Archives de catégorie : Printemps

L’école de la patience

J’ai envie de botter le train
A mes roses pour qu’elles poussent ;
Et bien qu’elles me disent : « Pouce !
On ne dépend pas des Humains »,

J’apprécierais qu’elles se pressent
En mettant plus fort le turbot.
Mais ce ne sont pas des robots
Actionnés à toute vitesse !

Non ! Elles prennent tout leur temps,
Pour parachever l’excellence
De leur beauté, dans le silence,
Tout comme leurs aînées d’antan.

Elles se déploient avec grâce
En croissant à tout petits coups,
Sans qu’on le remarque beaucoup,
Sans se soucier du temps qui passe…

C’est moi qui ai tort, je le sais !
Oh, elles sont tellement belles
Quand elles me disent, rebelles
A mon avis d’Humain pressé,

Que je dois me montrer patiente !
Roses, fleurissez lentement
Pour nous qui sommes les amants
De votre harmonie stupéfiante.

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La prolifération

Sur le talus, quatre fleurettes,
Peut-être pressées par le temps,
Sont nées sans tambour ni trompettes,
Sans même l’avis du Printemps.

Elles se sont disséminées
Partout jusqu’au fond du jardin,
Et de quatre elles sont passées
En une nuit à cinq, dix, vingt…

Puis ce fut une débandade :
Couvrant la garrigue et les champs,
Elles chantaient partout l’aubade
Folle et exaltée du printemps.

Du pollen, partout, des corolles
Peintes de milliers de couleurs,
Des pistils et des formes folles,
Et partout l’ineffable odeur

Du doux printemps baratineur,
Du temps nouveau qui vocifère.
Ca sentait l’humus, et la Terre
Semblait délirer de bonheur.

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Un jeune homme est entré…

Le jeune homme est entré dans la vieille maison
Où des gens l’attendaient, le cœur plein d’espérance,
Et prêts à lui confier – avec foi ou défiance ?
Ses clés détériorées bien plus que de raison.

Un jeune homme tout neuf, mais une très vieille âme
Comme on le dit là-bas, aux pays du Bouddah.
Réfléchi, judicieux, raisonnable au-delà
De ce qu’on attendrait d’un jeune âge qu’on clame

Volontiers un peu neuf pour de telles fonctions.
On lui avait bien dit qu’il fallait du courage
Pour ainsi s’attaquer à cette belle ouvrage !
Mais il avait montré tant de résolution

Depuis quelques dix mois qu’on lui faisait confiance !
Les murs étaient croulants, le toit menaçait ruines,
Bien que quelques pantins sentencieux aient fait mine
De la rapetasser de toutes les façons

Depuis plus de trente ans. Mais il était confiant,
Il y arriverait ! Avec de l’énergie,
Du culot et du cœur, sans idéologie…
C’était un jeune lion, un jeune homme impatient

De retrousser ses manches et prendre une truelle
Pour tout moderniser dans la vieille maison ;
Pour nous embaucher tous, afin qu’à l’unisson
Nous nous décarcassions pour la rendre plus belle…

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Veux-tu venir, ami…

Veux-tu venir, ami ? Tu le vois, je t’invite
En un pays béni tout fleuri de cigales,
De soleil, de beau temps… Une terre idéale
Où il fait si bon vivre. Et que l’hiver évite

Car il s’y sent perdu, vraiment désemparé
Par la douceur ambiante et l’énorme lumière
Qui gicle de l’espace et prépare la terre
A couver en son sein un monde chamarré

Eclosant bien plus tôt qu’ailleurs partout en France.
Pays des doux printemps et fief des chauds étés :
Je t’y mène avec moi. Tu y seras fêté
Comme tous les amis qui viennent en Provence.

Tu sembles fatigué ? Viens, nous allons monter
Tout en suivant l’Ubaye jusqu’à Barcelonnette.
Nous sommes au printemps, la montagne est en fête,
Le Cimet s’est mué en un monde enchanté

Où glougloutent en cœur des cascades d’eau vive.
Respire : l’air est vif mais sent bon le soleil !
La montagne renaît après un long sommeil
Et bourdonne de vie, s’arrachant à ces rives

Froides et désolées qui enclosent l’hiver.
Un tichodrome* chante… Et la brise qui danse
Fait valser les nuées au creux du ciel immense.
Les mélèzes tout nus sont festonnés d’un vert

Qu’on aimerait goûter… C’est à pleines goulées
Qu’on boit le vent qui tourne et vire autour de nous.
L’on savoure, on est bien. Remercions à genoux
Cette marche du Temps toujours renouvelée…

* Charmant petit oiseau montagnard

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Redoux

Entends-tu sous le toit la charpente qui craque ?
Le chalet comme un chat qui s’étire au réveil
Fait grincer sa carcasse au tout premier soleil,
Etirant ses cloisons de très vieille baraque,

Bâtie tout de guingois, dans la prime chaleur.
Du fond de la vallée une brume irisée
S’élève lentement, et la ligne brisée
De la montagne bleue se moire de couleurs.

Entends-tu ce roucou dans le fond du jardin ?
C’est la première fois qu’un chant de tourterelle
Annonce le printemps. Pour trouver une belle
Ou fêter le beau temps qui s’immisce soudain

Au cœur de la montagne après un rude hiver ?
La neige fond tout doux. De l’eau glacée ruisselle
Sur la façade en bois que de gaies étincelles
Eclaboussent de roux. Quelques touches de vert

Commencent à pointer au creux des jardinières,
Et des colchiques bleus pointillent les versants
Où le premier soleil s’éclate en déversant
A clarté que veux-tu de longs rais de lumière.

La montagne revit. Un oiseau cabriole
Tout en haut d’un mélèze encor un peu pouilleux
Sans son feuillage vert. Un zéphyr délicieux
Fait onduler l’Ubaye au souffle de sa viole.

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L’entre-deux

La station est déserte ; il n’y a plus de neige,
Hormis des glaçons gris qui s’agrippent aux toits.
Un chasse-neige usé et caduque nettoie
Une ultime gadoue sur le macadam beige

Car le dernier redoux a dépeuplé Praloup.
Le ciel est nuageux, la montagne grisouille.
Des gouttières usées et morveuses pendouillent
Des cristaux égouttant une eau salie. Un loup

S’est même aventuré au cœur de la station
Tant elle avait un air de ville abandonnée ;
Un décor pour un film où veut être donnée
Une impression d’angoisse et de désolation !

Est-il vrai que jeudi l’on jouait à glisser
Sur ces pentes ventrues, riant à perdre haleine ?
La station est fermée. Hier elle était pleine
De vie et de gaieté. Quelque chose est faussé,

Et semble inachevé, oublié, hors du temps…
Praloup n’est plus semblable à ses cartes postales
Et paraît maintenant vieux et moche et très sale.
Il se recroqueville, attendant le printemps…

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Utopie

Tout est calme, c’est incroyable !
Aucune guerre, aucun conflit
Sur la Terre où tout est aimable ;
Pas un combat, nulle chienlit.

La Nature s’est assagie
Pour un sempiternel printemps,
Et nous goûtons à la magie
D’un impérissable beau temps

Où tout est bleu, où tout est tendre ;
Où les Hommes, les animaux,
– Printemps rêvé, joli chromo –
Semblent affairés à s’entendre.

Dans l’espace la Terre roule
Comme une bulle de bonheur ;
Le monde est pris dans une houle
D’amour, de beauté, de douceur.

Tout est calme, les Humains s’aiment.
Le Ciel serait-il descendu
Chez nous pour une paix extrême ?
L’Eden nous serait-il rendu ?

L’harmonie règne sur le monde…
Mais il ne faut pas l’oublier
Et le proclamer à la ronde :
On est le trente février !

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Quelques grammes de vie…

C’est un petit oiseau, un doux bouquet de plumes.
Quelques grammes, pas plus ! Un minuscule oiseau
Fait d’une once de chair et de tout petits os.
Quelques grammes de vie, de sang, mais qui s’allument

Dans le ciel du printemps en milliers d’étincelles
Quand il vole en dansant au-dessus du jardin.
Le soleil resplendit, la lumière ruisselle
Sur son tout petit corps et sur les lavandins

Embaumant le Midi. C’est une miniature,
Un petit rien du tout, une bulle de vent ;
Un joyau emplumé qu’un beau jour la Nature
A fait naître au jardin tout en l’enjolivant.

Dans le monde animal il est comme un sourire.
Insouciant et joyeux, il trille tout le jour.
Mais comme il est bruyant, il est le point de mire
Du vieux chat Mistigri rêvant depuis toujours

De sentir sous ses crocs l’adorable bestiole.
P’tit oiseau, sois sérieux, et fais bien attention :
Fais gaffe au monstre roux pendant tes cabrioles,
Ne te pose au jardin qu’avec circonspection…

Valse encor dans le ciel pur et inaccessible,
Partition myosotis et dont tu es l’archet ;
Le ciel clair du printemps dont il est impossible
Qu’un chat même malin puisse te décrocher.

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Le nuage aventurier

nuage2

Posé sur le Cimet, il était un nuage
Friselé et crépu comme un bon gros mouton,
Aussi léger et blanc que duvet de coton…
Laissé sur le sommet par le dernier orage,

Il paissait le ciel bleu, accroché à la pente,
Quand il sentit en lui sourdre un très grand désir :
Celui de vivre enfin, de descendre et de fuir
Ce piton trop tranquille à l’inertie crispante.

Lors, tout gonflé d’audace, il se mit à descendre
Vers la vallée plus bas et son monde inconnu,
Délaissant la montagne et ses espaces nus
Pour la douce verdeur d’un monde bien plus tendre.

Sous le passage bleu de sa fraîcheur mousseuse,
Tout à coup rénovée, l’herbe se redressait
En petits traits bien drus, fermes et hérissés
Par l’étreinte mouillée de l’onde nuageuse.

Lorsqu’elle fut en bas, l’audacieuse nuée,
Un peu trop excitée par l’odeur du printemps
Se résolut à prendre encor plus de bon temps.
Mais se sentant quand même un peu diminuée,

Il lui vint tout à coup l’idée d’une baignade
Pour se régénérer, regonfler sa vapeur.
Le propre d’un nuage est qu’il n’a jamais peur,
Que pour lui se baigner n’est qu’une guignolade !

L’Ubaye roulait par là. Aussitôt attiré,
Le nuage imprudent s’approcha de la rive,
Ignorant le tonus printanier de l’eau vive
Qui sans nulle pitié pouvait le digérer…

Mais il s’en fichait bien ! Il fut happé par l’eau
Et changé sur le champ en blanches vaguelettes ;
Puis sous l’aspect sympa de mille gouttelettes,
Entraîné vers la mer pour rejoindre les flots…

Bercé et cahoté, il devint une vague
Chauffée par le soleil qui le but peu à peu
Pour le ré-expédier vers l’immense ciel bleu
Où tout revigoré par l’air pur il divague.

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Pollution

couple

L’on dirait que Marseille est sous un capuchon.
Son azur cristallin semble moins transparent
Et son ciel infini est bloqué par l’écran
D’un mystérieux brouillard. Là-haut, le cabochon

De la lune imprévue, dépourvue de limites,
Est encor bien présent malgré le grand soleil.
La ville est mal à l’aise, et depuis son réveil
Respire vraiment mal. Même ceux qui habitent

Non loin du littoral ont l’horrible impression
D’étouffer peu à peu sous l’étreinte invisible
D’êtres lilliputiens, malfaisants et nuisibles
Qui insidieusement en prennent possession !

Particules souillées, corpuscules de suie,
Atomes polluants à l’âcre couleur miel
Et à l’amère odeur vont polluer le ciel
Jusqu’à ce qu’un grand vent nettoyeur les essuie.

En attendant, Marseille est pris dans un filet
Enserrant de ses rets et la mer et la ville.
Il attend patiemment, étonnamment docile,
Que le mistral s’en vienne enfin l’éparpiller.

Nous étions si contents que le printemps arrive,
Et sa lumière bleue et son grand ciel si clair !
Plus petites nos fleurs ? Bien plus âcre notre air ?
La Provence elle aussi s’en va à la dérive…

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A Marseille, au printemps…

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A Marseille, au printemps, les filles sont jolies
Avec leur teint nacré parfois éclaboussé
De taches de rousseur, et leur corps élancé
Recherchant le soleil avec gloutonnerie.

A Marseille, au printemps, les filles d’opaline
Dénudent leurs mollets que le soleil oblong
Va colorer tout doux au fil des jours plus longs
Pour les repeindre d’or, comme des nectarines.

A Marseille, au printemps, les filles encor pâles
Exposent leurs bras nus aux tout premiers rayons
Qui s’en vont les bronzer tout comme des brugnons.
Les filles au printemps ont une peau d’opale

Délicate et rosée, encor fragile et tendre :
Un satin velouté, un velours sans défaut…
En juin elles seront dorées comme il le faut,
Et c’est à ce moment qu’il leur faudrait entendre,

En tentant de ne pas paraître trop moqueuses,
Les conseils judicieux et doctes des aînés
Leur prônant de couvrir leur joli petit nez :
Mais les fill(es) du Midi ne sont pas bien sérieuses !

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Infinitésimale…

flamme-de-la-vie

Sous la terre une graine infinitésimale,
Une ébauche de vie, un soupir, un soupçon ;
Un presque rien du tout, un tout petit frisson
Attendant le printemps dans la torpeur hiémale

Qui engourdit le Sud. Une graine de quoi ?
L’on ne peut pas savoir ! Une petite chose
Fripée et rabougrie. Un embryon de rose ?
Une plante guindée convenant à un roi ?

Une humble graminée issue des fleurs des champs ?
Un germe plein de vie, une fragile graine
Prête à naître au printemps, à l’étroit dans la gaine
La protégeant du temps souvent par trop méchant !

Dans un ventre une graine infinitésimale,
Une ébauche de vie, un soupir, un soupçon ;
Un presque rien du tout, un tout petit frisson
Enclosant le destin d’une vie animale

Encore en devenir. Un minuscule Humain
Semblable à un pépin, encor très vulnérable
Dans sa coque de chair. Un miracle admirable
Comme toute existence annoncée pour demain…

Une plante, un Humain ? Deux vies et deux destins
Qui poussent doucement et vont prendre leur place
Au cœur d’un grand rébus. Deux minuscules traces
De la vie sur la Terre en un monde incertain…

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Le printemps des menteurs

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(Sonnet)

Il est une saison où les bonnes nouvelles
Eclosent… en automne, avant les élections :
Un printemps en avance et fleuri d’illusions
Bourgeonnant à foison…Serments en ribambelles,

Engagements formels… De belles ritournelles
Serinées moultes fois par mille faux jetons !
Ce ne sont que bobards que nous, pauvres couillons,
Avalons  en jobards sans beaucoup de cervelle :

« Oyez, oyez, les gens, vous allez tout avoir :
Des emplois tant et plus ; plus de lendemains noirs
Ni d’insécurité ! Fiez-vous à nos promesses,

A notre bonne foi !  Juré, main sur le coeur ! »
Bien piètres Pinocchios, et de la pire espèce,
Qu’on devrait tous flétrir du même mot :«Menteur» !

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Les larmes de l’hiver…

Gabriele Corno

Poème illustré par un tableau de :
Gabriele Corno

Les larmes de l’hiver qui commencent à fondre
Creusent des petits trous de leur léger flic-floc
Dans la neige amollie, et les tout-petits chocs
De ses pleurs de cristal vont bientôt se confondre

Avec le clapotis de milliers de ruisseaux…
Le printemps se déploie là-haut dans la montagne,
Tout comme dans le Sud partout dans la campagne…
D’ici quelque deux mois, le soleil à l’assaut

Aura tout dénudé sur la montagne chauve
Qui mordra le ciel pur de ses pics aiguisés
Par le vent et la pluie. Et ses contours brisés
Se découperont mieux sur le diorama fauve.

Sous la neige qui fond l’on peut même entrevoir
Les petits museaux bleus de ravissants colchiques ;
Peut-être aussi l’espoir d’une herbe rachitique
Se frayant peu à peu un chemin dans le noir ?

L’hiver peut bien pleurer à gros sanglots de glace
Il n’est personne ici qui en ait des regrets !
Le printemps se rapproche, et la vie qui renaît
Sème déjà partout ses minuscules traces.

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Comme un air de printemps…

rêve

Le ciel est sans couleur. Une brise paisible
Y balance opiniâtre un gros nuage gris
Qui résiste têtu, tout boursouflé de pluie…
Mais voici que tout change, et c’est très perceptible

A nos sens assoiffés d’éclat et de lumière,
Même si ce nuage est un peu importun !
Le dernier avatar d’un février défunt ?
Aurait-on entendu ma fervente prière

Adressée au soleil pour qu’enfin s’en revienne
Le beau temps disparu ? Un peu acidulé,
Le bleu dur qui conquiert le ciel couleur de lait
A la tonalité d’une faïence ancienne

Gardée précieusement au fond d’une vitrine.
Quant au soleil, tout doux, il ose se montrer
Et chasser le nuage, un peu plus assuré
Qu’il y a un instant. La fadeur ivoirine

Du ciel encor pâlot fond petit à petit.
La lumière est plus drue. Des couleurs apparaissent,
Qui s’en vont s’enhardir jusqu’à ce que renaissent
Les tout premiers bourgeons au bout des rameaux gris.

Le nuage a fondu. L’atmosphère est légère.
Il souffle un peu partout comme un air de printemps !
Hé ! Secoue-toi, Soleil, que revienne le temps
Où nous allons enfin nous saouler de lumière…

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