Archives pour la catégorie “Printemps”

C’est une ville-charme et un peu surannée,
Dont l’accent est chantant et dont, toute l’année,
On vante la douceur. Mais sa grâce d’antan
S’y exprime surtout dès le premier printemps

Quand tout y est fleuri partout en abondance :
Balcons en fer forgé ; fontaines où l’eau danse
Et gicle en gazouillant ; calades biscornues
Aux vieux pavés disjoints. La moindre de ses rues

Ruisselle de bouquets et d’odeurs printanières
Qui ravissent les sens ; et la Mairie espère
Obtenir du Jury sa quatrième fleur
Tant chacun dans la vill(e) s’emploie avec ardeur

A fleurir ardemment les plus lépreux des murs :
Il n’est pas une brèche et pas une fissure
Où ne pousse un buisson de fleurs multicolores.
Il faudrait inventer au moins cinq fleurons d’Or

Pour la jolie cité dont la seule bataille
Est le plaisir des yeux. Qui sait ? Vaille que vaille,
Peut-être le village sera-t-il en Provence
Le plus joli de tous ! Peut-être même en France !

 

 

 

 

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Poème illustré par un dessin de :

Raymond Peynet
(1908-1999)

C’est un coeur d’artichaut, si chaud et si sensible
Qu’il se sent tout benêt dès que passe une belle ;
Les mélodies d’amour, les tendres ritournelles
L’émeuvent malgré lui ; c’en est presque risible !

C’est depuis le printemps qu’il ne résiste pas
A l’invincible attrait d’un trop joli visage.
Les filles le perturb(ent), il ne peut rester sage
Tant elles ont pour lui de délicieux appâts.

Aujourd’hui, c’est Manon : il la trouve adorable,
Songe même à mourir pour lui prouver sa flamme
En lui sacrifiant tout : son coeur, sa vie, son âme…
Mais qu’au moins une fois elle le trouve aimable

Et le remarque enfin ! Puis s’en vient Magali…
Il oublie la blondeur de son autre promise
Et ne voit plus soudain que la bouche en cerise
De la brune Arlésienne. Oh, qu’elle est donc jolie

Avec ses longs yeux noirs et ses boucles d’ébène !
Il a le coeur qui fond… Mais voici Marion
Qui pousse son vélo, ahanant tout au long
De la rue Bénezet. Sitôt il se démène

Pour l’aider de son mieux. De longs cheveux d’argent,
Des yeux couleur de mer, un derrière dodu :
Le voici de nouveau tous sens dessous dessus…
Il faut dire qu’Axel a tout juste quinze ans !

 

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Des valves en plastique ; un morceau de tuyau
Rabouté à l’aorte : et pourtant tout ça bat
Et palpite et frémit et fait même des sauts
Quand l’émotion l’emporte ! Un coeur tout raplapla

Devenu un champion tant il remarche bien !
Un coeur fort mal en point qu’on a raccommodé ;
Un coeur au bout du bout qui ne demandait rien
Qu’a vivre encor un peu et à continuer…

Mais quel drôle d’effet cela peut-il bien faire
De se dire qu’on a, niché dans la poitrine,
Un truc rapetassé ? Quelle curieuse affaire !
Un coeur rafistolé qui peut tomber en ruines

Si ces bouts de rilsan ont été mal cousus !
Enfin… c’est ça, la vie ! Advienne que pourra !
Est-ce vrai qu’il était vraiment si mal fichu,
Ce coeur à l’agonie? Pour le moment il bat…

Oh ! Regardez dehors ce frelon qui lutine
Une fleur toute neuve ! Il y a des brins verts
Qui piquettent le sol. Et un oiseau tintine
Dans le figuier, là-bas…Voici le grand mystère

De la vie qui renaît. Et le coeur rapiécé
A mis au diapason ses nouveaux battements ;
Reparti pour un tour, il est tout requinqué !
Renouveau au jardin et printemps au dedans…

« Bonjour,
Nous vous remercions
d’une part de l’intérêt que vous portez à la Fédération Française de Cardiologie
et d’autre part pour votre beau poème, qui est un hymne à la
vie.
Bien
cordialement, »

Frédéric
Dubus Duparloir (au nom de toute
l’équipe)
Maison du Coeur
Fédération Française de
Cardiologie

 

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Poème illustré par un tableau de :

Jacques Testa
www.tableaux-testa.net

On n’a pas l’habitude ! Il a tellement plu
Depuis le mois de mars que chez nous tout est vert.
L’eau cascade partout et des rious en crue
Inondent la garrigue en détrempant la terre.

Ceci n’est pas du tout une pluie provençale !
Ca tombe incessamment et opiniâtrement
En traits bien réguliers : un rideau vertical
Qui n’arrête jamais et chuinte doucement.

Le terrain est spongieux : c’est inhabituel
En ce coin du Midi si sec et si aride !
Une gadoue collante et gluante où ruisselle
L’eau ininterrompue ; et une odeur fétide

De boue nauséabonde envahit les sous-bois.
Depuis combien de jours, depuis combien de nuits
Pleut-il ainsi, dis-moi ? La Provence aux abois,
Toute grise et mouillée sous son ciel alangui,

Se pose des questions : est-ce un nouveau déluge
Envoyé par le Ciel pour lui faire payer
Trop de douceur de vivre ? Elle était un refuge
Avec son doux climat, et on nous l’a noyée…

 

 

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Des fontaines qui coulent en toutes saisons !
Le pays est à sec, mais pas notre Provence
Malgré son sol ingrat. Qui y a souvenance
D’un temps de pénurie où l’eau lui fit faux bond ?

C’est grâce à la montagne, à ses neiges d’hiver
Qui fondent au printemps, et s’en viennent gonfler
Les sources, tout là-haut, dont les eaux boursouflées
Irriguent la Provence où lors tout devient vert.

Sur les pentes à pic, ce ne sont que cascades
Se déversant en pluie dans des torrents grondants
Coulant avec fracas vers le Sud, y portant
La force du printemps. Sorte de cavalcade

D’eau noire et d’alluvions qui le gorgent de vie
Et dévale à grand bruit, nous portant l’onde claire
Qui glougloute et jaillit des tréfonds de la terre ;
Un nectar ruisselant qui vient du Haut-Pays,

Abreuvant les fontaines partout sur les places,
Décorant joliment nos villes du Midi,
Que nul n’a jamais vues asséchées ou taries.
Remercions en les Alp(e)s par mille et mille grâces…

 

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Janvier avait été terrifiant en Provence ;
Il avait tout détruit, et le mistral en transes
Venu à la rescousse l’y avait bien aidé.
Les plantes de l’été saccagées, dévastées !

Dans une plate-bande un bâton biscornu ;
Un tortoir maigrichon piqué dans le sol nu
Desséché par l’hiver de mon pauvre jardin ;
Le gel étant passé, il n’y restait plus rien

Que ce machin tout sec. Un bout de bois minable,
Un piquet disgracieux tout à fait méprisable.
Qui l’avait planté là ? Je ne m’en souviens plus !
Un bâton inutile et sans plus de vertu

Qu’une pierre stérile. Et j’allais l’extirper
De méchante façon quand j’en fus empêchée :
Sur l’écorce verdâtre, un léger renflement !
Je n’y touchai donc plus car j’avais bien le temps…

Deux ou trois jours après naissait un gros bouton !
Je n’osai pas penser que c’était un bourgeon !
Comment aurait-il pu…? Mais si ! C’était bien vrai
Car il poussa, poussa, sous mes yeux effarés…

A la fin-février, c’était un arbrisseau
Fleuri à la folie, et où tous les oiseaux
Du canton gazouillaient avec force babil !
Le printemps triomphant né d’un bâton stérile !

Depuis c’est un gros arbre où fourmille la vie
Et qui n’a pas de nom, mais qu’on appelle : « Ami » !

 

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Du printemps à l’automne un joli plumbago
Fleurit dans mon jardin : une bribe de ciel
Accrochée au grillage. Ou les plumes des ailes
De l’oiseau enchanté de Charles de Perrault ?

Ses grappes sont si bleues, son feuillage est si vert
Que l’arbuste en paraît quelquefois irréel.
Il va fleurir ainsi jusqu’au seuil de l’hiver
Où il mourra peut-être, amoindri par le gel…

Mais chez moi, protégé par un vieux mur en pierre,
Il résiste au mistral et s’accroche à la vie.
Il sait bien profiter de la moindre lumière
Pour renaître au printemps, quoiqu’un peu rabougri !

Ca n’a pas d’importance ! Tirant de sa ramure
Asséchée, biscornue, sa sève nourricière,
Il refait son feuillage et ses boutons d’azur
Pour reconstruire enfin ses grappes printanières.

 

 

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Au-dessus de l’Ubaye vole un aigle royal
Aux contours acérés sur l’horizon tout bleu
Haché par les pics noirs des Alpes provençales.
L’oiseau géant qui plane égratigne les cieux ;

Ses ailes déployées propulsées par la mort
En font un grand planeur que les ailes du vent
Soutiennent par-dessous, au moment où l’aurore
Pose sur les sommets un entrelacs d’argent.

En bas dans la vallée, c’est la vie qui s’éveille :
Un matin de printemps oublieux du danger,
Renaissant lentement sous le premier soleil…
Un lapin étourdi va se faire piéger

Quand un gros marmotton, voyant l’ombre cruelle,
S’évertue à siffler : c’est une débandade !
Pour les oiseaux aussi, qui fuient à tire-d’aile
Oubliant pour un temps leur amoureuse aubade…

L’aigle qui a plongé remonte au haut du ciel,
Mécanique inlassable et faite pour tuer.
Son immense ombre noire est comme une parcelle
De l’implacable loi régissant la vallée…

 

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Dans le fond du jardin, la petite Aurélie
S’est assise dans l’herbe à l’ombre du figuier.
De sa bouche arrondie sourd une mélopée,
Un mélange de sons très doux, de gazouillis ;

Sorte d’hymne barbare issu du fond des âges.
Elle est toute menue et frêle : un elfe blond
Qui vient d’avoir trois ans. Elle a deux yeux tout ronds
Dont le bleu lumineux éclaire son visage,

Et surtout cet amour des bêtes et des plantes!
Le printemps incarné en un petit enfant,
Candide inconscient des vertus de son chant
Qui fait naître un miracle ; où le monde s’enchante

D’un prodige inouï dont les gens de Lançon
Effarés et ravis ne se remettront pas :
Toutes les fleurs du coin, et même le lilas,
Vrillant son tronc chenu en moultes contorsions,

Pivotent vers l’enfant au pouvoir féérique.
Puis ce sont les oiseaux, insectes, hérissons…
Qui comme hypnotisés viennent former un rond
Tout autour d’Aurélie. Son étrange musique,

Symbole fort et doux du tout nouveau printemps,
Les a tous réunis en un cercle charmé.
La si petite fille en a fait des alliés
Oubliant leurs conflits, tout au moins pour un temps…

 

 

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Poème illutré par un tableau à la manière de :

Klimt
(1862-1918)

La Madelon des Mées avait un beau bébé,
Un pitchoun si parfait que toutes les commères
En étaient entichées. Et elle en était fière,
Riant avec humour de leur partialité !

Non loin de là vivait une affreuse mégère.
Rongée par le dépit et par la jalousie,
Elle trouvait l’enfant honteusement joli.
Las pour la Madelon ! C’était une sorcière :

Enlevant le petit au début du printemps,
Elle alla le cacher dans la grotte des Loups ;
Puis obtura l’entrée par un tas de cailloux
Qu’elle put empiler en les ensorcelant.

Mais un choucas la vit. Outré par ce forfait,
S’en fut à tire d’aile(s) mettre au courant la mère
Qui héla ses amies ; et toutes se ruèrent
Vers la grotte damnée pour sauver le bébé.

On se pela les doigts, on s’arracha la peau,
On faillit maintes fois être blaqueboulées
Par les pierres roulant sur le sol cabossé…
Jusqu’au moment béni où l’on vit le minot :

Il était sain et sauf, et, sans aucun émoi,
Se suçotait le poing avec délectation.
On le tira de là avec tant d’émotion
Que certaines faillirent en mourir de joie.

Puis, quand on fut calmé, l’on courut au village
Pour attraper la vieille. On la mit dans le trou
Qu’on reboucha bien vite avec tous les cailloux.
Elle y est depuis lors et y clame sa rage…

 

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Poème illustré par un tableau de :

Jean-Marc Janiaczyk
jean-marc.janiaczyk.pagesperso-orange.fr

Une harmonie parfaite et le juste milieu !
Le ciel est bleu layette, éclairant Mandelieu
De la lumière tendre du nouveau printemps.
La Méditerranée cligne et l’horizon s’étend

Jusqu’aux lointains confins d’un monde inachevé…
La mer est comme un songe, et l’on pourrait rêver
Qu’elle baigne là-bas des côtes inconnues
Avec les mêmes flots, existant à l’insu

Des Hommes de chez nous. Il fait très doux ce soir
Et les premières fleurs embaument l’air ivoire.
Brise molle agitant les plumes d’un palmier,
Le vent emporte au loin l’odeur des orangers

Qui fleurissent déjà sur les rives australes.
La côte y est d’azur et le temps idéal,
Juste comme il faudrait qu’il soit infiniment.
Les mimosas dorés chuchotent doucement…

 

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Poème illustré par un tableau de :

Vincent Van Gogh
(1853-1890)

Le printemps, en Provence, c’est le temps de la pluie :
Une pluie forte et drue aux flèches acérées
Ricochant sur le sol, et zébrant de ses traits
Le ciel rageur roulant de gros nuages gris.

C’est le temps de la grêle et le temps des tempêtes
Où soudain le mistral semble devenu fou.
Un temps capricieux passant du tout au tout,
D’un macabre sinistre à une immense fête.

Et c’est aussi le temps du soleil idéal,
Juste chaud comme il faut pour éveiller les fleurs
Encore corsetées par la froide torpeur
De l’hiver qui languit. C’est l’ancien germinal

Qui emplit les greniers de l’antique Provence ;
Ce sont des jours plus longs entrecoupés d’orages,
Pleuvant en ruisselant sur les toits du village ;
Une lumière neuve et qui cligne et qui danse…

Le printemps, par chez nous ? Du bonheur crescendo
Qui met un arc-en-ciel dans l’âme des oiseaux.

 

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Le jardin d’Eulalie est tellement fleuri
Qu’elle en est toute fière. Et toutes ses amies
De la féliciter d’avoir la main si verte !
Sa porte hospitalière est d’ailleurs grande ouverte

A tous les villageois voulant le visiter.
Un endroit merveilleux visité par les fées
Dès avril, parfois mars ; où toutes les essences
Explosent en couleurs avec magnificence !

Mercredi Eulalie a reçu la visite
De son amie Anna, avec une petite
Qui l’appelait Mamoune : un tout-petit enfant
Aux cheveux blonds bouclés, aux grands yeux innocents.

Eulalie a offert une tasse de thé
Et les dames se sont mises à papoter
Pendant que la fillette errait dans le jardin…
Puis elle est revenue, un trésor plein les mains :

Une énorme brassée de fleurs, mais les plus belles !
Un bouquet gigantesque et tout aussi grand qu’elle
Qu’elle serrait très fort sur son ventre dodu.
Une razzia totale, un saccage absolu !

Eulalie crut mourir : son jardin ressemblait
Au square communal qui était tout pelé !
Cachant son émotion et sa déconfiture,
Pour se remettre un brin et fair(e) bonne figure,

Elle mit un grand coup de gnôle dans son thé !
Puis la tête à l’envers et le coeur retourné,
Elle fit des bouquets des fruits de la rapine,
Les offrant gentiment à toutes ses voisines…

 

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Marcel Rieder
(1852-1925)

De l’eau, du sel, du sucre, un bon morceau de beurre ;
Faites chauffer le tout jusqu’à ébullition.
La farine ? Un hecto dans la préparation.
Mixez alors le tout avec un mélangeur,

Puis mettez votre tian sur un feu modéré.
Tournez tout doucement pour former une boule.
Ajoutez-y alors quatre oeufs entiers de poule
Et laissez refroidir la pâte à votre gré…

Avec une cuiller, prenez-en des morceaux
Que vous allez placer tout doux dans la friture
Pour former les beignets. Gare aux éclaboussures !
Et quand ils ont tourné, gonflant dans leur bain chaud,

Tout dorés, croustillants, c’est qu’ils sont vraiment cuits :
Roulez-les dans du sucre et gare aux calories…

* Contrairement à ce qu’on pense, les premières bugnes apparurent à… Arles !

 

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Sur les pentes du Suy un paillasson grisâtre
Séché par février commence à reverdir ;
Et les colchiques blancs sont comme des sourires
Sur les dernières plaques de neige jaunâtre.

Et puis tout va très vite, et la montagne grise
Se couvre d’un tapis d’herbe grasse à souhait,
D’un vert tellement tendre que l’on en mangerait !
Bienheureux les moutons qui s’en gav(ent) et que grise

La brise de printemps coulant vers les vallons !
Mais piquetées de gel les nuits sont encor fraîches,
Transformant les brins verts en pointes toutes rêches
Empesées par la glace fragile et qui fond

Dès les premiers rayons du soleil triomphant.
C’en est presque fini de la neige et du froid
Qui ne résistent plus qu’au plus profond des bois.
Il flotte au fond de l’air une odeur de printemps.

Dicton provençal :
Mes de mars poussous
Fa lou pastre orgueious.

 

 

 

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