Archives pour la catégorie “Printemps”

Poème illustré par :
Lionel Spani
www.lionel-spani.com
Haut les coeurs, mes amis ! Oui, le printemps est là :
Le soleil requinqué s’en vient sonner le glas
De tous ces jours si gris et mornes de l’hiver ;
On a le coeur en liesse et la tête à l’envers !
A Salon* les terrasses sont prises d’assaut :
On veut en profiter ! Cours Gimon, les badauds
Hument à pleins poumons l’air tiède et presque pur
De la rue bourdonnante, oubliant leur voiture
Qui gît abandonnée aux tréfonds de la ville.
On ralentit son pas, on a le coeur futile
Et l’on se sourit tous, l’âme un peu en goguette ;
La cité s’est parée de sa tenue de fête,
Les parterres de fleurs sont tout neufs ; et le vent
Délicat et léger les caresse en valsant,
Tout en faisant ployer avec grâce le stipe
Un peu raide pourtant des premières tulipes.
Place des Centuries l’on bade, l’on paresse
En prenant le soleil : tout va bien, rien ne presse !
Au-dessus, l’Empéri dresse ses murs austères ;
Même le vieux château ruisselle de lumière !
*Poème offert à Salon
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Poème illustré par :
Pierre Roudier
C’est un torrent fougueux tout hérissé de glace
Dont on a oublié qu’un jour il fut de l’eau.
Raidi et pétrifié sous une carapace
Dure comme l’acier, il chute de là-haut,
Dégringolant à pic en mille pendeloques
Sur les rochers tordus où il court en été…
Puis un beau jour de mars apparaissent des cloques
Sur l’eau fossilisée complètement gelée ;
Il fait un peu moins froid. Peut-être le printemps,
Se réveillant enfin après des mois d’attente ?
Des gouttelettes sourdent du roc noir et blanc,
Et bientôt un filet d’eau claire et bondissante
Bondit furieusement de rocher en rocher.
C’est d’abord un glouglou, puis le rugissement
De l’eau débarrassée de sa gangue glacée.
Le torrent délivré fait entendre son chant.
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Publié par Vette dans Printemps

Poème illustré par :
Elisabeth Fourcade
www.elisabeth-fourcade.net
Printemps, l’on t’aime et l’on voudrait
Te le chanter avec nos mots,
Des mots qu’on aurait inventés
Pour mieux te louer ! Des mots faux
Qu’on ne trouve en aucun lexique !
Des mots d’aujourd’hui et d’antan,
Des mots tout emplis de musique
Et s’envolant au fil du vent.
Tu es la saison de cocagne,
Si frais, si vert et gouleyant !
Tel une coupe de champagne,
Tu chasses les miasmes du temps,
Du temps d’hiver et d’infortune.
Tu clignes de l’oeil et séduis,
Sous les caresses de la Lune,
Tous les amoureux du Midi.
Printemps venu d’on ne sait où,
Tout frissonnant et frémissant,
Tu tournes la tête, et rends fou
Les baladins et les amants…
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Ma mie du mois de mars, te souviens-tu d’antan
Quand jeunes amoureux nous allions à la Fête ?
Fête de Saint Eldrad – le nom de notre enfant -
Et que chaque printemps les Lambescains souhaitent
A cet immense Saint qu’ils ont tous oubliés.
C’est vraiment une honte : on ne respecte rien !
Pourtant un grand seigneur, le patron des bergers,
Qui évangélisa moult et moult païens !
Le printemps bourgeonnait, nos nez d’ados aussi…
Et je t’aimais si fort, ma splendide Manon !
Dans le premier soleil tu étais si jolie
En tes habits tout neufs cousus pour l’occasion :
Un caraco doublé de fine toile blanche,
Un corselet serré pour affiner ta taille,
Une jupe en boutis qui enserrait tes hanches
Et un fichu de soie à la broche d’émail…
Tes bas de coton blanc galbaient tes beaux mollets,
Lambescaine jolie, si adroite à la danse ;
Tous deux nous sautillions au son du galoubet
Et du grand tambourin qui rythmaient la Provence
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Publié par Vette dans Printemps

Poème illustré par :
Roland Ballereau
http://rolandballereau.canalblog.com
L’angélique douceur du ciel bleu de Provence
Caresse la garrigue ; et la brise qui chante
Fait onduler les pins au-dessus de Fayence.
La nature amollie que le printemps enchante
S’éveille prudemment et sans aucun excès,
Epuisée par le froid. Le soleil assoupi,
Encor tout engourdi par d’ultimes gelées,
N’a toujours pas compris que l’hiver est fini
Et qu’il pourrait enfin déchaîner sa vigueur.
De légers pans brumeux brouillent l’air un peu frais
Qui sent bon la résine ; et déjà quelques fleurs
Déplissent lentement leurs pétales froissés.
Le printemps cajoleur, ce printemps qui caresse,
Est si tendre et câlin qu’il nous fait oublier,
A force de douceur et de délicatesse,
A quel point février a pu nous rudoyer.
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Publié par Vette dans Printemps

Poème illustré par :
Eugène Claude
(1841-1922)
Devant sa porte, ce matin,
Aude a trouvé un grand panier
Où quelqu’un avait agencé
Comme bijoux dans leur écrin
De frêles bouquets de violettes :
Légères fleurs du mois de mai
Dont le parfum doux et discret
Lui fit papillonner la tête.
Deux pétales bleus vers le haut,
Trois autres tournés vers le bas
Déjà flétris et un peu las !
Sans un peu d’ombre et un peu d’eau,
Les fleurs avaient triste figure,
Comme le timide amoureux
Qui attendait pâle et anxieux
Sa honte et sa déconfiture.
Et c’est bien ce qui arriva :
Sans regarder qui patientait
Caché sous le vieil olivier,
Elle les prit et les jeta…
Il reprit le panier, les fleurs
Agonisant dans le fossé ;
Mais il les a ressuscitées
En les arrosant de ses pleurs.
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Poème inspiré par :
Jack Butler Yeats
(1871-1957)
Sur la campagne provençale
Encore engourdie par l’hiver
S’est rué – surgi de l’enfer ?
Un extraordinaire cheval
Jailli soudain d’on ne sait où,
Silhouette fantomatique
Né du ciel blanc et de la boue.
Issu d’un monde fantastique,
Un grand cheval ruisselant d’or
Avec une crinière en feu,
Colossal et multicolore,
Caracolant et lumineux.
La lande recroquevillée
S’est alors figée de terreur,
Mais sous le galop effréné
A surgi un tapis de fleurs,
De mousse, d’herbes féeriques,
De végétaux tonitruants :
Le cheval aux sabots magiques
Etait l’un des fils du Printemps.
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Poème illustré par :
Geneviève Lagarde
www.genevievelagarde.artblog.fr
On se sent tout content, le coeur empli d’étoiles :
Le tout nouveau printemps vient de mettre à la voile
Pour s’en venir mouiller pas bien loin de chez nous
Et l’on est si heureux qu’on en est presque fou !
On a le coeur content, une chanson aux lèvres,
Et si ça continue, on va comme les chèvres
Bondir un peu partout pour exprimer sa joie.
On a le coeur content et la tête en émoi
Car ce printemps tout neuf filant de port en port
S’en va vite flanquer le triste hiver dehors
Pour enfin débarquer, jetant l’ancre à Carry,
Peignant en rose et blanc ses ronds-points surfleuris !
Naviguant et voguant de Martigues à Cassis,
De ses doigts de velours il efface le gris
Qui barbouillait la côte et polluait le ciel.
Avril le bourlingueur a déployé en aile
Sa grand’voile de vent et de soleil mêlés.
On se sent tout content et, le coeur étoilé,
On fête le beau temps en dansant sur la plage,
Sous la nue pommelée de très légers nuages.
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Publié par Vette dans Printemps

Une première fleur s’est ouverte au jardin :
Un pissenlit costaud à l’allure arrogante
Qui a surgi tout seul au milieu de la menthe,
Du thym et du fenouil, du trèfle et du plantain.
C’est une herbe feuillue dont moultes vitamines
Pourraient ragaillardir maints pâles citadins
Et dont une assiettée donnerait bonne mine
Aux gens les plus chétifs du troupeau parisien
Car ses feuilles dentées parsemées de lardons
Sont les prémices verts du tout nouveau printemps ;
Une fleur de soleil dont les légers turions
S’envolent vers le ciel au souffle des enfants.
Mais il est affublé d’un nom bien dérisoire
Rappelant ses vertus : un nom diurétique !
Celui qu’il porte mieux et sans du tout déchoir ?
« Dents de lion » ! Tellement plus aristocratique…
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Poème illustré par :
Baldix
http://baldix.over-blog.com
Deux joggers trottinaient par un matin d’avril
Fleurissant le ciel bleu de nuées de couleur ;
Courant à petits pas, tout luisants de sueur,
Ils ne se lassaient pas des trottoirs de leur ville,
Du moins ceux du huitième et des plus beaux quartiers !
Eve était lumineuse ainsi qu’un clair soleil,
Tandis qu’il arborait le teint vif et vermeil
Des blonds dans le Midi, cuits dès le mois de mai !
Lui venait du Prado, ell(e) de la rue Vernet :
Cheminant en trottant en ce printemps si doux
Qu’il les rendait rêveurs, distraits et un peu saouls,
Ils se sont percutés juste quand il tournait
Au coin de l’avenue pour retourner chez lui.
Ils en ont tous deux vu trois cent mille chandelles !
Adam s’est effondré, tandis que la donzelle
S’étalait fers en l’air en poussant un grand cri…
Ensuite ils sont restés bêtement sur leur cul,
Hébétés par le choc et s’excusant tous deux
De leur étourderie. Et puis, s’observant mieux,
Ils se sont regardés et ils se sont bien plu…
Et une année plus tard naissait bébé Abel !
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Publié par Vette dans Printemps

Poème illustré par :
Vette de Fonclare
Une acide douceur, de la brutalité
Souvent dissimulée sous des coloris tendres ;
Des couleurs délavées, mais tant de dureté,
En cet âpre printemps qui n’en peut plus d’attendre
Pour croître à l’infini et se multiplier,
Que c’est au détriment de ce qui est fragile !
Un bien-être parfait et un semblant de paix,
Mais un combat féroce sur un terrain hostile
Car tout explose et bout, la mort et puis la vie ;
Tout grouille violemment, le ciel comme la terre !
Quand le tonnerre gronde en Provence l’on prie
Pour que l’orage reste manne salutaire,
Ne se déverse pas en trombes meurtrières
Sur nos villages secs et en quête de pluie.
Et la tendre tiédeur qui palpite dans l’air
Ne doit pas nous leurrer : tout est dur par ici !
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Poème illustré par :
Wilga Lerat Guy
www.wilga.over-blog.com
L’air est doux, si léger qu’on ne pèse plus rien !
On est comme une bulle, on se sent aérien,
Il n’est nulle raison qui peut nous empêcher
De voltiger dans l’air comme fleurs de pêchers,
Comme des papillons ou comme les aigrettes
Des pissenlits costauds qui poussent sur la crête
De la Rente là-haut. Il fait bleu, il fait doux ;
Nous allons prendre appui sur le bord du baou
Et puis nous envoler au-dessus des sommets ;
Nous avons un peu peur mais il faut y aller…
Mille « hourrah ! » : nous flottons tout comme les flocons
De la neige en hiver. Miracle ! nous volons ;
Nous avons accompli notre rêve insensé,
Aidés par le Génie qui aide les cinglés !
Nous planons insouciants comme ce gai printemps,
Tels de grands oiseaux bleus emportés par le vent
Qui nous pousse en douceur du côté de Praloup.
L’air pur de la montagne est goûteux et très doux,
Nous menant sans problème ainsi que feuilles mortes
Au loin vers l’Italie : Eole nous y porte !
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Publié par Vette dans Printemps

Poème illustré par :
Daniel Sannier
www.danielsannier.com
Même âgé l’on sourit, aussi grincheux qu’on soit ;
Il flotte autour de nous des senteurs si aimables
Que même les fâcheux pourraient presqu’être affables
Si leurs vieilles douleurs ne leur faisaient la loi !
L’atmosphère est légère et la lumière est douce,
Sans cette irradiation qui fait cligner les yeux.
Au nord de Cadenet l’horizon est si bleu
Qu’il dessine à l’aigu la Trévaresse rousse :
C’est la faute au mistral qui ne peut s’empêcher
D’encor parfois cracher ses ultimes rafales.
Tout amoindri qu’il soit, il est encor féal
De l’hiver affaibli qui voudrait s’accrocher.
Mais c’en est bien fini, du moins le croyons-nous !
Le renouveau palpite, il fait bon, l’on soupire
D’aise au chant impatient des oiseaux qui délirent !
Le printemps est bien là, le fond de l’air est doux.
Il n’y a pas d’outrance et le ciel bleu sourit
Tant il est tendre et clair, presque blanc par moments.
Cet avril n’est que grâce et n’est plus que beau temps :
Sous la terre éveillée l’on sent sourdre la vie.
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Publié par Vette dans Printemps

Poème illustré par :
Jean-François Millet
(1814-1875)
Trois rayons de soleil, quatre gouttes de pluie,
Ensuite un cataclysme où l’orage fulmine,
Puis un temps tendre et doux qui pour plaire fait mine
D’être sempiternel… au moins jusqu’à la nuit !
Le lendemain l’on gèle, on remet le chauffage ;
Mais à peine a-t-on eu le loisir de se plaindre,
De maudire le ciel, de gémir et de geindre
Qu’il fait de nouveau chaud : le temps redevient sage…
Puis le soleil rétif n’est plus qu’un lumignon !
Quatre saisons en une, un printemps enragé
Qui fait le fantaisiste et qui veut endosser
Les habits usurpés de ses trois compagnons !
Il pleut ; puis l’on étouffe ; il vente et l’on a froid :
Ne manquent que la neige ou bien une tempête !
Ce temps fou, incertain, nous fait perdre la tête
Et nous ne savons plus du tout quel est le mois
Où nous sommes céans. Le printemps en Provence
Est-il en train soudain de devenir cinglé ?
Ah ! Voici l’arc-en-ciel qui s’en vient irradier
Le ciel illuminé où la lumière danse …
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Ce samedi matin un grêle carillon
M’éveille bien trop tôt car c’est potron-minet :
Un bruit tout tintinnant et qui provient du fond
Luxuriant du jardin où pousse du muguet.
Je dévale l’allée qui mène au phénomène,
Mais n’ai pas fait dix pas que je n’entends plus rien.
Et je rentre chez moi quand les sons me ramènent
Sous le micocoulier où poussent quelques brins.
Silence de nouveau ! Et un nouveau départ…
Mais un départ feinté car je me dissimule
Derrière le vieux pin ; et là je reste hagard,
Ebahi, stupéfait : les brins tintinnabulent !
C’est un joli concert au pays des merveilles
Et des rêves d’enfants ; et la frêle chanson
Des clochettes d’argent saturées de soleil
Fait danser dans le vent les premiers papillons.
Merci à Nicole Lindrec !
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