélèzes noirs, sur les monts subalpins
Que le gel hivernal drape d’un léger voile.

Je voudrais, j’aimerais incendier la lune
Pour qu’elle soit enfin l’égale du soleil
Et embrase les nues de son cercle vermeil
Qui enflamme la nuit, sa mélancolie brune.

J’aimerais, je voudrais musarder dans le ciel,
Valser au fil du vent au-dessus des vallées ;
Et puis planer tout doux après m’en être allée
Rejoindre l’horizon repeint d’or et de miel.

Je voudrais, j’aimerais rester toujours là-haut
Pour un dernier ballet. Un ultime voyage
Au pays où la mort n’existe plus, ni l’âge ;
Où des gens comme moi volent tels des oiseaux…

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Le nez dans le guidon

Poème illustré par un dessin de :
Honoré Daumier
(1808-1879)

Il existe chez nous des hommes politiques
Ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez !
Et ce n’est point du tout pour notre République
Qu’ils recherchent nos voix, mais pour nous amener

Là où ça les arrange, eux seuls, en tout premier !
Dans leur propre intérêt ! Dénués d’expérience,
La vie publique étant leur unique métier,
Ils savent malgré tout déjouer la méfiance

De leurs chers électeurs – ces benêts à berner –
Bien qu’ils soient maintes fois en parfait décalage
Avec nous, les Français, sots embobelinés
Jugés bien trop obtus pour voir les fricotages

Dont ils usent toujours fort astucieusement.
Ils n’ont vraiment en vue que le tout prochain vote,
La prochaine échéance, et malhonnêtement,
Nous font ingurgiter mille faux antidotes

Dont nous pensons à tort qu’ils pourraient nous guérir.
Si trop souvent, pour nous, leurs faits sont illicites,
Leurs abus, leurs excès ne sauraient les noircir
Puisqu’ils votent les lois ! Et ils se félicitent

De notre ingénuité : nous les réélisons !
Si nous sommes cocus, c’est vraiment notre faute !
Ces malfrats patentés ont tout à fait raison
De couillonner ainsi leurs chers compatriotes

Qui pourraient les virer s’ils le voulaient vraiment !
Sommes-nous des sujets quasiment invisibles
Pour ces individus? Bien sûr, évidemment !
Mais c’est notre confiance en eux qui est risible…

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Tapisserie

Qu’est donc pour nous la vie le jour où nous naissons ?
La chaîne d’un tapis sur lequel nous devons
Passer et repasser une simple navette
Pour en tisser la tram(e) : très modeste carpette,

Ouvrage d’un grand prix ? En tout cas bien souvent
Ce que nous en faisons : parfois en en bavant,
Parfois facilement. Nous poussons la bobine,
Entrelaçant les fils afin que se combinent

Pour le mieux le hasard et les événements,
Essayant d’agencer ennuis et bons moments
Comme nous le pouvons. Mais dès que le fil casse,
Nous pourrions maintes fois, pour qu’au mieux tout se passe,

Essayer de recoudre avec art le tissu,
Même s’il est parfois tout sens dessous dessus.
Notre vie est souvent une tapisserie
Où peuvent alterner accrocs et broderies !

Alors que nous avons tout un choix de motifs,
Nous sommes fréquemment les uniques fautifs
De ces éraillements qui abîment la trame ;
Il nous serait aisé d’éviter bien des drames

Si nous nous souvenions de sa fragilité.
Notre vie est à nous, avec sa liberté.
Sa chaîne est bien tendue, mais son plus beau tissage
Dépend souvent de nous, qu’on soit fol ou très sage !

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Brièveté

brievete

Sentez-vous la tragédie
Qui se joue à votre insu ?
Tout destin et toute vie
Du triste Temps sont issus,

Mais ce n’est pas lui qui passe,
Hélas ! C’est nous qui passons.
Notre jouvencelle grâce
S’use tôt, et nous cessons

Très vite d’être ingénus…
Bien brève est notre jeunesse,
Sa beauté, et nos corps nus,
Vaincus par flemme et mollesse,

Perdent bientôt tout attrait.
Ce n’est pas le Temps qui passe
En nous décochant ses traits :
C’est la vie qui nous fracasse !

Telle est la fragilité
Organique des Humains.
Le roc peut se déliter,
Mais son propre lendemain

N’est sûrement pas le même
Que le nôtre évidemment !
Tout se détruit de lui-même,
Et bien vain notre tourment

Quant à la force infernale
Qui nous projette en avant
Vers la peine capitale !
Désespoir et chaud devant…

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L’aile du Temps qui passe…

Un elfe

L’aile du Temps qui passe en effleurant les choses
Les use peu à peu, corrodant leur surface,
Otant à chaque fois une bribe de grâce
A ce qu’il frôle trop. Rien ne s’y s’interpose,

Nul ne peut l’arrêter, pas même les Humains !
Malgré leur fatuité, leur énorme arrogance,
Il leur est supérieur. Ils n’ont aucune chance
Face au Temps d’aujourd’hui qui est déjà demain.

Il est souvent partial, fanant d’aucuns plus vite
Comme octobre flétrit les fleurs injustement,
Certaines mieux pourvues retardant le moment
Où leur frêle beauté se dégrade et s’effrite…

L’Homme est pourtant un sot, qui fête tous les ans
Le Destin acharné qui l’use et le dévore.
Il fait la fête, il danse, et ce Temps qu’il abhorre
Continue malgré tout à passer, soi-disant

Parce qu’être immortel serait insupportable…
Complice de la Mort, sans aucune impatience,
N’éprouvant ni remords ni même repentance,
Il lui fournit ses proies, complaisant et serviable.

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Pollution

couple

L’on dirait que Marseille est sous un capuchon.
Son azur cristallin semble moins transparent
Et son ciel infini est bloqué par l’écran
D’un mystérieux brouillard. Là-haut, le cabochon

De la lune imprévue, dépourvue de limites,
Est encor bien présent malgré le grand soleil.
La ville est mal à l’aise, et depuis son réveil
Respire vraiment mal. Même ceux qui habitent

Non loin du littoral ont l’horrible impression
D’étouffer peu à peu sous l’étreinte invisible
D’êtres lilliputiens, malfaisants et nuisibles
Qui insidieusement en prennent possession !

Particules souillées, corpuscules de suie,
Atomes polluants à l’âcre couleur miel
Et à l’amère odeur vont polluer le ciel
Jusqu’à ce qu’un grand vent nettoyeur les essuie.

En attendant, Marseille est pris dans un filet
Enserrant de ses rets et la mer et la ville.
Il attend patiemment, étonnamment docile,
Que le mistral s’en vienne enfin l’éparpiller.

Nous étions si contents que le printemps arrive,
Et sa lumière bleue et son grand ciel si clair !
Plus petites nos fleurs ? Bien plus âcre notre air ?
La Provence elle aussi s’en va à la dérive…

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Feu d’enfer

feu-cheminee

L’on vient de rallumer dans l’âtre un feu d’enfer :
Il faut bien accepter le retour de l’hiver,
Ses soucis saisonniers et leurs inconvénients !
Cependant si novembre est pas mal contrariant,

Pour mieux le survoler nous avons malgré tout
Moultes petites joies : après-midis très doux
Au creux d’un bon fauteuil à regarder les flammes,
Laisser aller complet bien loin de tous ces drames

Qui rugissent dehors. Le ciel y est si noir
Qu’à midi l’on dirait qu’est survenu le soir.
Et pour imaginer que l’existence est belle,
Nous tentons de ne plus écouter les Nouvelles !

L’horloge tique et taque en dépeçant le Temps.
Il fait tiède, il fait bon. Oh, presque tout autant
Qu’il y a quelques mois ! Le bonheur qui ronronne
S’est installé chez nous. La bouilloire chantonne…

On est bien, il fait chaud. Le malheur est bien loin…
Mais quel est donc ce bruit dehors sur le chemin ?
Des gens dépenaillés et à l’allure étrange
Dont l’allure accablée nous stresse et nous dérange

Viennent de s’arrêter juste devant la porte.
Que nous veulent-ils donc ? Le diable les emporte,
Les remmène chez eux ! Qu’ils restent en enfer
Et subissent ailleurs les tourments de l’hiver…

Tiens, l’on n’entend plus rien… Alors on se regarde…
Sais-tu que d’ici peu, si l’on n’y prend point garde,
Notre cœur endurci s’en va se dessécher ?
Il faut les rappeler et aller les chercher…

Mais ils sont repartis, rivés à leur misère,
Pour divaguer sans fin tout autour de la Terre.
Nous, nous n’avons rien fait… Désormais peu nous chaud
Qu’il fasse bon chez nous et qu’on y soit au chaud !

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Chant d’amour

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Mon ami , cher amour, oh ! ma tendre aventure
Advenue par hasard quand je n’attendais rien,
Que serais-je sans toi ? Sans le fervent soutien
De ta main me guidant vers d’autres conjonctures
Qu’une vie où stagnait un bien fade destin ?
Mon Hasard, mon ami, oh ! mon ultime chance,
Qui as fait rejaillir la dernière espérance
D’un Futur ranimé, tu t’en vins un matin
Où le ciel était triste et l’aube bien trop grise.
Tu as illuminé tel un rai de soleil
Ces heures qui passaient et ces jours tout pareils
A des plaines frôlées par une morne brise.
En homme impétueux, tu as su réveiller
Le long cours envasé d’un fleuve trop tranquille
Allant beaucoup trop droit au cœur de la grand’ville.
Une vie silencieuse ayant tout oublié…

Tu fus comme un grand vent, un porteur de tempêtes
Ravivant en tornade impatience et passion,
Tendresse exacerbée fourmillant d’émotions
Et d’un tourneboulis qui me vrille la tête.

Mon frère, mon ami, tu es le seul amant
Qui aies jamais marqué d’un sceau inimitable
Ma vie de tout repos et même un peu minable :
Je te suis attachée comme fer à l’aimant.

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Infinitésimale…

flamme-de-la-vie

Sous la terre une graine infinitésimale,
Une ébauche de vie, un soupir, un soupçon ;
Un presque rien du tout, un tout petit frisson
Attendant le printemps dans la torpeur hiémale

Qui engourdit le Sud. Une graine de quoi ?
L’on ne peut pas savoir ! Une petite chose
Fripée et rabougrie. Un embryon de rose ?
Une plante guindée convenant à un roi ?

Une humble graminée issue des fleurs des champs ?
Un germe plein de vie, une fragile graine
Prête à naître au printemps, à l’étroit dans la gaine
La protégeant du temps souvent par trop méchant !

Dans un ventre une graine infinitésimale,
Une ébauche de vie, un soupir, un soupçon ;
Un presque rien du tout, un tout petit frisson
Enclosant le destin d’une vie animale

Encore en devenir. Un minuscule Humain
Semblable à un pépin, encor très vulnérable
Dans sa coque de chair. Un miracle admirable
Comme toute existence annoncée pour demain…

Une plante, un Humain ? Deux vies et deux destins
Qui poussent doucement et vont prendre leur place
Au cœur d’un grand rébus. Deux minuscules traces
De la vie sur la Terre en un monde incertain…

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La mer infiniment…

mer-joseph-bayol

Poème illustré par un tableau de :
Joseph Bayol

www.josephbayol.com

La mer infiniment dodeline et soupire
Au-delà du Pharo, de ses roches d’argent.
La mer-éternité brimbale immensément,
Et ses flots cognent dur la côte que déchire

Le temps démesuré qui sait prendre son temps.
La mer martèle fort les grandes pierres grises
Qu’elle rompt, qu’elle mord, qu’elle broie, qu’elle brise
En tout petits fragments avalés goulûment.

Sans jamais se lasser la mer frappe la ville,
Arrachant des éclats aux plages et aux ports ;
Les vagues tambourine(nt) et des bribes de mort
Voltigent dans l’écume où le soleil vacille

Avant de s’enfoncer derrière l’horizon.
Insidieusement la mer corrode et ronge
Marseille l’insolent qui croit en son mensonge
Et se pense éternel avec peu de raison.

La Méditerranée s’en moque et le dévore
A petites bouchées, sans trop de branle-bas.
Elle sait qu’elle est forte et que rien ici-bas
N’est bâti pour durer ! Que le temps omnivore

Est comme elle un tueur parfaitement normal…
Elle effrite le roc, elle érode la côte.
Infiniment patiente, elle use, elle grignote
La ville qui se meurt en ignorant son mal.

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