Archives de catégorie : Méditerranée

Pollution

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L’on dirait que Marseille est sous un capuchon.
Son azur cristallin semble moins transparent
Et son ciel infini est bloqué par l’écran
D’un mystérieux brouillard. Là-haut, le cabochon

De la lune imprévue, dépourvue de limites,
Est encor bien présent malgré le grand soleil.
La ville est mal à l’aise, et depuis son réveil
Respire vraiment mal. Même ceux qui habitent

Non loin du littoral ont l’horrible impression
D’étouffer peu à peu sous l’étreinte invisible
D’êtres lilliputiens, malfaisants et nuisibles
Qui insidieusement en prennent possession !

Particules souillées, corpuscules de suie,
Atomes polluants à l’âcre couleur miel
Et à l’amère odeur vont polluer le ciel
Jusqu’à ce qu’un grand vent nettoyeur les essuie.

En attendant, Marseille est pris dans un filet
Enserrant de ses rets et la mer et la ville.
Il attend patiemment, étonnamment docile,
Que le mistral s’en vienne enfin l’éparpiller.

Nous étions si contents que le printemps arrive,
Et sa lumière bleue et son grand ciel si clair !
Plus petites nos fleurs ? Bien plus âcre notre air ?
La Provence elle aussi s’en va à la dérive…

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Réconciliation

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La Méditerranée a la couleur de l’ambre ;
Elle effleure en douceur la plage délaissée
Depuis presque deux mois. Ses eaux se sont lassées
De ruer sans arrêt depuis la fin novembre

Et d’être malmenées par le vent rugissant.
Mais elle s’est calmée, quiète, tranquillisée,
Ballant tout doucement, enfin presque apaisée
Après tous ces assauts têtus et harassants.

La Méditerranée qui tangue dodeline ;
Ses vagues pacifiées semblent même danser
En abordant la côte, hier encor agressée.
Le vent est maintenant une brise câline

Qui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était.
La mer range ses flots en longs plis parallèles,
Le mistral les défait d’un malicieux coup d’aile :
Collègues à nouveau , presque comme en été.

Palpitant de concert et valsant, ils tournoient ;
La Méditerranée et le vent emmêlés
Clapotent de concert sous le ciel aigrelet ;
L’horizon devient rose et le soleil s’y noie…

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L’artiste

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Un vent venu du Sud malmène les nuages,
Les chassant devant lui à grands coups de fouet ;
Et le ciel bleu foncé, secoué, bafoué,
Se pare peu à peu d’incroyables mirages.

Le vent s’est fait sculpteur et modèle les formes
Des nuées bousculées de son souffle effilé.
Il dépose à longs traits des filaments de lait
Sur le ciel indigo si souvent uniforme

Chez nous dans le Midi. Très vite il y dessine
Des plantes inconnues, des oiseaux et des fleurs
Se dissipant sitôt en longs traits de vapeur
Pour renaître plus loin sur la ligne argentine

De l’horizon marin.Le vent est un artiste ;
La mer sous son pinceau se farde de couleurs,
Comme le ciel là-haut, sous ses doigts cajoleurs
De peintre halluciné et de fin coloriste.

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La mer en hiver

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Poème illustré par un tableau de :
Katsushika Hokusaï
(1760-1849)

Est-ce Klein qui ce soir a colorié le ciel
Blafard depuis deux jours – Triste ciel de Provence !
D’un grand bleu d’outremer, à l’éclat si intense
Qu’il éteint peu à peu le discret arc-en-ciel

Posé sur l’horizon par un récent orage ?
La Méditerranée, peinte par Okusaï,
Se jette en galopant à l’assaut du Cap d’Ail,
Et ses flots insensés lancés à l’abordage

S’abattent bruyamment sur les hauts rochers gris.
C’est la mer en hiver, dont les eaux malmenées
Bousculent violemment la plage abandonnée.
Les mouettes là-haut ne sont plus qu’un long cri

Et plongent en hurlant vers les énormes vagues.
C’est la mer en hiver, qui n’a plus rien à voir
Avec cette douceur des longs jours et des soirs
De l’été flamboyant ! Les oiseaux qui divaguent

Dans le vent oscillant se laissent emporter
Au gré du mistral noir qui hérisse leurs plumes.
Le soleil a bondi, et sa lumière allume
Sur les flots en fureur des éclairs irisés.

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La mer infiniment…

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Poème illustré par un tableau de :
Joseph Bayol

www.josephbayol.com

La mer infiniment dodeline et soupire
Au-delà du Pharo, de ses roches d’argent.
La mer-éternité brimbale immensément,
Et ses flots cognent dur la côte que déchire

Le temps démesuré qui sait prendre son temps.
La mer martèle fort les grandes pierres grises
Qu’elle rompt, qu’elle mord, qu’elle broie, qu’elle brise
En tout petits fragments avalés goulûment.

Sans jamais se lasser la mer frappe la ville,
Arrachant des éclats aux plages et aux ports ;
Les vagues tambourine(nt) et des bribes de mort
Voltigent dans l’écume où le soleil vacille

Avant de s’enfoncer derrière l’horizon.
Insidieusement la mer corrode et ronge
Marseille l’insolent qui croit en son mensonge
Et se pense éternel avec peu de raison.

La Méditerranée s’en moque et le dévore
A petites bouchées, sans trop de branle-bas.
Elle sait qu’elle est forte et que rien ici-bas
N’est bâti pour durer ! Que le temps omnivore

Est comme elle un tueur parfaitement normal…
Elle effrite le roc, elle érode la côte.
Infiniment patiente, elle use, elle grignote
La ville qui se meurt en ignorant son mal.

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De partout, à Marseille…

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Poème illustré par un tableau de :
Liisa Corbière

www.carredartistes.com/

De partout, à Marseille, on voit la Bonne mère ;
Et de la basilique on aperçoit la mer
Multiforme, irisée, toujours recommencée.
La statue immuable et l’onde ressassée

Sont là, où qu’on se tourne. Et l’immense ciel bleu
Surplombant la cité les tient bien dans le creux
De son éther léger. D’où qu’on soit à Marseille,
On voit la Bonne Mère et la mer qu’ensoleille

Le grand ciel invariable où dansent des mouettes !
Parfois du gris d’ailleurs vient comme un trouble-fête
Embarbouiller le bleu intense de l’azur,
Et un brouillard épais se dresse comme un mur

Entre la terre et l’eau. Mais ce n’est pas souvent
Qu’on a du mauvais temps, et un souffle de vent
S’en vient vite chasser toute idée de nuages,
Qui ne sont par ici que rêves et mirages….

Bien sûr, me direz-vous, je suis bien peu critique !
Mais laissons, voulez-vous, toute autre polémique
Et venez avec moi, suivez-moi tout là-haut,
Là-haut sur la colline entre le ciel et l’eau…

Juste au-dessus de nous, il y a Notre Dame
Et l’enfant dans ses bras, auréolé des flammes
Du soleil en exergue. Et là-bas, sur la mer,
Le soleil s’enfonçant dans les flots outremer…

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Le Panier en été

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Poème illustré par une peinture de :

Vincent Honnoré
honnore-peintre.com

Partout des escaliers ! L’on monte et l’on descend.
Les gens du Panier* vont, les gens du Panier viennent
Dans des rues tout en pente où l’ombre est d’obsidienne,
D’un pas vif et alerte – un pas qui va dansant !

Le quartier est abrupt, penché vers le Vieux Port,
Abondamment pourvu d’indénombrables marches.
Attention à la glisse ! Ajustez votre marche,
Faites bien attention à ce coquin de sort

Qui pourrait vous pousser du haut jusques en bas !
Les venelles en biais redescendent, remontent.
Prenez l’air détaché pour effacer la honte
D’être désorienté : dans presque tous les cas,

Vous vous égarerez ! Repartez à l’envers
Par les ruelles bleues où sont posées des jarres
Toutes empanachées. Quand vous en aurez marre
D’errer de-ci de-là, fiez-vous à l’homme en vert

Qui arrose en sifflant ses fleurs sur le trottoir
Et qui vous montrera le bon itinéraire ;
Il a l’air tout heureux, il est à son affaire
Car il peut cultiver selon son bon vouloir

Trois pots devant chez lui ! La Mairie le permet…
Les rues sont désormais des calades fleuries,
Parées comme il le faut de mille poteries
Qui ont accru leur charme… Il a suffi d’un rien

Pour faire du quartier un endroit enchanteur
Tout parfumé d’été, où des pots en goguette
Ont donné à l’asphalte un petit air de fête :
Tout le monde a le droit d’y planter quelques fleurs…

L’on monte et l’on descend en été au Panier ;
Les rues sont tachées d’or, et malgré leur part d’ombre,
Rafraîchies à souhait et divinement sombres…
Un quartier tout en fleurs et tout en escaliers.

* Un vieux quartier pittoresque de Marseille

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La résistante

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La mer berce Marseille, et le port affalé
Sous le soleil ardent, fourbu, se laisse aller.
L’air est si suffocant que la ville soupire
Tant elle est harassée. Une fleur qui transpire

Son haleine embaumée au cœur bleu d’un jardin
Penche vers le sol dur son cœur incarnadin,
Soudainement fanée par l’étuve étouffante
Qui engourdit les rues. L’atmosphère pesante

Accablant le Vieux Port l’a quasi endormi.
Les pointus* dodeline(nt) sur le clapotis gris,
Et leurs mâts oscillant à un rythme hypnotique
Griffent le ciel saphir d’un fin réseau graphique.

Marseille est assoupi. Il fait chaud, bien trop chaud,
Quand soudain, branle-bas ! L’avenue du Prado
Se met à résonner d’un surprenant tapage,
Tout aussi inouï que l’est un beau mirage :

Marchant en sautillant, c’est une fille en fleur
Qui va telle une eau vive ignorant la chaleur,
Qui paraît ignorer la touffeur accablante,
Dont le pas fait vibrer la chaussée somnolente.

Son teint si délicat, indemne de sueur,
Est semblable à la soie. Son exquise fraîcheur
N’est absolument pas sensible à cette étuve
Coagulant la mer, dont les moites effluves

Empèguent l’air brûlant. La belle marche au pas,
Au rythme cadencé d’un bon petit soldat
Sur lequel l’ennemi n’aurait aucune prise.
L’on dirait même bien que la chaleur la grise…

Elle avance gaiement, en fille du Midi
Narguant allégrement le soleil qui rugit.
Il fait chaud, bien trop chaud… Mais la belle trottine,
Effrontément nimbée de lumière argentine.

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Par un jour accablant…

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A Marseille, aujourd’hui, il fait tellement chaud
Que la ville apeurée paraît entrée en transe.
La mer voudrait l’aider, mais le calme tempo
Des longues vagues bleues qui ondoient et qui dansent

Ne peut pas juguler l’effroyable chaleur
Qui va la consumer. Le soleil implacable
Darde au long de ses rues des rais impitoyables
Et tellement ardents que la ville prend peur,

Confrontée à ce feu semblant né de l’enfer.
La lumière outrancière est vraiment anormale
Pour la ville qui n’a jamais encor souffert
D’occuper dans le Sud sa latitude australe !

La mer essaye en vain de la lécher tout doux
Pour revivifier ses quais poisseux et tièdes,
Mais aucun clapotis : ses vagues sont trop raides !
L’été halluciné paraît devenu fou

Sans les lois bien réglées de tout mois de juillet…
Tout semble donc perdu, mais Marseille en a marre
De devoir supporter cet effarant brasier ;
Il se décide alors à larguer les amarres

Pour aller s’installer loin de l’été dément
Au centre de la mer en Méditerranée,
Là où il fait plus frais. La ville malmenée
Par l’étrange fournaise sort de l’abattement

Où elle se mourait, en retrouvant le goût
De son sourire inné, de sa vie un peu dingue.
C’est désormais une île, et, se moquant de tout,
Pour une ultime fois Marseille se distingue…

Tout au Sud de la France il y a un grand trou,
Et la vie alentour peu à peu se déglingue…

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Petit matin d’été

Petit matin

Oh, ce petit matin ! La fragrance des fleurs
Enivre les oiseaux qui pépient à tue-tête  !
Je sens vibrer en moi les frissons du bonheur,
Et j’aspire assoiffée les ondes guillerettes

Sourdant avec vigueur du soleil roux qui clique…
Il est vraiment très tôt ; je n’ai pu résister
Aux tout premiers rayons cuivrés et féeriques
Qui ont frôlé le lit pour mieux m’en arracher,

Après s’être glissés entre les deux volets…
Le monde est rénové, il est comme une épure.
Le ciel d’un bleu terni vient d’être ravalé
Par un pinceau géant. L’atmosphère est si pure

Qu’il se pourrait très bien que soudain elle tinte !
Tous est calme alentour, il fait encor bien frais.
Au-dessus du toit bleu la lune s’est éteinte,
Ne laissant dans le ciel qu’un soupçon de regret.

Je suis seule au jardin ; toi tu es endormi,
La peau tout embuée de moiteur estivale.
Ne peux-tu t’éveiller ? J’aimerais tant, ami,
Que tu sois près de moi… Oh, le soleil avale

Le tout dernier lambeau de la lune mourante !
Encore demi-sphère, il est juste posé
Sur l’horizon à l’Est. Et la mer amarante
Double comme un miroir le ciel vaste et rosé.

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Trois perles de cristal…

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Il y a sur son front trois perles de cristal
Qui roulent lentement. Commence-t-elle à fondre ?
Ne va-t-on retrouver de la belle Chantal
Qu’une flaque dorée qui s’en va se confondre

Avec les vagues bleues s’abattant sur la plage ?
Il fait tellement lourd que même au bord de l’eau
Elle espère ardemment le gigantesque orage
Rafraîchissant soudain un temps beaucoup trop chaud.

Car Chantal n’en peut plus et vit dans le Midi,
Depuis la mi-juillet, un été effroyable.
Tout huilé de sueur, son épiderme luit :
Il n’est plus une peau satinée, désirable,

Préparée pour l’amour, faite pour les caresses,
Semblable à un velours aux chauds reflets ambrés,
Mais un étui suant qu’agresse avec rudesse
Ce soleil carnassier indûment adoré.

Il fait vraiment trop chaud ! Nul n’y résiste plus,
Même les abonnés des plages de Marseille,
Qui y passent leur temps et qui y vivent nus
A longueur de journée ! Cet été les effraye ;

Il est trop agressif depuis quelques années…
Il faut partir ailleurs. Chantal se lève enfin
Pour fuir le bord de mer, rouge et congestionnée.
Le sable de la plage est divinement fin…

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Elle aime…

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Elle aime s’allonger sur la plage en été,
A l’endroit imprécis où les vagues caressent
Sa nudité ambrée ; quand les vagues agressent
Pour mieux l’éparpiller le sable délité.

Elle aime bien sentir, sur sa peau surchauffée
Par la lumière crue, les doigts froids de la mer
La comblant de frissons ; le goût âcre et amer
De l’eau éclaboussant ses lèvres assoiffées.

Elle aime avoir trop chaud sous le soleil brûlant,
Subir presque en souffrant la chaleur démentielle
Du temps fou de juillet, fièvre préjudicielle
A ce teint satiné qu’aiment tant ses amants.

Elle aime être dorée comme une nectarine,
Telle une belle pêche à la peau de velours…
Il fait toujours plus chaud. Et le soleil balourd
Mordille tant et plus ses rondeurs enfantines…

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Des bribes de printemps…

Printemps précoce

Il y a dans le ciel comme un je ne sais quoi
Qui l’a décoloré ; un voile de brumasse
De teinte indéfinie. Il gèle et il fait froid,
Il neige même un brin, et du fuel en rosaces

Pollue l’eau du Vieux Port de cercles irisés…
Nous avons pourtant eu des bouffées printanières
Depuis quelque huit jours, où le ciel courtisait
Les boutons décatis de nos roses trémières,

S’imaginant peut-être en soutirer encor
Quelques bribes de vie. Les boutons de nos roses
Pourtant tout desséchés semblaient un peu moins morts.
Mais l’hiver revenu nous a rendus moroses ;

L’on s’était sûrement fait bien trop d’illusions
Pour Marseille tout gris sous les nues délavées ;
Et pour tout le Midi, jusqu’aux plus hauts bastions
De ses Alpes, là-haut. L’hiver inachevé

Ne pouvait vraiment pas capituler ainsi !
Mais voici que soudain un faisceau de lumière
Ensoleille le ciel d’un arc fort réussi
Illuminant de feu et la mer et la terre !

L’hiver redéguerpit avec son attirail
De gel, de pluie, de vent, de froidure et de givre…
Le soleil a posé un somptueux vitrail
Sur l’eau enturquoisée, et l’on se sent revivre…

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La collectionneuse

Sirène

Poème illustré par un tableau de :

Cédric Gomes
http://www.galerie-creation.com/cedricgomes

Elle émerge de l’eau quand la ville sommeille ;
Elle en sort sans un bruit, puis enlève sa queue
Qu’elle cache avec soin. Pour rejoindre Marseille,
Elle use maintenant de longues jambes bleues

Qu’elle a dissimulées sous un collant opaque.
Tout comme d’habitude, elle a mis un habit
Cher à certains Humains, et qui la travestit
En cagole d’ici, légèrement foutraque,

S’en allant retrouver les fêtards de la ville…
Sirène pudibonde, elle observe leurs mœurs,
Condamnant leur folie, leur rire, leurs clameurs
Quand l’un d’eux accomplit un exploit imbécile.

Pour elle ils sont issus de l’immorale secte
Des Humains libertins qu’elle trouve indécents.
Certains d’entre eux très laids, courtauds et bedonnants,
Lui donnent la nausée, comme de gros insectes.

Comme elle est très jolie, souvent l’un d’eux la drague.
Elle l’entraîne alors sans lui dire un seul mot
Et le mène tout droit vers l’anse des Ormeaux
Où l’homme est emporté, submergé par des vagues

Accourues aussitôt sur l’ordre de la belle.
Sans aucune pitié, elle l’entend hurler,
Et le voit sans émoi cracher et avaler
L’eau noire qui l’étouffe. Atroce heure cruelle…

Elle l’entraîne alors en son antre effroyable
Tapissé d’ossements. Monstre jamais repu,
Elle allonge avec soin sa prise sur le sable
Aux côtés d’autres corps tout aussi corrompus.

Puis elle va chercher un autre échantillon
Pour pouvoir l’ajouter à sa collection…

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Les saisons de la mer

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Printemps
Oh, Méditerranée ! Si bleue sous le ciel bleu,
Tu bats en palpitant telle un énorme cœur
Quand la lumière peint de fluctuantes fleurs
Sur ta houle ondulante où la lumière pleut.

Eté
Méditerranée plate, insensible au soleil
Qui te fait clignoter sous ses longs rayons noirs
Depuis le matin clair jusqu’au terme du soir,
Tu es tout hachurée de lents rouleaux vermeils.

Automne
Méditerranée grise et âpre sous le vent,
Tu deviens vraiment folle et bouscules tes flots
Jusqu’à ton horizon, où le roulis de l’eau
Brise ton harmonie de ses spasmes mouvants.

Hiver
Méditerranée sombre hurlant sous le mistral
Et parfois fustigée de flocons étoilés,
Tu oscilles giflée par un ciel bas voilé
Où stagnent les nuées d’un morne hiver austral.

 

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