Archives pour la catégorie “Méditerranée”

Sur la plage la mer dépose une dentelle
D’écume effervescente : une résille mousseuse
Qui s’en va et revient ; et le vent qui grommelle
L’éparpille parfois en étoiles spumeuses

Sur le sable cuivré. L’écume qui crépite
Fond et renaît sans cesse au gré bleu de la houle,
Et des grains de mica brillent comme pépites
Au hasard d’un rouleau qui roule et qui s’écroule

Sur la grève pentue. La Méditerranée
Se prend pour l’Océan et s’essaie à couvrir
Le sable immaculé d’une faible marée :
Un flux tout en douceur et un reflux pour rire !

Une torsade argent tente de s’accrocher
A la terre qui fuit, renaissant sans relâche
Et laissant en glissant cette dentelle ailée
Qui frange les rochers d’une blanche soutache.

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Tomek
http://pagesperso-orange.fr/tomek/peinturesOLD

Il fait très doux ce soir et la mer est tranquille.
Elle clapote doux et son flot immobile
Semble un grand lac d’argent sous le soleil qui fond
Et se noie peu à peu là-bas à l’horizon.

Le ciel est rouge vif et l’eau devient marine
Avec des plis foncés ourlés de cornaline :
Chromo exagéré que nul n’oserait peindre
Et que le soir tombant lentement va éteindre !

Maintenant le tableau vire au noir et au miel :
C’est la lune en croissant qui éclaire le ciel
De sa corne dorée. Des étoiles clignotent
Sur le velours obscur où leur reflet tremblote.

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D.Lauvernet
www.leblog-mines-a-gribouilles.overblog.com

Au-dessus de la plage encombrée de corps nus
Un oiseau de papier s’envole vers les nues
Qui ponctuent le ciel bleu au-dessus de Sausset.
C’est un aérodyne. Nul ne pourrait penser

Que tel est le vrai nom de la gent cerf-volant !
Il est léger, rutile et danse dans le vent
Comme une énorme fleur aux pétales froissés :
Un engin losangique aux couleurs irisées.

Sur sa queue qui ondoie quatre gros papillons
Virevoltent gaîment au gré des tourbillons.
C’est un petit garçon qui en tient le long fil :
Appliqué et craintif, il est presqu’immobile ;

Bien cambré en arrière, il a peur de lâcher
La merveille qui vole et qu’on vient d’acheter
Au bazar de la plage. C’est sa concentration
Qui semble piloter l’objet de sa passion

Car le cerf-volant vire, et monte, et redescend,
Paraissant obéir aux désirs de l’enfant.
Un oiseau de papier qui tournoie dans le ciel,
Un oiseau coloré, chimérique et sans ailes !

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Claude-Max Lochu
www.lochu.com

C’est une chambre bleue au coeur d’un mazet blanc
Où la lumière pleut  par n’importe quel temps ;
Une chambre où la joie fleurit de nuit en nuit,
Une chambre d’amants, une chambre d’amis.

Les draps bleus sont froissés et le printemps y pose
Des flaques de soleil. Il y a quelque chose
De ténu, de subtil qui flotte, un doux parfum :
C’est l’odeur de l’amour. Quelquefois les embruns

Entrant par la croisée y mêlent des relents
De varech et de sable. Et s’il y a du vent,
Il se fait subreptice et fait voler les draps,
Chintant tout doucement aux entours du Roucas.

La lumière y explose en rayonnement bleu,
Mais il n’y fait pas chaud malgré l’été en feu.
C’est une chambre fraîche où un nouvel amour
Narguant le temps qui passe croît jour après jour.

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Paul Cézanne

Face à la mer chuintant sa lente mélopée ,
La Plage du Prophète. Elle est tout encombrée
De corps rouges, suintants et striés de rayures,
Etendus touche-touche. Ils sont à point, bien mûrs

Pour des coups de soleil et de grandes douleurs.
On est le premier août, les aoûtiens sont là !
On peut les reconnaître à leur piètre couleur
Et leur teint rose et blanc. C’est un gai brouhaha,

On ne voit plus le sable ; et la mer encombrée
Par de bruyants baigneurs bouillonne, bout, pétille :
Mais elle est hypocrite et fait l’apprivoisée,
Se moquant de la foi de tous ces joyeux drilles !

Peut-être quelque jour va-t-elle se fâcher
En montrant à ces fous qui est le maître ici ?
Mais pour l’instant en paix la Méditerranée
Est comme un lac bénin aux flots bleus assoupis.

Au milieu du tintouin,quelques vrais Marseillais
Bronzés de haut en bas se moquent, indulgents
Pour ces envahisseurs fadas et agités
Leur polluant la plage : eux, ils ont tout leur temps …

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Sous le bleu de la mer passe un banc de poissons
Tel un vol d’étourneaux dans le ciel du printemps.
Comme un flot qui pétille ils vont tout droit devant,
Parallèles entre eux, voguant à l’unisson

Vers un but imprécis qui nous semble insondable ;
Puis ils font demi-tour tout en virevoltant
Et reprennent la voie suivie auparavant :
La logique hialeutique est vraiment incroyable !

De nouveau volte-face : ils forment une boule
De petits traits d’argent qui ondoient et ondulent,
Mais sans jamais quitter cette incroyable bulle
Qui de nouveau explose. Et de nouveau la foule

Des petits êtres vifs et qu’on dirait clonés
Repart dans son ballet de sansonnets marins.
Ils ressemblent vraiment dans leur rush incertain
Aux écharpes d’oiseaux chez nous au mois de mai.

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Raoul Dufy

La côte arrondie est déserte
Sous la ronde lune de mai
Baignant d’une lumière verte
Le sable aux reflets argentés.

Là-bas une barque s’approche
Comme un squale au coeur de la nuit,
Et louvoyant entre les roches
Elle accoste sans aucun bruit.

A l’intérieur, comme hébétés,
De pauvres gens à la peau noire,
Des gens qui semblent tout cassés
Par le carcan du désespoir.

Pas un cri. Même les bébés
Aux grandes prunelles d’étain
Sont silencieux, exténués
Par le roulis, la soif, la faim.

Comment croire que c’est fini,
Qu’on a bien atteint le rivage ?
Mais il faut croire au paradis
Qui commence au bout de la plage !

Là-haut un ange apitoyé
Efface du bout de son aile
La lune pour mieux camoufler
Les damnés d’un lointain Sahel.

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Josette Mercier
www.josettemercier.ch

Sur le sable infroissé trotte une cavalière,
Sous le ciel infini et le soleil pâli,
Le soleil roux et rond dans le soir adouci
Par les derniers rayons d’une ultime lumière.

Le cheval va au pas, sa tête dodeline
Au rythme doux et long de sa marche légère.
Des vagues arrondies à la vie éphémère
Lèchent ses sabots noirs d’écume purpurine.

La jeune femme rêve et la vacillation
Du grand cheval serein l’apaise et la caresse.
De temps en temps sa main assagit et redresse
Le pas parfois rétif de son vieux compagnon.

La plage n’est qu’à eux, la côte est désertée ;
La houle bleu foncé balance doucement
Et le pas du cheval sur le sable tout blanc
Laisse des creux bien ronds étincelés d’argent.

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L’horizon bleu balance et penche
Comme notre estomac qui flanche !
Tout n’est plus qu’horreur et dégoût :
Pour la mer qui se joue de nous,

Pour ce voyage inexpliqué
Et ces gens qui nous ont poussés
A ce circuit vaille que vaille
Nous démolissant les entrailles !

La Méditerranée féroce
Se délecte à ce mal atroce
Qui s’en vient brouiller notre esprit.
Même l’air frais sent le vomi !

Ca roule ou ça tangue ou les deux !
Mais qu’avons-nous donc fait aux cieux
Pour être tellement malades ?
Ah ! Vous parlez d’une balade…

Les flots tournent dans tous les sens ;
La mer est ciel ; le ciel immense
Se perd au creux du grand flux noir .
Est-on le matin ou le soir ?

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Artsylvie
www.artsylvie.artblog.fr

La mer ondoie et se balance
Sans cesse ourlée de velours blanc ;
Longue et flexible, la mer danse
Oscillant éternellement.

Elle bat comme un coeur en transe :
Valsent ses flots infiniment ;
Houlent ses vagues en cadence
Sur la plage de sable blanc.

Elle est plate puis elle gonfle
Comme une gigantesque bulle,
Se boursoufle et puis se dégonfle;
Elle chancelle et elle ondule,

Elle monte, elle redescend,
Dodeline. Et l’horizon penche
En vertigineux bercement
Spumeux de mousseline blanche.

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Dubois-Gérard
www.dubois-gerard.com

Dans le ciel marine où flotte un nuage
Passe un grand oiseau pour elle inconnu.
Un ongle pointu inscrit sur la plage
Le nom d’un amant trop tôt disparu ;

Le sable est encor vierge de tout pas
Car on est en juin. Le doigt y dessine
Les lettres sacrées : un E puis un A,
Un B puis un L … La paume assassine

Supprime soudain le mot trop aimé :
Le prénom de l’être parti trop tôt
Qui lui a menti et qui l’a quittée.
Et la mer qui roule efface bientôt

Les derniers vestiges d’un fol amour.
Car tout est mouvant, bientôt effrité
Par le temps qui va, emportant toujours
Au fil de la vie les joies du Passé.

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Dubois-Gérard
www.dubois-gerard.com

On dirait que la mer est boursouflée de rage
Et ses flots sont bombés sous le ciel nuageux :
La Méditerranée du vent et de l’orage !
Couleur d’ardoise pâle éclaboussée de bleu,

Elle n’a plus du tout cet aspect apaisant
Qu’on croit perpétuel. Puis elle devient grise -
Le gris sombre et profond de son frère océan -
Et se creuse soudain déchirée par la bise.

Un long éclair zébrant a fait craquer le ciel
Et la mer a hurlé sous son coup de boutoir.
Les lames agitées ressemblent à des ailes,
Les rémiges claquants d’immenses corbeaux noirs.

Maintenant tout se mêle, et les nues, et les vagues,
Maëlstrom affolé et enchevêtrement.
La foudre en continu frappe à grands coups de dague
La surface de l’eau : un combat de Titans !

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Le soleil du mois d’août est si fort aujourd’hui
Que la plage est déserte, car il n’est pas un fou
Qui en s’y baladant veuille y risquer sa vie !
Seuls quelques acharnés rôtissent à feu doux

En changeant de côté comme biftecks au grill.
Le ciel blanc qui brasille est prêt à tout brûler,
Aucune précaution ne peut le juguler
Et pas un seul baigneur n’est venu de la ville !

D’habitude les bus déversent des Quartiers
Des hordes de minots se ruant sur la plage
Qui permet d’oublier ce si beau mot : « Voyage »
- Un mot très mystérieux où ils n’ont pas accès.

 Mais aujourd’hui personne : on est tout désoeuvré,
Occupé seulement à rechercher de l’ombre.
On sortira plus tard. Et plongeant dans l’eau sombre,
On s’en délectera : elle est fraîche à hurler …

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Echappée de sa cage ouverte par le vent
Ou par un Dieu lapon – Je ne saurais vous dire !
Loin du cirque, du bruit, de la foule en délire,
La petite otarie s’étire longuement

Bâillant insolemment de tout son museau gris.
La moustache hérissée et le croc batailleur,
Sentant que désormais sa vie n’est plus ailleurs
Que sur ce rocher noir non loin de Sanary,

Elle doit s’exercer à s’en aller chasser
Dans des eaux bleu-marine et chaudes qu’elle ignore.
Le soleil du Midi transforme en perles d’or
Les gouttes d’eau glissant sur son corps fuselé.

Elle est fine et agile et va vite oublier
La vie civilisée qu’on lui avait offerte ;
Depuis que sa prison humaine s’est ouverte,
Nageant toujours plus loin, elle joue à plonger

Au creux noir de l’abîme inconnu et immense :
Quand elle en rejaillit on dirait qu’elle est ivre !
Et l’otarie rebelle aboie la joie de vivre
Trouvée au creux des flots qui bercent et qui dansent.

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Yves Borredon

Une triste carcasse échouée sur la plage
Peu à peu se délite et rejoint l’Infini ;
Dispersés tout autour flottent les vieux mirages
De voyages anciens, de souvenirs enfuis …

Chaque jour un peu plus la mer qui la disloque
Lui vole des morceaux dérisoires et gris.
Ses couleurs sont usées, son bois moisi qui cloque
Pointe comme un squelette érodé jour et nuit

Par le temps qui s’en va et le temps qui s’en vient.
Le vieux bateau est mort, et l’on ne peut plus rien
Pour redonner du lustre à ses lattes pourries.

Il ne voguera plus car c’est irrémédiable !
Et un vieil albatros à demi-chauve y gît
Comme un plumeau sali, miteux et lamentable.

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